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Critique: |
Ce troisième épisode de la seconde saison de MASTERS OF HORROR constitue un petit divertissement peu consistant qui se laisse voir sans déplaisir mais s'oublie rapidement. Réalisé par Ernest Dickerson (TALES FROM THE CRYPT: DEMON KNIGHT mais aussi beaucoup de séries télé) auquel on a donné un peu facilement sans doute le titre de "Maître de l'horreur", ce V WORD s'intéresse à deux adolescents férus de jeux vidéos: Justin et Kerry. Lassés de tuer des monstres sur leurs consoles, nos deux héros décident de se payer une bonne tranche de frayeurs en visitant la morgue du coin pour voir le cadavre d'un type de leur lycée, écrasé par une voiture. Un vampire ne tarde pas à les prendre en chasse et les transforme en créature de la nuit. THE V WORD s'appuie sur un scénario de Mick Garris, créateur de la série, mais parvient difficilement à maintenir l'intérêt. La première moitié de cet épisode parait longuette et les déambulations de nos deux compères dans la morgue semblent interminables, d'autant que l'humour n'est pas très original. Le reste n'est guère plus réussi et accumule les clichés sur un rythme déficient. Pour parler clairement, il ne se passe pas grand-chose durant ces 60 minutes et un format plus court aurait davantage convenu à une intrigue aussi ténue. Au niveau de l'interprétation, rien de folichon même si revoir ce bon vieux cabotin de Michael Ironside, ici en pleine auto parodie, est toujours agréable. La réalisation, elle, s'avère malheureusement sans éclat, excepté durant les quinze premières minutes où le cinéaste parvient à maintenir un certain suspense et entretient un climat relativement angoissant. Ensuite le tout verse dans le second degré et tourne rapidement à vide, le spectateur attendant patiemment la fin…très prévisible. Niveau gore, THE V WORD ne cherche pas à concurrencer les grosses pointures signées Takeshi Miike ou Dario Argento. Les séquences de morsures sont néanmoins spectaculaires et s'apparentent davantage aux arrachages de gorge vus dans les films de zombies italiens (peau et chair déchiquetées, gros bouillons d'hémoglobine) qu'aux ponctions délicates de vampires distingués. Les effets spéciaux de KNB sont, dans l'ensemble, excellents et la décapitation à la scie médicale demeure le grand moment sanglant d'un épisode sinon sans beaucoup d'éclat. La mythologie vampirique est, pour sa part, assez malmenée: les crocs sont absents mais la peur du soleil et l'allergie à l'ail sont de la partie. Bizarre. Avec ces références assumées (le "I never drink wine" de DRACULA et le "they're coming to get you Barbara" de la NUIT DES MORTS VIVANTS sont cités; le "Don't say the Z word" de SHAUN OF THE DEAD est adapté au "V Word"), cet épisode parvient néanmoins à distraire un public peu exigeant. Tout semble avoir été réalisé avec professionnalisme et application mais, hélas, sans le moindre style ni même le plus petit grain de folie. Regrettable pour un métrage basé sur une intrigue aussi faible et conventionnelle. Le clin d'œil final à BLADE remonte un peu le niveau mais, dans l'ensemble, il s'agit incontestablement d'un des titres les plus faibles de la série. Sans grand intérêt, THE V WORD peine donc à décrocher la moyenne et disparaît des mémoires sitôt le générique terminé. Un coup dans l'eau.
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Fred Pizzoferrato - Aout 2007 |
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