MEGA SHARK Vs GIANT OCTOPUS
Titre: Mega Shark Vs Giant Octopus
Réalisateur: Jack Perez
Interprètes: Deborah Gibson

 

Lorenzo Lamas
Vic Chao
Jonathan Nation
Mark Hengst
 
 
Année: 2009
Genre: Horreur / Sharksploitation / Culte
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Déjà précédé d’une belle réputation chez les cinéphiles déviants et autres amateurs de nanars, MEGA SHARK Vs GIANT OCTOPUS a été produit par la compagnie spécialisée The Asylum. Ayant débuté sa sinistre carrière au début des années 2000, The Asylum lança sur le marché de la vidéo des titres comme KILLERS ou SCARECROWS avant de trouver sa véritable voie en proposant des décalques de métrages nettement plus fortunés.

Au mépris de tout copyrights, The Asylum offrit donc au monde des perles comme WAR OF THE WORLDS, TRANSMORPHERS, JOURNEY TO THE CENTER OF THE EARTH ou UNIVERSAL SOLDIERS, sans oublier 666 : THE CHILD, THE DA VINCI TREASURE, PIRATES OF TREASURE ISLAND, ALLAN QUATERMAIN AND THE TEMPLE OF SKULLS, DEATH RACERS, 2012 SUPER NOVA ou encore SNAKES ON A TRAIN. D

ernièrement, la firme, sans abandonner ses pratiques antérieures, se lança également dans le “creature feature”, histoire de grappiller quelques points à ses concurrents de Sci-Fi ou Nu Image. Après le crocodile géant de SUPERCROC voici deux nouvelles créatures à ajouter au bestiaire de la compagnie : le mega(lodon) requin et la pieuvre géante.

Ces deux bestioles sont piégées dans les glaces depuis des millions d’années mais la fonte de la banquise entraîne leur libération anticipée. Un petit argument écologique, à la mode en ces temps de réchauffement climatique, qui ne coute pas cher et permet de justifier la suite du métrage, à savoir des attaques répétées commises par les deux monstres marins. Un Boeing, volant à haute altitude, est ainsi croqué par le Megalodon (si ! si !) apparemment invulnérable tandis qu’une station de forage maritime subit les assauts du monstre tentaculaire. Seule une scientifique blonde, son ancien prof d’université et un collègue japonais prennent la menace au sérieux mais, devant les preuves, même l’armée doit finalement se rendre à l’évidence et tenter de trouver une solution alors que le requin et la pieuvre deviennent les nouveaux maîtres de l’océan.

Volontairement débile, MEGA SHARK Vs GIANT OCTOPUS se positionne immédiatement comme un bon gros nanar mal torché flirtant un peu trop avec le navet pour convaincre totalement. En effet, entre les passages les plus drôles, l’ennui pointe souvent le bout de son nez et l’intrigue avance assez mollement vers sa conclusion attendue.

Heureusement, les séquences les plus absurdes tirent le spectateur de sa torpeur, en particulier la déjà mythique scène de l’avion montrant un Boeing croqué en plein vol (!!!) par le Megalodon. Une créature des plus redoutables puisqu’elle résiste à tout, même à des tirs de canon (évidemment le navire frappe en surface et même pas dans la bonne direction mais quand même !), nage à 800 km/heure (si !) et pulvérise entre ses mâchoires le Golden Gate de San Francisco.

A côté d’une telle machine à tuer, l’octopus géant ne se montre pas vraiment à la hauteur mais se permet quand même d’attaquer une station de forage pour la détruire à coup de tentacules. Pendant ce temps, les scientifiques essaient de juguler la menace : la blondasse se tape son collègue japonais après une drague expresse de 20 secondes chrono (« si nous faisions une pause ») sous l’œil bienveillant de son ancien professeur. Notre trio tente aussi de capturer les deux monstres sans les tuer (refrain connu) en usant de phéromones, ce qui permet quelques passages navrant détaillant des pseudo-expériences scientifiques accomplies avec un microscope digne du « Petit Chimiste » et une poignée d’éprouvettes contenant des liquides de différentes couleurs. Les savants s’amusent donc à mélanger du rouge avec du bleu sans que cela produise l’effet escompté. Néanmoins, la fin du métrage approchant, une réaction chimique se déclenche et chacun s’extasie devant la belle couleur fluorescente obtenue. Traduction : ça marche. Quoi ? Mystère…

Pour guider les scientifiques, nous retrouvons la blonde Deborah Gibson, ancienne chanteuse pop ayant sorti sept albums, vendus à plusieurs millions d’exemplaires. Après un dernier disque en 2001, Deborah Gibson a posé pour Playboy avant de se reconvertir piteusement dans le cinéma. Après ce MEGASHARK nous devrions la retrouver prochainement dans MEGA PYTHON VS GATOROID…comme quoi certains ont un vrai plan de carrière et d’autres persistent et signent dans la bêtise !

De son côté Lorenzo Lamas (« Le rebelle », « Falcon Crest » et des tas de séries Z allant de FINAL IMPACT à RAPTOR ISLAND), du haut de ses 50 balais, se la joue grand méchant militaire le doigt crispé sur l’arme nucléaire. Dommage que son rôle, purement anecdotique, ne permette pas d’exploiter davantage la portée nanar de Lamas qui se contente d’acquiescer à la moindre suggestion débile lancée par les savants. Un grand moment de n’importe quoi consiste, par exemple et pour des raisons assez floues, à attirer les deux animaux monstrueux dans les baies de San Francisco et de Tokyo. Une idée complètement débile qui se termine par des destructions massives et des millions de mort, à croire que nos scientifiques n’avaient jamais vu un film de GODZILLA pour suggérer une pareille absurdité.

Niveau effets spéciaux, MEGA SHARK Vs GIANT OCTOPUS se révèle un véritable désastre avec des images de synthèse atroces et des incrustations horriblement visibles. Au même niveau se situent d’ailleurs la plupart des décors, tout simplement hideux, souvent confectionnés par ordinateurs ou simplement assemblés avec un tas de matériaux de récupération. Bref, la misère totale !

Avec son casting de has been décidé à ne donner que le minimum syndical, ses décors terrassant de médiocrité, ses effets spéciaux foireux et sa mise en scène assoupie, MEGA SHARK Vs GIANT OCTOPUS ne peut compter que sur l’aspect complètement dément de son scénario pour faire passer la pilule. Heureusement, de ce coté, le spectateur ne sera pas déçu par une poignée de scènes profondément stupides mais suffisamment divertissantes et débiles pour en justifier la vision, à condition d’être dans l’état d’esprit adéquat. Bref, du gros nanar pur jus à réserver aux inconditionnels du genre, idéal pour une soirée bière et popcorn.

 

Fred Pizzoferrato - Octobre 2010