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Production allemande crapoteuse et complaisante, LA MARQUE DU DIABLE s'est bâti au fil du temps une belle réputation de classique culte. Jadis interdit par la censure puis sorti par René Château dans sa mythique collection "Les Films que vous ne verrez jamais à la télévision", LA MARQUE DU DIABLE constitue, en fait, un produit opportuniste surfant sur la mode initiée par LE GRAND INQUISITEUR, réalisé en 1968 et déjà copié par Jésus Franco avec LE TRONE DE FEU. Durant une demi-douzaine d'années, l'inquisition et le Moyen-âge permirent toutes les outrances avec, par exemples, LES DIABLES de Ken Russell, INQUISITION de Paul Naschy, LES DEMONS DU SEXE de Jésus Franco, TORTURE DUNGEON d'Andy Milligan et l'inévitable MARQUE DU DIABLE 2: LA TORTURE d'Adrian Hoven, acteur et producteur de l'original. La vague perdura jusqu'au milieu des années 70 avant de céder la place aux Nazi-porns, aux Nunsploitations, aux Women In Prison et aux Porno-péplums, des sous-genres utilisant la même fascination trouble du spectateur pour le sexe et la violence. LA MARQUE DU DIABLE raconte donc l'histoire tragique de la belle serveuse d'auberge Vanessa et du jeune noble Christian (Udo Kier, le très décadent protégé d'Andy Warhol), disciple du Grand Inquisiteur Lord Cumberland (Herber Lom, devenu célèbre par son rôle récurrent dans les séquelle de LA PANTHERE ROSE). En ces temps d'obscurantisme, la sorcellerie progresse et Lord Cumberland s'oppose à l'inquisiteur local, Albino (joué par Reggie Nalder, acteur dans L'HOMME QUI EN SAVAIT TROP d'Hitchcock, qui participa plus tard à la prestigieuse version X de DRACULA), lequel tente de violer Vanessa. Frustré par le refus de la demoiselle, le vil cureton l'accuse évidemment d'être une sorcière. Christian vient heureusement la sauver, exacerbant la colère d'Albino. Mais Lord Cumberland n'est pas aussi facilement convaincu de l'innocence de la jeune fille, qu'il soupçonne de rendre la population masculine locale impuissante par l'usage de la magie noire. D'autres personnes, suspectées de sorcellerie (souvent de jeunes femmes ayant refusé les avances de pervers hommes d'Eglise) sont alors torturées de toutes les manières possibles et imaginables. Voire inimaginables. Fers chauffés au rouge, chevalet, langues et ongles arrachés, …les demoiselles dévêtues et sexy sont soumises aux pires cruautés, afin de satisfaire le spectateur demandeur de sensations fortes. Et cette énergie exhibitionniste constitue le point fort de LA MARQUE DU DIABLE, lequel n'hésite jamais à donner au public ce qu'il attend, à savoir une suite quasi ininterrompue de tortures sexuellement orientées. Outre les demoiselles, un jeune homme, un couple et même des enfants subissent ainsi les foudres de l'Inquisition. Si l'intrigue s'avère basique (la moitié du temps de projection étant consacré aux intermèdes érotico-gore), la mise en scène est relativement soignée et l'interprétation plutôt convaincantes. Même si la plupart des participants ne sont sans doute pas fiers de leur participation à ce monument de sadisme primaire et de misogynie triomphante, ils assurent le boulot avec une véritable implication. La campagne de promotion cynique (sac à vomi distribué aux spectateurs!), l'aspect pseudo historique de l'entreprise (à l'image des Mondo Movies ou des Nazi-porn, les producteurs invoquent le devoir d'information et de mémoire pour justifier toutes les horreurs exposées!), l'anti-cléricalisme primaire et la volonté évidente d'exciter et de choquer le spectateur afin de tester les limites de sa tolérance font pourtant de LA MARQUE DU DIABLE un exemple parfait de cinéma d'exploitation. Même si le résultat se situe loin du chef d'œuvre, LA MARQUE DU DIABLE s'avère donc un incontournable du cinéma d'horreur, réminiscence d'une époque où les séries B misaient sur le sadisme sanglant pour contenter un public friand d'érotisme et de gore en se travestissant sous les oripeaux d'une œuvre historique et sérieuse. A voir pour tous les amateurs de tortures et de cruautés raffinées! |
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Fred Pizzoferrato - Mars 2007 |
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