LAKE PLACID
Titre:  
Réalisateur: Steve Miner
Interprètes: Bill Pullman

 

Bridget Fonda
Oliver Platt
Brendan Gleeson
Betty White
David Lewis
Tim Dixon
Année: 1999
Genre: Aventures / Horreur / Comédie
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Filmé avec un budget confortable de 27 millions de dollars (le film en rapporta plus du double), LAKE PLACID s’inscrit dans la veine des « agressions animales », genre revenu brièvement à la mode à la fin des années ’90 via ANACONDA, BATS, ARAK ATTACK et PEUR BLEUE. Cependant, le film de Steve Miner paie également tribu aux longs-métrages dits « post modernes » comme SCREAM ou URBAN LEGENDS dans le sens où le cinéaste n’est jamais réellement dupe de l’intrigue proposée et joue la carte de la référence, plus ou moins assumée, aux « monster movie » des décennies précédentes.

Une paléontologue travaillant dans un musée, la belle Kelly Scott (Bridget Fonda) apprend la fin de sa relation avec son patron, lequel lui préfère, au final, sa meilleure amie. Décidée à prendre quelques jours de « vacances », Kelly part vers le Maine afin d’identifier une dent découverte dans un corps humain déchiqueté. Sur place, au Black Lake (surnommé le Lake Placid), la scientifique se voit forcée de faire équipe avec le Shérif du bled, un séduisant collègue des Eaux et Forêts et un millionnaire excentrique qui voue un culte aux crocodiles. Car, si les autorités soupçonnent tout d’abord un ours, Kelly se rend rapidement à l’évidence : le coupable est un redoutable saurien de plus de 10 mètres qui a fait du lac son terrain de chasse.

Artisan modeste du cinéma populaire né en 1951, Miner a souvent touché au fantastique au cours de sa carrière puisqu’on lui doit les deuxième et troisième chapitre de VENDREDI 13 (LE TUEUR DU VENDREDI et MEURTRES EN TROIS DIMENSIONS), les sympathiques HOUSE et WARLOCK mais aussi le remake honteux du JOUR DES MORTS VIVANTS. Sa mise en scène est ici effective et met en valeur les effets spéciaux, souvent très réussis.

Choisissant la voie de l’hommage amusé à la série B d’antan, LAKE PLACID constitue une plaisante surprise dans le domaine balisé du « monster movie ». Le principal atout du long-métrage réside, en premier lieu, dans les relations amusantes entre les différents protagonistes, lesquelles jouent la carte de la camaraderie virile…et ce même si Bridget Fonda s’octroie le rôle principal aux côtés de Bill Pullman.

Bien sûr, une romance s’instaure peu à peu entre les deux jeunes gens, LAKE PLACID se conformant aux habituels clichés du genre hérités de plusieurs décennies de cinéma bis. La présence d’une grand-mère énergique constitue un autre atout comique bienvenu tant la plupart de ses scènes donnent le sourire au spectateur. Le ton général, pour sa part, alterne un humour semi-parodique et une attitude respectueuse vis-à-vis des attentes du public, aboutissant, au final, à un ensemble plaisant quoique parfois un brin boiteux.

Les attaques du saurien, elles, sont effectives mais sans sombrer dans le gore, le long-métrage restant « grand public » et davantage porté sur la comédie que sur les flots d’hémoglobine. Les victimes sont d’ailleurs peu nombreuses même si Steve Miner confectionne quelques jolies scènes de suspense comme l’attaque d’un hélicoptère ou le climax final, un poil décevant, au cours duquel Bridget Fonda, en plongée, tente d’échapper à la bête.

Afin de rester dans la continuité des années ’50, LAKE PLACID dure, en outre, à peine une heure et vingt minutes, générique compris, ce qui le rend fort rythmé et digeste. En résumé, malgré ses petits défauts, LAKE PLACID s’avère tout à fait recommandable et réjouissant.

Bien filmé, bien joué, servi par des effets spéciaux impeccables, le long-métrage de Steve Miner est un hommage inspiré à la série B, une suite de saynètes absurdes, d’éclats de rire et d’attaque de crocodile efficaces. A découvrir pour tous les amateurs de comédies horrifiques « campy ».

 

Fred Pizzoferrato - Avril 2012