LE LABYRINTHE (THE MAZE RUNNER)
Titre: The Maze Runner
Réalisateur: Wes Ball
Interprètes: Dylan O'Brien

 

Aml Ameen
Ki Hong Lee
Blake Cooper
Thomas Brodie-Sangster
Will Poulter
 
Année: 2014
Genre: Science-fiction
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Nouvelle manne lucrative hollywoodienne, la littérature pour « young adults » (autrement dit celle qui vise essentiellement la tranche d’âge des 12 – 18 ans) n’en finit plus d’inspirer les producteurs. Rien d’étonnant à cela, d’une part car cette population est justement celle qui fréquente le plus les salles obscures et d’autres part car certains des plus gros succès de ces dernières années (HARRY POTTER, TWILIGHT, HUNGER GAMES, DIVERGENTE et même le HOBBIT) s’inspire de cette frange jadis méprisée de la littérature.

Malheureusement, le genre compte également de nombreux échecs et bien des franchises ne passèrent pas le cap d’un premier épisode décevant (THIS MORTAL INSTRUMENT, VAMPIRE ACADEMY ou même le plaisant SUBLIMES CRÉATURES sanctionné par un échec commercial injuste).

LE LABYRINTHE, pour sa part, fonctionne agréablement et, vu la taille réduite du roman initial, ne souffre guère de sa transposition à l’écran : excepté de menus aménagements, l’essentiel de l’intrigue et tous les rebondissements sont préservés. Les lecteurs de la tétralogie de James Dashner ne crieront pas à la trahison mais ne seront donc jamais surpris devant cette adaptation fort classique qui reprend les références déjà affichées par le bouquin (Cube, « Lost »,…) pour présenter une troupe d’adolescents masculins amnésiques isolés depuis trois ans dans un gigantesque labyrinthe aux murs mouvants. La petite communauté est divisée en castes dont la plus prestigieuses est celle des « runner » lesquels sont chargés de cartographier le dédale afin d’en trouver l’issue. L’arrivée d’un jeune homme qui se souvient d’une partie de son passé, Thomas, puis celle d’une demoiselle désignée comme « la dernière » vont modifier le fragile équilibre et conduire les prisonniers à une tentative désespérée de fuir le piège mortel où rodent de redoutables robots biomécaniques surnommés les Griffeurs.

Sans perte de temps, LE LABYRINTHE plonge le spectateur dans un monde hostile et dystopique dans lequel les protagonistes tentent de survivre avec les moyens du bord. Les relations amicales ou tendues entre les adolescents constituent ainsi le cœur du récit, heureusement nullement parasité par une quelconque romance, ici à peine esquissée. Ce recentrage sur l’action permet un rythme soutenu et le cinéaste débutant maintient adéquatement le métrage sous la barre des deux heures, multipliant les scènes d’action lorsque le héros court dans le labyrinthe afin d’échapper aux monstres arachnoïdes chargé d’empêcher toute évasion.

L’intrigue se déroule par conséquent sans temps morts mais conduit à une explication finale décevante (identique à celle du roman mais, dans ce dernier, les aspects implausibles de ce postulat passaient nettement mieux) avant un cliffhanger relativement attendu mais efficace qui promet une séquelle de plus grande ampleur.

Toutefois ces qualités ne compense pas vraiment le côté très prévisible du produit ni, surtout, son aspect très formatés avec une musique passe partout, une mise en scène professionnellement appliquée et un casting uniquement composé de « belles gueules » pour la plupart sortis de séries télévisées à succès. Dylan O’Brien (« Teen Wolf »), par exemple, n’est guère crédible en héros prenant immédiatement le sort des détenus en main et son opposition avec le « méchant » Gally reste trop classique pour emporter l’adhésion.

Le tout donne cependant un gentil petit film de science-fiction, mâtiné de mystère, qui devrait satisfaire son public cible sans le transcender. Si personne ne semble avoir pris le moindre risque, LE LABYRINTHE assure honnêtement son contrat et constitue un honnête divertissement dont le succès assure, heureusement, le tournage de la suite, attendue pour 2015.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2015