LUSTER
Titre: Luster
Réalisateur: Adam Mason
Interprètes: Andrew Howard

 

Tess Panzer
Matthew Rhys
Ian Duncan
Xander Berkeley
Billy Burke
Tommy Flanagan
Année: 2010
Genre: Thriller
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Mine de rien et avec discrétion, Adam Mason creuse son nid dans le domaine du cinéma de genre en proposant, quasiment chaque année, un thriller ou un film d’horreur à petit budget. Né à Cambridge en 1975, Mason tourne près d’une centaine de vidéoclips et se fait également la main via le court métrage.

Au début des années 2000, le cinéaste se lance dans l’aventure du long métrage avec THE 13th SIGN puis DUST mais ce sera son troisième essai, BROKEN, qui attirera l’attention du public et des fameux producteurs Weinstein. Ensuite, Mason prend sa vitesse de croisière et enchaine les titres : DEVIL’s CHAIR, BLOOD RIVER et PIG. Avec LUSTER, le cinéaste varie les plaisirs et s’éloigne de l’horreur pure pour privilégier l’humour au sein d’un thriller sarcastique inspiré par le mythe de Jekyll & Hyde. Le résultat, pas désagréable, s’apparente malheureusement à un épisode de série télé dans le style de « La Quatrième dimension » fortement tiré en longueur.

Thomas Luster est un type sans histoire mais actuellement dans une relative mauvaise passe. Son entreprise fonctionne mal, son voisin Travis, ancien acteur has been, semble attiré par son épouse Jennifer et il souffre d’insomnie. Le seul véritable ami de Luster est un clochard nommé Les qui tente de l’aider en lui offrant des somnifères. Après une bonne nuit de sommeil, notre homme, enfin reposé, trouve pourtant une note manuscrite lui intimant de cesser de prendre les cachets. Paniqué, Luster installe un système de vidéosurveillance sophistiqué et sombre dans une peur paranoïaque…cependant il doit se rendre à l’évidence et admettre que l’inconnu menaçant n’est autre que… lui-même.

Classique, LUSTER dévoile rapidement le « côté sombre » de son personnage principal, choisissant, contrairement par exemple à FIGHT CLUB, de révéler sans détour la réalité concernant le mystérieux personnage venant pourrir l’existence de Luster. Une fois l’identité de l’intrus établie, le métrage se transforme en un combat acharné entre la « bonne » et la « mauvaise » facette du « héros », lequel tente par tous les moyens de renvoyer son « Mr Hyde » personnel au néant.

Jouant la carte de l’atmosphère pour générer une angoisse saupoudrée d’humour cynique, LUSTER développe par conséquent une intrigue prévisible, le « maléfique » Luster répondant à tous les clichés possibles en dépit d’une performance convaincante de la part d’Andrew Howard.

Malheureusement, en dépit de l’une ou l’autre scène intéressante, Adam Mason emmène le spectateur sur un chemin déjà balisé et sans surprise qui aboutit à un final certes amoral et bienvenu mais aussi décevant par son refus de réellement conclure l’intrigue.

La mise en scène, impersonnelle, rappelle, pour sa part, les téléfilms audacieux de seconde partie de soirée (à la manière des « mythiques » Hollywood Night) et peine à élever le sujet, lequel aurait sans doute mérité une approche plus frontale concernant le sexe, la violence et l’humour. Timoré, Mason ne prend jamais son scénario à bras le corps et manque de mordant pour maintenir l’intérêt une fois l’intrigue sur ses rails très linéaires. Beaucoup trop longuet et prévisible pour véritablement passionner le spectateur, LUSTER reste toutefois un divertissement plaisant mais qui, hélas, ne s’élève jamais au-dessus d’une honnête moyenne.

 

Fred Pizzoferrato - Mai 2011