LESBIAN VAMPIRE KILLERS
Titre: L.V.K. - Lesbian Vampire Killers
Réalisateur: Phil Claydon
Interprètes: James Corden

 

Mathew Horne
MyAnna Buring
Vera Filatova
Paul McGann
Silvia Colloca
 
Année: 2009
Genre: Comédie / Horreur
Pays: Grande Bretagne
Editeur  
Critique:

Fletch et Jimmy, deux amis vivant une mauvaise passe, décident de s’octroyer un petit week-end de randonnée pour oublier leur souci. Le premier a en effet été viré de son emploi de clown pour enfant après avoir frappé une gamine, le second a été largué une énième fois par son insupportable copine. Après une beuverie dans un pub, les deux amis prennent la décision de partir en vacances mais les destinations exotiques étant hors de portée de leur maigre budget, Jimmy trouve une solution en laissant le hasard, symbolisé par un lancer de fléchette sur une carte, décider de leur villégiature. Voilà donc Fletch et Jimmy en route pour Cragwich, un bled perdu au cœur de l’Angleterre tout droit sorti d’une production de la Hammer.

Le week-end s’annonce ennuyeux au possible mais nos deux losers repèrent un van peuplé de très sexy étudiantes venues étudier le folklore local et, en particulier, la légende de Carmilla, la reine vampire lesbienne. Alors que Jimmy et Fletch, réfugiés dans un cottage isolé, finissent par sympathiser avec les jeunes demoiselles autour d’une bière, la nuit tombe et la malédiction de Cragwich se manifeste, transformant les étudiantes en vampires. Jimmy et Fletch pourront ils sauver le monde en devenant d’authentiques « tueurs de vampires lesbiennes » ?

Exemple typique du métrage destiné aux geeks misant tout sur son titre aussi attractif que racoleur, LESBIAN VAMPIRE KILLERS tente la jonction entre l’humour anglais absurde et la comédie potache américaine. Un cocktail pas toujours convaincant mais qui donne toutefois le sourire et maintient l’intérêt. Le personnage du pasteur, survolté et grossier, constitue ainsi une bonne idée, donnant au métrage ses meilleurs moments humoristiques, même si, la comédie ne vole pas très haut. La plupart des blagues se situent, en effet, résolument au dessous de la ceinture et Phil Claydon n’hésite jamais à se vautrer dans la vulgarité mais sans devenir antipathique pour autant, l’aspect divertissement « pop corn » assumé faisant accepter les nombreux défauts du film. Le cinéaste joue donc la carte de la comédie horrifique, une recette récemment remise au gout du jour par l’excellent SHAUN OF THE DEAD mais qui trouve ses racines dans les classiques des années ’80 comme LE RETOUR DES MORTS VIVANTS ou GENERATION PERDUE. Notons aussi l’influence manifeste, du moins dans les séquences se déroulant au pub de Cragwich, du LOUP GAROU DE LONDRES de John Landis.

Le duo d’acteurs principaux, pour sa part, s’inscrit volontiers dans la lignée de SHAUN OF THE DEAD en jouant sur les oppositions entre le rondouillard obsédé et le naïf au grand cœur. Si Phil Claydon ne perd guère de temps en caractérisation, il laisse toutefois une certaine liberté aux deux interprètes qui offrent des compositions agréables et un minimum crédibles. Le côté « amitié virile » de nos deux héros est ainsi mis en avant au gré de péripéties absolument stupides mais souvent divertissantes.

Si les éclats de rire sont rares (seuls quelques gags font vraiment mouche), l’humour constant se révèle efficace et donne au spectateur un sourire satisfait. Niveau horreur pure, le métrage se montre toutefois, et c’est regrettable, assez timoré et reste largement en deçà de SHAUN OF THE DEAD ou du similaire DOGHOUSE. Le gore est donc quasiment absent et les décompositions des vampires se montrent un peu décevantes (même le personnage de Fletch en fait la remarque !), en dépit de quelques jolies éclaboussures blanchâtres. Un choix curieux, rappelant les délires colorés de Sam Raimi sur EVIL DEAD 2 mais qui dont l’intérêt reste discutable.

L’aspect érotique, lui aussi, est franchement gentillet. Excepté quelques bisous et l’une ou l’autre caresse, le côté lesbien reste un simple gimmick finalement peu exploité. Le métrage comporte en outre peu de nudité, en dépit de la plastique irréprochable de toutes les comédiennes choisies. Si les vampires lesbiennes furent populaires dans le cinéma des années ’70 (la trilogie consacrée aux Karnstein, produite par la Hammer et débutée par THE VAMPIRE LOVERS constituant le haut du panier aux côtés de titres davantage axés sur l’exploitation comme le VAMPYROS LESBOS de Jess Franco), Phil Claydon ne se soucie guère de répondre aux attentes des fans et l’aspect parodique du film reste donc, malheureusement, sous exploité.

En dépit d’un budget sans doute très restreint (particulièrement flagrant au vu des décors qui paraissent interchangeables, comme si les héros parcouraient sans fin les mêmes 50 mètres carrés de forêt), Phil Claydon assure toutefois une bonne tenue visuelle à l’ensemble, en particulier lors des passages mettant en scène les femmes vampires surgissant de la nuit. Des instants très iconiques n’ayant rien à envier à des productions plus fortunées comme le DRACULA de Francis Ford Coppola.

Attendu par beaucoup puis massacré par la critique, LESBIAN VAMPIRE KILLERS demeure, finalement, assez réjouissant. Si l’horreur est rare et le sexe réduit au minimum syndical, l’abattage des principaux protagonistes sauve la mise au niveau de la comédie pure, laquelle s’avère plutôt lourdingue mais finalement assez divertissante.

Les quelques clins d’œil purement « série B » (comme le générique d’inspiration rétro fort sympathique) et la musique entrainante, associée à une durée adéquate (à peine plus d’une heure et vingt minutes) font de LESBIAN VAMPIRE KILLERS un produit sans prétention ni génie mais agréable à suivre. Bien sur il ne faut pas attendre beaucoup de subtilité d’un tel métrage mais qui espère d’un titre comme LESBIAN VAMPIRE KILLERS autre chose qu’une gaudriole horrifique assumée ?

En dépit d’un manque criant de gore, d’érotisme ou de vraie rigolade, cette petite production reste suffisamment amusante pour mériter une vision.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2010