DESIGNE POUR MOURIR
Titre: Marked for death
Réalisateur: Dwight H. Little
Interprètes: Steven Seagal

 

Basil Wallace
Keith David
Joanna Pacula
Tom Wright
Danielle Harris
Bette Ford
Année: 1990
Genre: Polar / Action
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Arrivé sur le marché des « stars du film d’action » à la fin des années ’80, Steven Seagal s’imposa rapidement auprès des amateurs de baston avec une poignée de films très efficaces et divertissants : NICO, ECHEC ET MORT, PIEGE EN HAUTE MER, JUSTICE SAUVAGE et ce DESIGNE POUR MOURIR extrêmement réjouissant. Malheureusement, la suite de sa carrière fut décevante : après un PIEGE A GRANDE VITESSE sympathique, un ULTIME DECISION dans lequel il joue les utilités sacrifiées et un TERRAIN MINE sur lequel les avis sont (hum !) partagés, Seagal sombra, comme nombre de ses confrères bagarreurs, dans les tréfonds de la série B puis du Z direct to vidéo.

Revoir DESIGNE POUR MOURIR constitue donc une belle manière de retrouver un Seagal au meilleur de sa forme. L’Homme y campe John Hatcher, un super flic qui décide de raccrocher après la mort de son partenaire au cours d’une mission à Mexico ayant mal tourné (refrain connu). Hatcher s’installe dans sa ville natale où il espère couler des jours heureux avec sa famille. Mais d’infâmes dealers jamaïcains adeptes de la magie noire se sont eux-aussi installés dans le quartier. Après avoir interféré avec leurs trafics, Hatcher se retrouve au centre d’une guerre des gangs et condamné à mort par Screwface, leader charismatique des trafiquants soupçonné de posséder des pouvoirs démoniaques.

Archétype du film d’action de son époque, DESIGNE POUR MOURIR multiplie les combats musclés, les cascades énergiques et les bons mots imparables (« l’un se croyait invincible, l’autre pensait pouvoir voler…ils avaient torts tous les deux ») sur un rythme échevelé. Très sous-estimé, le film de Dwight H. Little (précédemment réalisateur de l’efficace HALLOWEEN 4) rassemble pourtant, en moins de 90 minutes, tout le charme de la série B d’action et se permet, en outre, de proposer un méchant emblématique en la personne de Screwface, dealer jamaïcain adepte de la sorcellerie et apparemment invincible et immortel. Bien sûr sa supposée immortalité cessera après une rencontre brutale avec Mr Casseur de bras.

L’assaut de Seagal et ses amis sur le quartier général du méchant, en pleine Jamaïque et sur fond de reggae, conduit d’ailleurs à une fusillade énergique suivie d’un combat martial fort bien ficelé et chorégraphié dans une discothèque. Seagal, sabre à la main, viendra à bout de sa Némésis au terme d’une petite demi-heure d’action énergisante quasi non-stop. Un troisième acte imparable qui constitue le meilleur de la carrière d’un Saumon Agile dans une forme éblouissante. Malgré les limites de son jeu, l’Homme s’y révèle crédible et efficace, très à l’aise dans l’action et doté d’un indéniable charisme hélas perdu suite à sa dramatique prise de poids.

Dans des rôles secondaires notons la présence de Danny MACHETTE Trejo et de Danielle Harris (vue dans HALLOWEEN 4 et 5 notamment) ainsi que Joanna Pacula (THE KISS) et même le reggaeman Jimmy Cliff et son groupe.

Ramassé, nerveux, explosif, servi par une photographie classieuse et une mise en scène captant à la perfection l’action, DESIGNE POUR MOURIR constitue à n’en pas douter le film à voir et à revoir pour les admirateurs de Seagal comme pour ses détracteurs qui découvriront une série B déjantée dans laquelle il est impossible de s’ennuyer une seconde.

Dans la pléthorique filmographie de Seagal, s’il ne devait en rester qu’un, ce serait celui-là. Du bonheur !

 

Fred Pizzoferrato - Octobre 2014