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Date marquante pour le cinéma d'horreur, la sortie - en 1972 - de ce métrage fut un véritable événement, au point qu'on peut véritablement parler d'un "avant" et d'un "après" DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE. A partir de ce moment, l'épouvante traditionnelle ("gothique") céda du terrain et les studios comme la Hammer et la Amicus virent leur étoile pâlir. Les révoltes estudiantines, la guerre du Viet-Nam, la violence urbaine et l'insécurité croissante, associée à la crise économique et à la fin tragique de l'utopie hippie pavèrent la route d'un nouveau cinéma d'horreur, froid et réaliste. Les vampires hantant les châteaux des Carpates et les savants fous expérimentant au fond de leur laboratoire devinrent, pratiquement du jour au lendemain, obsolètes. Ayant cessés d'effrayer, les grands Monstres du répertoire laissèrent la place aux monstres authentiques: les psychopathes, les violeurs, les serial-killers. Que pouvait encore un aristocrate aux canines acérées face à un sadique défoncé à la coke brandissant une lame de rasoir? La peur changea de visage et se recentra résolument dans un environnement réaliste, délaissant le "merveilleux horrifique" pour une véritable brutalité crue, brouillant les frontières entre l'épouvante, le thriller et le drame, générant de nouveaux sous-genres comme, ici, le Rape And Revenge. Interdit un peu partout dans le monde, DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE fut élevé au rang de cult-movie et remporta un vif succès. Souvent imité avec surenchère (LAST HOUSE ON DEAD END STREET, LA MAISON AU FOND DU PARC, LA BÊTE TUE DE SANG FROID, ŒIL POUR OEIL, I PISS ON YOUR GRAVE, etc.) mais rarement égalé, il lança la carrière de Wes Craven. Ce fut le premier succès du futur maître de l'horreur, associé ici à Sean Cunningham, producteur et futur créateur de VENDREDI 13. Le duo, précédemment coupable d'un porno (TOGETHER) décida de choquer un public plus exigeant afin de satisfaire les investisseurs demandant un "film choc!". Mission accomplie avec cette descente dans les enfers de la psyché humaine la plus détraquée.
DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE est certainement une des oeuvres les plus traumatisantes des années soixante-dix et reste largement précurseur en matière de violence cinématographique. L'œuvre peut aussi être interprétée comme une mise en garde moralisatrice reprenant le schéma des contes de fée. Les adolescentes, parties écouter du hard rock (le groupe en question - fictif - se nomme Bloodlust et scandalise l'Amérique par ses prestations scéniques), fumer des joints et faire des cochonneries, reçoivent une juste punition en tombant dans les griffes du Grand Méchant Loup. Le titre, lui, s'inspire d'une citation de ORANGE MECANIQUEe sorti peu avant.
LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE n'est clairement pas le classique shocker que la publicité a voulu nous vendre. Malgré tout cela reste un bel exemple de sick cinema et le nombre de décalques, d'articles et même de livres écrits à son sujet prouve que Wes Craven a, d'une manière ou d'une autre, réussi son pari. |
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octobre 2006 |
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