THE LEGEND OF THE LONE RANGER (LE JUSTICIER SOLITAIRE)

Titre: The Legend of the Lone Ranger
Réalisateur: William A. Fraker
Interprètes: Klinton Spilsbury

 

Michael Horse
Christopher Lloyd
Jason Robards
Matt Clark
Juanin Clay
Année: 1981
Genre: Western
Pays: USA
Editeur
Critique:
Cette version du fameux héros de l’Ouest fut, à sa sortie, un gros échec commercial peu aidé par des critiques généralement assassines. Phil Hardy, dans son incontournable Western Encyclopedia le qualifie de désastreux mais, comme la plupart des « haters », il semble surtout déçu de l’orientation adulte et violente d’un métrage, à l’opposé de la version des années ’50 (décrite comme un « chef d’œuvre du western familial »). Peu connu du public européen, le Lone Ranger a cependant bénéficié d’un regain de popularité avec la récente version de Johnny Depp, elle aussi sanctionnée par un triste échec commercial.

THE LEGEND OF THE LONE RANGER s’inscrit dans la lignée du (alors) récent SUPERMAN en réintroduisant le personnage à un large public et en traitant le matériel avec déférence. A la manière d’une histoire de super-héros, nous assistons à l’amitié entre John Reid et l’Indien Tonto à qui il sauve la vie. Par la suite, les deux frères de sang sont séparés et Reid intègre les Texas Rangers. Une de leurs missions consiste à capturer le tyrannique et mégalomane Cavendish (Christopher Lloyd) mais la trahison d’un Ranger aboutit au massacre du détachement. Le capitaine Dan Reid, frère de John, est abattu et John lui-même laissé pour mort. Cette fois, Tonto vient le sauver et l’accueil parmi son peuple en dépit de la méfiance des Peaux-Rouges. Reid, convalescent, apprend à devenir un as de la gâchette, utilisant des balles d’argent (plus précises que les classiques) et montant son étalon, Silver. Il décide ensuite de châtier Cavendish en assumant l’identité du justicier masqué le Lone Ranger. Pendant ce temps, son ennemi enlève le président Grant (Jason Robards) afin d’accéder au pouvoir absolu.



Dirigé avec une certaine efficacité par William A. Fraker, le long-métrage bénéficie d’une belle photographie mettant en valeur les paysages de l’Ouest que souligne la jolie musique de John Barry. Lors des scènes d’action, LEGEND OF THE LONE RANGER recourt évidemment à la fameuse « William Tell Ouverture » qui dynamise ces passages plutôt énergiques : le final multiplie les explosions et les cascades tandis que les fusillades ont retenus les leçons du western italien avec des impacts de balles bien sanglants. La mort des Rangers constitue d’ailleurs un morceau de bravoure sadique étonnant dans le cadre d’une production destinée au grand public. Au niveau des interprètes, le Mexicain Klinton Spilbury essuya de nombreuses critiques (ce fut son unique apparition au cinéma !) mais il se débrouille pourtant de manière très correcte en jouant avec un premier degré adéquat ce héros très bandes dessinées. Jason Robards donne pour sa part une interprétation des plus réjouissantes en Président Grant et Christopher Lloyd joue avec conviction (et sans en faire trop) le méchant. Le film se divise clairement en deux parties : la naissance du héros et sa vengeance.

La première s’avère plutôt languissante mais, étonnamment, elle passe très agréablement et offre un bon moment aux amateurs de westerns. La seconde, plus rythmée (voire même trop précipitée), se monte également plus convenue mais ne manque pas de morceaux de bravoure et de clin d’œil (avec, par exemple, un Buffalo Bill qui s’enthousiasme devant l’extermination des bisons). Au total, THE LEGEND OF THE LONE RANGER n’est pas exempt de défaut (des problèmes de rythme, des interprètes principaux quelque peu limités) mais propose 100 minutes de western divertissant, parfois violent, plaisant à suivre et ponctué de passages légèrement bis mais sympathiques (le héros qui se présente masqué à ses ennemis). On se demande donc pourquoi le film a reçu de si mauvaises critiques…

Au niveau du blu ray, nous sommes loin d’un disque de démonstration mais, dans l’ensemble, l’image est belle (parfois quelque peu étrange mais il s’agit sans doute d’un effet voulu pour conférer un côté un brin fantastique à l’histoire) avec quelques soucis (ciel fourmillant) mais rien de rédhibitoire. Le tout offre un confort de visionnage appréciable pour une édition qui respecte en outre le format 16/9.

Fred Pizzoferrato - Septembre 2017