KZ9 - CAMP D'EXTERMINTAION
Titre: KZ9 - Lager di Sterminio /
Women Camp 119 /
SS Extermination Love Camp
Réalisateur: Bruno Mattei
Interprètes: Ivano Staccioli

 

Ria De Simone
Nello Riviè
Gabriele Carrara
Giovanni Attanasio
Lorraine De Selle
Sonia Viviani
Année: 1977
Genre: Naziexploitation / Horreur / Erotique
Pays: Italie
Editeur  
Critique:

Réalisé par Bruno Mattei en 1977 (la même année que son similaire mais plus timoré et donc ennuyeux, SS GIRLS), ce petit naziexploitation accumule, bien sûr, tous les clichés attendus par les amateurs du sous-genre le plus décrié de l’Histoire du cinéma.

L’intrigue prend place dans un camp de prisonniers, durant les derniers jours de la Seconde Guerre Mondiale. L’établissement est dirigé d’une main de fer par Wieker, un officier complètement fou qui adore citer Mein Kampf et vanter les mérites de la race supérieure aryenne. Pour le seconder dans ses tâches quotidiennes, Wieker peut compter sur Marta, la redoutable Kapo lesbienne, laquelle se réserve les plus belles détenues pour son usage personnel et intime.

La Juive Maria Black (jouée par Lorraine De Selle, une Parisienne surtout connue pour sa participation à CANNIBAL FEROX), fraichement arrivée au camp et détentrice d’un diplôme médical, se voit, pour sa part, assignée auprès du médecin du camp. En effet, pour prouver les théories du Führer, les Nazi accomplissent diverses expériences pseudo-scientifiques sur les prisonniers. Ces recherches médicales comprennent, par exemple, le traitement curatif d’un couple d’homosexuels caricaturaux par trois prostituées dénudées ou encore les tentatives de résurrection d’un brave aviateur allemand décédé par la chaleur émise lors des rapports sexuels. D’autres essais « savants » visent encore à la transplantation d’utérus afin de permettre aux Allemandes stériles d’enfanter un maximum de fils destinés à grossir les rangs du Reich.

Mais ces recherches de pointe ne sont pas les seules menées dans le camp 119 puisque les haut-gradés se contentent, eux, de jeux plus triviaux qui consistent par exemple à tirer une balle empoisonnée sur une victime pour mesurer le temps qu’elle met à agoniser. Ou encore à refuser de soigner une fracture pour attendre que la blessure pourrisse littéralement. Enfin, de temps en temps, histoire de s’amuser un brin, le commandant livre les demoiselles aux ardeurs d’un prisonnier attardé et baveux. Bref, la vie pourrait poursuivre son cours au camp 119 si les Russes ne s’en rapprochaient pas dangereusement, compromettant la tranquillité des dignitaires nazis.

Très prévisible et classique dans son déroulement, KZ9 CAMP D’EXTERMINATION se place cependant parmi les réussites, toutes relatives, bien sûr, du Nazi-exploitation. Comparé à la plupart des films de ce courant, Mattei n’hésite pas à s’en donner à cœur joie dans l’ignoble et les tortures sexuelles innombrables, se rapprochant même du classique ILSA LA LOUVE DES SS pour l’inventivité des horreurs proposées.

Et, à ce niveau, KZ9 CAMP D’EXTERMINATION tient du catalogue exhaustif d’atrocités, transformant ses prisonnières dénudées en victimes soumises, souillées, violées, brutalisées et torturées de toutes les manières possibles et (in)imaginables. Les seins sont arrachés, les vagins déchiquetés, les utérus ôtés, les membres tranchés et les corps, laissés sans soin, finissent par pourrir sous la gangrène avant d’être coupés en morceaux sanglants complaisamment exposés sur les tables de dissection.

A côté de cette barbarie, Mattei offre au spectateur son quota réglementaire de perversions sexuelles, de lesbianisme forcé, de flagellations brutales et de viols sadiques commis par un attardé mental libidineux. N’ayant peu de rien, Mattei plonge ensuite son regard dans les chambres à gaz : les victimes agonisent, râlent de souffrance et finissent à l’état de quartier de viandes couverts d’excréments avant d’être incinérées sans la moindre émotion par les gardiens du camp.

Heureusement, à côté de ces passages secouants capables de satisfaire les plus blasés, le cinéaste se permet des intermèdes pratiquement humoristiques par leur outrance : deux jeunes femmes doivent, par exemple, ranimer un cadavre en lui faisant l’amour. L’expérience échoue mais une nouvelle demoiselle, prostituée experte, intervient et, par ses caresses savantes, ranime le brave aviateur germain décédé. Un autre passage complètement loufoque montre trois filles obligées de « convertir » un couple d’homosexuels grandes folles dégouttés des câlineries qu’ils reçoivent. Si le Reich ne tolère pas l’homosexualité masculine, il s’accommode, par contre, du saphisme auquel se livre la Kapo en chef, laquelle viole littéralement les nouvelles arrivées condamnées à lui servir de jouets sexuels si elles veulent survivre dans l’enfer du camp.

Brut et crasseux, KZ9 CAMP D’EXTERMINATION se repose également sur une photographie hideuse et une mise en scène rudimentaire, lesquels accroissent, paradoxalement, la force évocatrice du long-métrage et lui conférent un ton quasi documentaire, comme pris sur le vif. Même la musique est dépressive et glauque, au diapason du reste du film et donc parfaitement appropriée au sujet. Le jeu des interprètes s’avère, lui, souvent excessif et cabotin, tant ils surjouent de manière parfois risible mais on peut s’amuser des expressions sadiques du commandant ou des regards vicieux de la Kapo en chaleur.

En dépit de ces outrances, KZ9 CAMP D’EXTERMINATION reste cependant globalement « sérieux » et le légendaire « savoir-faire » de Bruno Mattei ne se manifeste que par intermittence. Loin des futurs délires nanars du cinéaste, le film est donc réaliste et rien n’y est vraiment ridicule, du moins pas suffisamment pour verser dans le comique involontaire, contrairement, par exemple, au délirant NAZI HOLOCAUSTE de Luigi Batzella.

Malheureusement, comme bien des Naziexploitation, KZ9 CAMP D’EXTERMINATION délaisse, dans son derniers tiers, la boucherie pure et l’érotisme déviant pour proposer une banale histoire d’évasion sans grand intérêt. Le film devient, dès lors, ennuyeux et longuet, se transformant en un récit de guerre et d’aventures à très petit budget et aux ambitions encore plus réduites. Seule la fin, nihiliste et pessimiste, se révèle plus originale et son aspect mélodramatique redonne un certain tonus à un long-métrage gâché par cette dernière demi-heure. Dommage car la première heure de projection, accumulation quasi non-stop de tortures sanglantes et de violences sexuelles sadiques était, pour sa part, rythmée et très divertissante.

En guise d’ultime conclusion, KZ9 CAMP D’EXTERMINATION se paie, en outre, le luxe d’une « seconde fin » prévisible et longuette qui détaille la revanche d’une ancienne gardienne, devenue unijambiste, venant présenter un bouquet de rose piégé au chef du camp de concentration alors en fuite. Puis, une série de cartons informe le spectateur de la situation actuelle (autrement dit en 1977) des principaux tortionnaires nazi. Une caution au « devoir de mémoire » aussi douteuse, sinon plus, que les innombrables atrocités précédemment exposées aux yeux voyeurs des spectateurs et, d’ailleurs, retirée par la suite des copies, Mattei admettant avoir « été trop loin ».

Même si KZ9 CAMP D’EXTERMINATION déçoit par sa conclusion ratée et son rythme inégal, les amateurs de Naziexploitations apprécieront cependant le long-métrage, essentiellement grâce à une première heure extrême qui multiplie les scènes chocs vomitives. Bref, l’œuvre de Mattei est, au choix, révoltante pour le grand public ou très distrayante pour les aficionados de cinéma excessif et dégueulasse.

Choisissez votre camp...d'extermination.

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2011