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Grand héros du péplum italien se classant seulement derrière Hercule en termes de notoriété, Maciste apparaît pour la première fois sur les écrans dans le célèbre CABIRIA (tourné en 1914 !) sous les traits de Bartalomeo Pagano. Le fier guerrier n’y a qu’un rôle très secondaire mais, dès l’année suivante, débarque un MACISTE le plaçant en haut de l’affiche. Durant une douzaine d’années (et 25 films !), Pagano va incarner Maciste et affronter des légions d’adversaires aux quatre coins du monde. La saga se terminera en 1927 et le brave combattant connaîtra une éclipse de plus de trente ans. En 1960, le « muscle opéra », ce péplum mythologique italien fantaisiste, connaît ses premiers triomphes avec la réussite commerciale des TRAVAUX D’HERCULE. Logique que les cinéastes de la Péninsule ne songent rapidement à ressusciter leur plus célèbre héros et Mark Forrest reprend donc le rôle de Maciste dans LE GEANT DE LA VALLEE DES ROIS après avoir succédé à Steve Reeves en Hercule (LA VENGEANCE D’HERCULE). A noter qu’en France Maciste ne connaît pas vraiment la même popularité puisqu’il sera souvent résumé à ce seul qualificatif de « Géant ». Quatre ans durant, Maciste va repartir en croisade contre des méchants de plus en plus variés et saugrenus, traversant les époques (de l’Antiquité au Moyen-âge) et voyageant dans toutes les contrées. Maciste sera incarné par tous les « hommes forts » du cinéma italien des sixties : Mark Forrest, évidemment, reprendra le personnage dans MACISTE L’HOMME LE PLUS FORT DU MONDE, MACISTE CONTRE LES GEANTS, LE RETOUR DES TITANS, MACISTE CONTRE LES MONGOLS, L’ENFER DE GENGHIS KHAN et un ultime MACISTE ET LES 100 GLADIATEURS. Aux côtés de Forrest, les gros bras se bousculent, que ce soit Ed Fury (MACISTE A LA COUR DU CHEIK et MACISTE DANS LA VALLEE DES LIONS, en réalité un épisode de la saga concurrente Ursus !) ou Gordon Mitchell (MACISTE CONTRE LE CYCLOPE) sans oublier Reg Park (MACISTE DANS LES MINES DU ROI SALOMON), Kirk Morris (l’excellent MACISTE AUX ENFERS de Riccardo Freda mais aussi les plus fauchés TRIOMPHE DE MACISTE et MACISTE LE VENGEUR DU DIEU MAYA) et Gordon Scott (MACISTE CONTRE LE FANTOME, LE GLADIATEUR DE ROME et LE GEANT A LA COUR DE KUBLAI KHAN). Devant près de vingt longs-métrages en quatre ans, le public se lassa fatalement des exploits de Maciste, d’autant qu’on compte autant d’Hercule, une dizaine de Samson, une autre dizaine d’Ursus et une poignée d’Ulysse, sans compter quelques personnages secondaires. Bref, en 1964, le genre semble à l’agonie, aboutissant aux classiques rencontres improbables typiques des fin de cycles (SAMSON CONTRE HERCULE, MACISTE CONTRE ZORRO, HERCULE SAMSON ET ULYSSE et, enfin un GRAND DEFI où apparaissent Hercule, Samson, Maciste et Ursus !) et au glissement vers le pur délire bis via des scénarios de plus en plus fantaisistes.
MACISTE CONTRE LES HOMMES DE PIERRE appartient à la seconde catégorie et témoigne de l’agonie du péplum sous les coups de butoir du western. L’intrigue est simple mais suffisamment délirante pour intéresser le spectateur friand de kitsch rigolo. Nous retrouvons donc Maciste (rebaptisé Hercule dans les pays anglo-saxons) arrivant au royaume de Samar, un lieu désolé vivant la crainte d’étranges créatures exigeant de nombreux sacrifices humains. En réalité une dangereuse conjonction entre différentes planètes a entraîné la chute sur notre Terre de monstres de pierre venus de la Lune. Les Sélénites sont rapidement parvenus à dominer toute la région en s’octroyant la complicité de la maléfique et très calculatrice reine Samara. Mais Maciste, amoureux d’une jeune fille de Samar, est appelé par le ministre du pays afin de le libérer de cette terrible malédiction. MACISTE CONTRE LES HOMMES DE PIERRE constitue un médiocre mais encore agréable péplum de série B (disons plutôt C ou D) au scénario suffisamment original et déjanté pour assurer un spectacle divertissant. Certes, le gros problème de ce métrage réside dans un rythme plutôt languissant, en particulier lors de la dernière demi-heure au cours de laquelle les protagonistes sont coincés dans une tempête de sable qui n’en finit pas. Notons aussi une scène interminable où Maciste échappe de justesse à un écrasement entre d’énormes pointes (repris en visuel de l’affiche) et où le suspense voulu par le cinéaste Giacomo Gentilomo se change malheureusement en ennui. Au niveau de la distribution, Alan Steel incarne un Maciste crédible jouant essentiellement sur son physique athlétique pour donner le change, la caractérisation du fier héros se limitant à « il est fort, il est pur, il est gentil, il est honnête et il tape sur les méchants ». Même si il n’est pas un acteur chevronné, Steel se débrouille bien dans le rôle et assure l’essentiel du spectacle, face à une Jany Clair aussi mignonne que cabotine en reine du Mal. Le reste des interprètes se révèle plutôt médiocres mais il faut avouer que l’intrigue cornichonne et la platitude des dialogues n’aident guère à des compositions convaincantes. Dommage surtout que les effets spéciaux se montrent si mal fichus (quoique les monstres de pierre possèdent une certaine prestance en dépit de la maladresse des trucages) et que la figuration soit trop restreinte pour conférer au film un vrai souffle épique. MACISTE CONTRE LES HOMMES DE PIERRE n’est surement pas un grand péplum, il peine même à obtenir la moyenne mais son intrigue abracadabrante lui confère un certain charme suranné, accentué par le côté très vieillot des effets spéciaux. Bref, un spectacle objectivement mauvais mais en définitive pas tellement honteux (le film se traîne une réputation calamiteuse qu’il ne mérite pas !) et relativement distrayant pour les inconditionnels du genre.
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Fred Pizzoferrato - Aout 2009 |
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