LE DERNIER MONDE CANNIBALE
Titre: The Last cannibal world / L'Ultimo Mondo Cannibale / The Last Survivor / Jungle Holocaust / Horror Cannibal / Cannibal
Réalisateur: Ruggero Deodato
Interprètes: Massimo Foschi

 

Ivan Rassimov
Me Me Lai
Sheik Razak Shikur
Judy Rosly
 
 
Année: 1976
Genre: Cannibales / Aventures / Horreur / Gore
Pays: Italie
Editeur Neo Publishing


Critique:

Voici le grand ancêtre du film de cannibales, celui qui lança véritablement la mode, même si Deodato l'a réalisé quatre ans après le CANNIBALIS de Umberto Lenzi. Comme dans toutes les productions italiennes analogues, une série de personnes partent en Amazonie pour étudier les indigènes et lancer de grandes tirades, style " le plus sauvage n'est pas le cannibale, mais l'homme blanc qui détruit sa culture " ou encore " les cannibales n'existent pas ". Ce qui est faux d'ailleurs, sinon on ne s'amuserait pas autant dans les gore ritals.

Ici nous sommes en présence d'un prospecteur de pétrole nommé Robert Harpert qui doit rejoindre une base située dans les Philippines en compagnie de quelques personnes. Le pilote n'étant pas doué, l'avion se crashe et l'inévitable petit groupe se retrouve en pleine jungle. Robert, Charlie, Ralph et la jolie Swan décident sagement de dormir dans l'avion. Hélas Swan doit faire pipi et s'éloigne en pleine jungle au lieu d'uriner au pied de l'avion. Cet excès de pudeur l'amène à tomber entre les mains et les dents de cannibales affamés qui passaient par là. Charlie tombe ensuite dans un piège dès le matin et Ralph disparaît lors d'une fuite en radeau. Reste Robert, l'unique survivant, que les cannibales capturent avant de l'enfermer dans une cage. Les indigènes le maintiennent en vie, lui balancent des pierres, se foutent de sa gueule et lui pissent dessus dans la grande tradition du genre. Ils le prennent même pour une sorte d'oiseau et essaient de le faire voler avec les douloureuses conséquences qu'on devine.

Notre héros finit pourtant par communiquer avec une belle sauvageonne qui lui rend régulièrement visite et n'hésite pas à le masturber avec une certaine fougue. Robert réussit finalement à s'enfuir en compagnie de la jeune fille et lui offre une torride scène de sexe anal en pleine jungle. Comme quoi le retour à la vie primitive possède aussi ses bons côtés, d'autant que la demoiselle violée s'accommode fort bien de son sort et tombe amoureuse de notre "héros". Poursuivi par les cannibales, ce dernier devra défendre chèrement sa peau.

Ce film a véritablement lancé la juteuse vague "cannibale", entre film d'aventure, gore, romance, érotisme primitif et documentaire ethnologique. Evidemment, Deodatto nous fait croire dès le pré-générique que les faits relatés sont authentiques. Classique! Le rythme, malheureusement, ne suit pas toujours et le tiers central manque un peu de piment, après un début accrocheur et avant une conclusion efficace et violente.

Sans les outrances des réalisations ultérieures, LE DERNIER MONDE CANNIBALE propose néanmoins son lot d'atrocités, de violences, de nudités et de tueries d'animaux non simulées; le tout sur un scénario largement pompé - comme toujours - sur le fameux western A MAN CALLED HORSE. L'ensemble vaut pourtant le détour, que ce soit pour cette relative - et bienvenue - retenue justement ou pour la qualité de certaines séquences très crédibles et horribles, comme ce passage où le héros dévore le cœur de on ennemi, montrant ainsi qu'il a bien intégré les us et coutumes locales.

Deodatto livre au final un produit plutôt bien ficelé et dénué de gros défauts. Le rythme est correct, les acteurs assez convaincants (y compris les indigènes), le gore présent mais sans le moindre excès inutile et techniquement le résultat s'avère tout à fait correct. LE DERNIER MONDE CANNIBALE ne constitue pourtant pas un chef d'œuvre et beaucoup de spectateurs risquent, aujourd'hui, de trouver l'ensemble un peu fade.

Pour faire un jeu de mot idiot, le tout manque un rien de mordant! Les fans curieux devraient cependant apprécier le métrage ; les autres - davantage portés sur le gore pur et dur - se replongeront sur les véritables standards tels CANNIBAL FEROX de Lenzi ou l'insurpassable CANNIBAL HOLOCAUST du même Deodato.

Fred Pizzoferrato - Novembre 2007