LIFE AFTER BETH
Titre: Life after Beth
Réalisateur: Jeff Baena
Interprètes: Aubrey Plaza

 

Dane DeHaan
John C. Reilly
Molly Shannon
Cheryl Hines
Paul Reiser
 
Année: 2014
Genre: Drame fantastique
Pays: USA
Editeur
Critique:

Présenté comme une « comédie horrifique », LIFE AFTER BETH ne ressort pourtant pas véritablement de ce genre et s’apparente davantage à un drame fantastique « indé » mâtiné d’humour souvent assez noir. Il n’est dès lors pas étonnant que le film fut d’abord présenté à Sundance avant d’entamer une tournée de la plupart des festivals spécialisés.

L’intrigue démarre après le décès de Beth, morte bêtement d’une morsure de serpent lors d’une randonnée. Zach, son petit copain, ne parvient pas à s’en remettre même s’il apparait peu à peu que le couple battait de l’aile. Or, sans explication, Beth sort de sa tombe, amnésique et bien décidée à poursuivre sa vie en compagnie de Zach. Celui-ci, d’abord incrédule puis ravi, constate cependant un changement de comportement de la part de Beth.

La « comédie romantique » à base de zombies n’est pas une idée neuve puisqu’on repère dès 1993 le méconnu MY BOYFRIEND’s BACK avant le plus sérieux ZOMBIE HONEYMOON en 2004. Le récent « boom » de popularité des non-morts et la surabondance de films qui leur est consacré explique sans doute la mise en chantier de ce LIFE AFTER BETH pas si éloigné du grand succès adolescent WARM BODIES (d’ailleurs très réussi), du petit budget A LITTLE BIT ZOMBIE et du plus délirant BURYING THE EX du vétéran Joe Dante.

Coproduit par American Zoetrope, la compagnie de Francis Ford Coppola, LIFE AFTER BETH se veut plus posé que WARM BODIES, lequel se destinait clairement à une large audience adolescente. Ici, la cible semble un brin plus âgée (disons les jeunes adultes entre 20 et 30 ans) et la sensibilité est différente, davantage axée sur l’introspection et un rythme lent qui confère au métrage un côté très « indé » renforcé par une bande originale basée sur le smooth jazz. Le comportement des zombies et l’atmosphère mélancolique rappellent en outre la série télévisée « Les revenants » et privilégie une ambiance parfois mortifère et dépressive avant que la vie ne reprenne ses droits durant le final.

Malgré ce ton grave, LIFE AFTER BETH joue parfois la carte de la comédie mais sans jamais verser dans la grosse farce. Au contraire, le film utilise surtout le décalage humoristique entre le personnage de Beth, qui semble simplement déboussolée, et son petit ami persuadée qu’elle finira par vouloir le dévorer. Cela entraine quelques répliques amusantes et sexuellement connotées ainsi que l’un ou l’autre passage mi sérieux mi ironiques, en particulier la crise de jalousie de Beth à l’égard d’une amie d’enfance de Zach retrouvée par hasard dans un snack.

Dans son dernier acte, le film change de direction (de manière un peu abrupte) en s’écartant de son intrigue initiale (laquelle commençait, il est vrai, à tourner un peu en rond) pour s’intéresser à d’autres protagonistes eux-aussi confronté au retour à la « vie » de leur proche. L’apocalypse est donc en marche même si, petit budget oblige, nous ne verrons pas vraiment cette phase d’invasion d’ailleurs vite maitrisée par les autorités menées par le frère du héros. Ce-dernier voit dans ces événements l’occasion de laisser libre cours à ses penchants violents en abattant d’une balle dans la tête les morts vivants qui croisent sa route. Quoique peu exploitée, la relation entre les deux frères que tout oppose n’en est pas moins intéressante et bien vue.

Le cinéaste débutant Jeff Baena a probablement conçu ce long-métrage pour offrir à sa petite amie Aubrey Plaza (vue dans SCOTT PILGRIM Vs THE WORLD) un joli rôle et il faut avouer que la demoiselle s’en sort très bien, tout comme Dane DeHaan (qui campait Harry Osbourn dans THE AMAZING SPIDER MAN 2). Cela ne suffit pas toujours à élever LIFE AFTER BETH au-dessus de la moyenne et le côté très prévisible du scénario s’avère problématique (on sent le cinéaste éprouver des difficultés à atteindre la durée d’un long-métrage avec une idée qui eut peut-être mieux convenu à un format court) mais l’ensemble reste correct, sans toutefois enchanter outre mesure le spectateur.

Un produit tout à fait potable mais quelque peu noyé dans la masse et dont on espérait sans doute davantage, en particulier au niveau de la comédie ou de l’horreur, ici peu présentes.


Ce film a été présenté au BIFFF 2015

Fred Pizzoferrato - Avril 2015