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Critique: |
Les longs métrages produits par Nu Image se suivent et se ressemblent, la firme ayant depuis longtemps constitué son fond de commerce en proposant d’innombrables séries B (ou Z) à base d’animaux géants agressifs. Après ANACONDA, KING COBRA, PYTHON, BOA et quelques autres, le bestiaire des serpents géant s’enrichit d’un nouveau spécimen, surnommé le Mega Snake. Le héros, Les, a vu enfant son père mourir d’une morsure de serpent dans une église, le paternel pensant connement que Dieu allait le protéger de la venimeuse bestiole. Evidemment, notre ami Les a grandi traumatisé par les serpents (refrain connu) et entretient une relation amoureuse conflictuelle avec la belle policière Erin. Un jour, le frère de Les, Duff, vole un serpent légendaire, l’Unteka, à Hawk, un Indien, mais ne respecte pas les règles élémentaires de sécurité : au contact du sol, le serpent a en effet la particularité de grandir à vitesse accélérée. Après avoir dévoré quelques animaux domestiques, la bête, à présent long d’une dizaine de mètres, commence à attaquer les humains. A l’instar de la plupart des productions Nu Image, MEGA SNAKE, censé se dérouler aux Etats-Unis évidemment, sera tournée en Bulgarie avec un casting d’inconnus où l’on remarque toutefois Michael Shanks, lequel a quand même plus de 200 épisodes de STARGATE (et dérivés) derrière lui. A ses côté, Siri Baruc (« Qui ? »… « Aucune idée ! ») joue la belle tout juste trentenaire en détresse. Bref, du cliché à tous les étages avec les inévitables problèmes de couple résolus devant l’adversité. Les techniciens en effets spéciaux travaillent manifestement, pour leur part, sur des logiciels pirates vieux de 10 ans. D’où des séquences sans beaucoup de punch mettant en scène le peu convaincant serpent, lesquelles privilégient toutefois, avec un certain bon sens, la suggestion en évitant de trop détaillé le reptile. Reconnaissons néanmoins que l’on a connu bien pire dans ce type de téléfilm fauché : l’animal évite donc de sombrer totalement dans le ridicule et les nombreuses scènes d’attaques demeurent correctement emballées, c’est déjà ça. Les maquillages gore, pas très nombreux, restent, eux, assez réussis mais ne suffisent pas à rendre MEGA SNAKE divertissant. Seuls deux ou trois séquences sortent ainsi du lot : dans la première, de vieux chasseurs ayant sans doute trop visionné McGyver, transforment leur voiture en un utilisant un barbecue traficoté en guise de canon lance flamme. Dans la seconde, un type costumé (le gagnant de l’émission « Qui veut être un super-héros ? ») essaie de sauver des enfants assistants à une démonstration scientifique et menacés par le reptile. Enfin, lors du final très Petit Chaperon Rouge, le héros, parfaitement immobile, se laisse dévorer par le serpent afin de le tuer de l’intérieur et de sauver sa copine, toujours vivante dans l’estomac de monstre !
Tibor Takacs, de son côté, fignole le produit sans aucun enthousiasme mais évite de sombrer dans le je m’en foutisme en adoptant un rythme soutenu et en ponctuant l’action d’un peu d’humour. Jadis remarqué par pour son très sympathique et divertissant THE GATE, suivi d’un peu passionnant mais correct LECTURES DIABOLIQUES (couronné par un aberrant Grand Prix au Festival d’Avoriaz quand même !), Takacs a ensuite largement déçu, acceptant un THE GATE 2 sans ambition ou allant se fourvoyer dans les séries télé pseudo érotiques « Red Shoes Diaries ». La suite de sa carrière comprend d’autres séries télé (« Sabrina The Teenage Witch », « The Outer Limits ») et un paquet de productions fauchées allant du direct to video ringard au téléfilm bas de gamme. Le cinéaste a d’ailleurs beaucoup sévi en proposant des films d’agressions animales (KRAKEN, RATS, ICE SPIDERS, MANSQUITO) ou des sous-produits estampillés catastrophes (en fait surtout catastrophique pour le spectateur) comme TORNADO WARNING, TORNADO TERROR ou EARTHQUAKE. Totalement englué dans les pires clichés du film d’agression animale, MEGA SNAKE peine cependant à exploiter pleinement le caractère mystique et légendaire de son serpent géant. Même les trois règles (largement inspirées de GREMLINS) seront peu détaillées, MEGA SNAKE prenant rapidement le chemin d’un très banal décalque des DENTS DE LA MER. Comme dans toutes les productions de ce style, les autorités refusent en effet de prendre au sérieux la menace, se montre sceptiques et n’envisagent même pas la possibilité d’annuler la grande fête locale annuelle (qui comme toujours et comme par hasard va avoir lieu le lendemain) au cours de laquelle le serpent vient commettre son petit carnage. Sans être réellement irregardable, MEGA SNAKE manque quand même cruellement de mordant pour satisfaire les spectateurs, y compris les moins exigeants, et ne peut être conseillé qu’aux inconditionnels des films de « grosses bestioles ».
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Fred Pizzoferrato - Janvier 2010 |
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