LOCH NESS TERROR
Titre: Beyond Loch Ness
Réalisateur: Paul Ziller
Interprètes: Brian Krause

 

Niall Matter
Don S. Davis
Donnelly Rhodes
Carrie Genzel
 
 
Année: 2008
Genre: Fantastique / Horreur
Pays: USA
Editeur  
Critique:

LOCH NESS TERROR s’inscrit dans la lignée des petites productions horrifiques de série B à base de monstre géant agressif. La créature en question étant ici le fameux monstre du Loch Ness, finalement assez rarement vu sur les écrans. L’intrigue, pour sa part, se révèle d’un classicisme éprouvé mais divertissant. Jugez plutôt.

1976…une expédition organisée sur le Loch Ness met à jour un immense œuf de plésiosaure appartenant au fameux monstre, surnommé Nessie. Ce-dernier, pas content, s’en vient alors dévorer trois des quatre membres de l’équipe scientifique. Seul le jeune James Murphy échappe à la mort après avoir vu son paternel dévoré sous ses yeux. Trente ans plus tard, un diplôme de cryptozoologue en poche, James Murphy traque toujours Nessie…Lequel, via un réseau de tunnels sous-marins, hanterait à présent le Lac Supérieur canadien et plus précisément la petite ville d’Ashburn.

A peine arrivé, James Murphy apprend que différentes personnes ont été découvertes dévorées aux abords du lac. Aidé d’une jolie shérif, du fils adolescent de celle-ci et d’un vieil adjoint motivé, le cryptozoologue part traquer Nessie sur les eaux du Lac Supérieur. Mais, très vite, il apparaît que la bête a de nombreux bébés tout aussi redoutables et surtout affamés…

Le réalisateur Paul Ziller a d’abord fait ses gammes dans le film martial (BLOODFIST IV, SHOOTFIGHTER 2) au début des années 90 avant de se reconvertir dans la mise en scène de petites séries B « catastrophes » et horrifiques souvent basées sur le principe des attaques animales (SWARMED, SNAKEHEAD TERROR, YETI, TROGLODYTE). Des titres généralement peu réputés, aussi est-on agréablement surpris en visionnant ce LOCH NESS TERROR qui, sans être un grand film, offre un divertissement sympathique et, surtout, généreux. Une générosité qui aide d’ailleurs à oublier les (nombreux) défauts de cette production à l’origine tournée pour la télévision et destinée à la chaîne Sci-Fi Channel. Mais LOCH NESS TERROR ne trahit pas trop cette origine souvent décriée par les amateurs de cinéma horrifique et se montre aussi efficace que nombre de séries B plus fortunées ayant eu les honneurs des salles obscures.

Visuellement, le film tient la route en proposant une photographie et une mise en scène correctes, en tout cas d’un niveau supérieur à de nombreuses productions bas de gamme destinées aux vidéoclubs. Bref, rien de transcendant mais rien de honteux. Au rayon des séquences gore, le réalisateur ne lésine d’ailleurs pas, non plus, sur les attaques généreuses en hémoglobine et parfois spectaculaires lorsque les hordes de petits Nessie se ruent sur leurs victimes à la manière des Raptors de JURASSIC PARK.

Comme souvent avec ce type de petit budget le principal problème viendra surtout des images de synthèse, lesquelles sont généralement assez hideuses et manquent grandement de réalisme et de finitions. Pourtant, LOCH NESS TERROR, au lieu de jouer la carte de la suggestion, nous laisse admirer son monstre vedette (ensuite rejoint par toute sa progéniture !) sous toutes les coutures. Un choix discutable et risqué mais reconnaissons quand même que la bête est sympathique avec son corps massif, son long cou terminé par une tête dotée de petits ailerons et ses énormes pattes de pachyderme. Si la démarche pataude des monstres ne fonctionne guère, certains plans plus brefs (en particulier lorsque Nessie sort la tête de l’eau pour frapper férocement ses proies) se montrent cependant correctement réalisés et parviennent à ne pas sombrer dans le ridicule.

Les effets gore et les « animatroniques » (utilisées principalement pour les bébés plésiosaures) sont également de confection artisanale mais donnent un certain charme suranné à un métrage de toutes façons plutôt rétro dans sa conception et son scénario très classique. Les emprunts à d’autres productions plus fortunées sont d’ailleurs évident et on pense évidemment aux DENTS DE LA MER, à JURASSIC PARK et plus encore au sous-estimé LAKE PLACID.

Si le monstre n’est guère crédible, les acteurs principaux ne le sont pas beaucoup plus, en particulier Brian Krause, ce dernier étant assez ridicule en essayant de se la jouer « grand scientifique et chasseur revenu de tout » tout en se montrant franchement inexpressif. Le reste de la distribution est toutefois un peu plus convaincante et Don S. Davis (« Stargate »), dans un de ses derniers rôles, livre une prestation plus amusante et énergique. Les personnages et dialogues, eux aussi, n’évitent que rarement le clichés mais on a vu bien pire dans le genre et, dans la limite de ses ambitions, le métrage reste acceptable en dépit de ses invraisemblances criantes.

On peut toutefois regretter que, en dépit d’un titre prometteur (et bien choisi !), l’action se déplace rapidement du Loch Ness au Canada, très certainement pour des raisons budgétaires. Seul le prologue, de bonne tenue, se déroule (soi-disant !) en Ecosse. Un peu frustrant même si la multiplication des « Nessie » durant la seconde partie du métrage compense en partie cette relative tromperie sur la marchandise.

LOCH NESS TERROR constitue donc une agréable (petite) surprise dans le domaine encombré du « creature feature » destiné aux chaines câblées ou aux vidéoclubs. Le rythme s’avère alerte, l’intrigue – quoique simpliste – ménage son lot de petits rebondissements (l’arrivée des bébés Nessie donne un vrai coup de fouet à un film menacé par la routine des attaques du monstre géant) et la générosité du cinéaste (agressions animales nombreuses et plutôt gore) fait en partie oublier les faiblesses de l’interprétation et les effets spéciaux assez rustiques.

En résumé, LOCH NESS TERROR est l’assurance d’une soirée réussie si on apprécie les petites séries B fauchées et sympathiques, constamment distrayantes et jamais ennuyeuse. Nous sommes très loin d’une perle de cinémathèque mais le contrat de divertissement est néanmoins rempli.

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2009