MARDI GRAS MASSACRE
Titre: Mardi Gras Massacre
Réalisateur: Jack Weis
Interprètes: Curt Dawson

 

Gwen Arment
William Metzo
Laura Misch Owens
Cathryn Lacey
Nancy Dancer
 
Année: 1978
Genre: Slasher / Gore / Video Nasty
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Deux ans après son méconnu CRYPT OF DARK SECRETS, le cinéaste Jack Weis revient pour son cinquième et dernier long-métrage, MARDI GRAS MASSACRE, lequel n’a échappé à l’oubli que par son inclusion sur la fameuse liste anglaise des « video nasty ». L’intrigue, pour sa part, se contente de recopier, quasiment à la ligne près, le classique BLOOD FEAST d’Hershell Gordon Lewis, passé à la postérité pour être, officiellement, le premier gore de l’histoire du cinéma.

Un étrange personnage à l’élégance nonchalante écume les bas-fonds de la Nouvelle Orléans à la recherche de prostituées, qu’il souhaite « les plus méchantes possibles ». Il n’éprouve d’ailleurs nulle difficulté à en trouver une poignée et les ramène chez lui. Après les avoir dénudées et allongées sur un autel, il les sacrifie à une ancienne déesse aztèque du Mal. Mais deux policiers balourds se lancent à ses trousses afin de le coincer avant le Mardi Gras, fête costumée qui pourrait permettre au sadique de perpétrer, incognito, un véritable massacre.

Sidérant de maladresse, MARDI GRAS MASSACRE s’apparente à un film amateur particulièrement mal fichu et truffé d’erreurs techniques stupéfiantes. Manifestement tourné en une seule prise, le long-métrage accumule les ratages, les faux-raccords, les invraisemblances et les couacs involontairement hilarants. Ainsi, une demoiselle éventrée dont les viscères sont extirpés de l’abdomen dans un plan peut se retrouver, dans le suivant, avec juste quelques gouttes de sang sur la poitrine.

Les effets gore artisanaux sont, par ailleurs, l’unique et très faible intérêt de l’entreprise. Précédés d’une longue mise en place qui tire à la ligne, les sacrifices permettent essentiellement d’exhiber la plastique de quelques nymphettes intégralement dénudées avant que le sadique ne les punisse cruellement, toujours selon le même schéma : un coup de couteau dans la main (« qui te sert à faire le mal »), un autre dans le pied (« qui t’amène dans ces lieux de débauche ») et, enfin, un dernier dans le ventre. Le cinéaste détaille alors complaisamment la peau qui se déchire et la tripaille arrachée avec des effets de maquillage proches du Grand Guignol (et, forcément, des premiers H.G. Lewis) : mal fichus mais charmants dans leur volonté de choquer à tout crin le public.

Aujourd’hui, bien sûr, MARDI GRAS MASSACRE apparaitra franchement timoré : s’il est toujours banni en Grande-Bretagne ce n’est probablement plus pour son contenu « violent » mais, sans aucun doute, en raison de sa nullité, aucun distributeur n’ayant exprimé le désir de se pencher sur son cas. La pauvreté hallucinante de la mise en scène, d’un statisme rarement vu, allié à un manque de moyens criants rendent MARDI GRAS MASSACRE très difficile à regarder, y compris par les inconditionnels du Z, lesquels seront également foudroyé par une interprétation abyssale.

Un véritable condensé d’incompétence, en outre atrocement répétitif puisque les trois cérémonies sanglantes qui ponctuent le film se déroulent exactement de la même manière. Autrement dit, toute l’intrigue aurait pu facilement être condensée sur la durée d’un court-métrage et MARDI GRAS MASSACRE se révèle donc abominablement languissant. Pour meubler le temps de projection, le cinéaste développe, mollement, une romance gnangnan entre un des détectives chargés de l’enquête et une prostituée rencontrée par hasard et qui pourrait devenir la prochaine cible du tueur.

Bercé par une musique disco funky typique de son époque, MARDI GRAS MASSACRE constitue un simple prétexte à exposer quelques anatomies féminines « naturelles » et une bonne dose de barbaque en provenance directe de l’abattoir du coin. Le reste ne vaut pas tripette. Malheureusement, le résultat est trop mauvais pour amuser et ne peut même pas être qualifié de nanar sympathique, contrairement à son inspirateur, le tout aussi risible mais nettement plus plaisant BLOOD FEAST.

Calamiteux reste donc le seul qualificatif applicable à cette production dénuée du moindre intérêt qui mérite d’être inscrite au palmarès des pires films d’horreur de tous les temps. A éviter à tout prix !

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2012