LAKE PLACID IV - CHAPITRE FINAL
Titre: Lake Placid - The Final Chapter
Réalisateur: Don Michael Paul
Interprètes: Yancy Butler

 

Elisabeth Röhm
Paul Nicholls
Robert Englund
Poppy Lee Friar
Caroline Ford
Scarlett Byrne
Année: 2012
Genre: Horreur
Pays: USA
Editeur
Critique:

A la suite du très plaisant LAKE PLACID, un des plus divertissant “monster movie” de ces dernières décennies, deux séquelles à petit budget furent tournées pour le compte de la chaine spécialisée SyFy. Ce nouvel épisode ne change guère la donne et reprend le personnage de Reba (Yancy Butler, vue dans le CHASSE A L’HOMME de John Woo), laquelle a survécu à son combat contre le crocodile géant à la fin de LAKE PLACID 3.

Devenue un agent de protection de l’environnement, Reba est résolue à exterminer tous les sauriens qui infestent le Lac Noir. Ce-dernier a par ailleurs été clôturé par une barrière électrifiée qui devrait conduire les crocodiles à rapidement mourir de faim. Malheureusement, les monstres, en recourant au cannibalisme, ont augmenté leur taille et sont devenus encore plus agressifs. Un braconnier à la recherche d’œufs de grande valeur (le vétéran Robert « Freddy » Englund) et une bande d’étudiants imbibés deviennent leurs proies.

Prototype du « téléfilm horrifique » de consommation courante, LAKE PLACID – CHAPITRE FINAL aligne les clichés attendus au point de devenir un véritable archétype du « nanar bis ». Des tonnes de défauts et de bien rares qualités sont donc au programme d’une soirée popcorn à apprécier pour les inconditionnels, de préférence en groupe et dans un état de conscience altérée. Car ce quatrième opus ne lésine pas sur les conventions les plus éculées et trahit son statut de séquelle hâtivement confectionnée, pour ne pas dire bâclée.

Les protagonistes sont ainsi des clichés sur pates (le chasseur est une ordure vénale, les jeunes ne pensent qu’à boire et baiser,…) interprétés sans grande conviction par des acteurs de seconde zone. Seul Robert Englund – indispensable caution destiné à appâter les afficionados de l’épouvante - mérite l’attention pour sa prestation cabotine mais réjouissante. En dépit d’une durée réduite (à peine plus de 8O minutes) toutes les scènes paraissent en outre interminables, plombées par des dialogues sans intérêt ponctués de deux ou trois piteuses tentatives d’humour.

Toute la première partie, consacrée à la caractérisation schématique des personnages, constitue d’ailleurs un véritable supplice dénué de la moindre originalité. Un épuisant soap-opéra pour adolescents où les traditionnels flirts et autre scènes de séduction tiennent lieu d’intrigues. A la manière d’une téléréalité, LAKE PLACID - CHAPITRE FINAL semble à peine écrit tant le scénariste se contente de meubler tant bien que mal le temps de projection avec une suite de saynètes d’une complète vacuité. La seconde moitié du long-métrage remonte heureusement un peu la pente et accélère le rythme tout en multipliant les attaques des féroces bestioles. Hélas, les effets spéciaux sont généralement d’une médiocrité consternante avec, en guise de monstre vedette, un piètre saurien en images de synthèse atrocement incrusté dans l’image. Quasiment de l’amateurisme.

La réalisation de Don Michael Paul (MISSION ALCATRAZ avec Steven Seagal puis une poignée de séquelles bas de gamme comme JARHEAD 2, SNIPER 5 ou TREMORS 5) se montre, elle, d’une mollesse sans nom et se permet même d’immondes séquences en caméra subjective du crocodile inexplicablement teintées en vert pisseux pour simuler son regard bestial.

En dépit de tous ces défauts, le produit reste pourtant vaguement regardable pour les plus courageux. Les « monster movie » de SyFy et Asylum ont tellement abaissé le niveau des attentes avec des réalisations irrécupérables (on pense par exemple à L’ATTAQUE DU REQUIN A DEUX TÊTES) qu’un LAKE PLACID – CHAPITRE FINAL parait, par comparaison, acceptable. Le quota de gore est en effet généreux et les scènes d’attaques demeurent potables pour ce type de production télévisuelle. De leur côté, les comédiennes, définitivement plus sexy que talentueuses, n’hésitent pas à tomber le haut pour des motifs futiles. Une bonne occasion d’aligner d’indispensables et toujours agréables « plans nichons ».

Le combat final voit le monstre aquatique électrocuté par une clôture (la scène rappelle vaguement LES DENTS DE LA MER - 2ème PARTIE) lors d’un passage correct mais finalement très prévisible et sans beaucoup de mordant. A l’image d’un film linéaire et sans surprise uniquement sauvé du naufrage par le gore généreux et la nudité féminine appréciable.

Bref, l’ensemble s’avère médiocre mais pas (trop) ennuyeux et, pour ce genre de séquelle bas de gamme, ce n’est déjà pas si mal. En dépit de l’appellation « chapitre final », la fin en queue de poisson (ou de croco) laisse la porte ouverte à une nouvelle séquelle. Celle-ci ne tarda d’ailleurs pas à se manifester sous la forme d’un redoutable LAKE PLACID Vs ANACONDA…Ou comment effectuer un cross-over entre deux franchises en perdition.

Fred Pizzoferrato - Septembre 2015