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Charles Band est une personnalité incontournable de la série B américaine dont les amateurs connaissent bien les diverses productions sorties sous le label Empire durant les années 80. Les métrages signés Suart Gordon (RE-ANIMATOR, DOLLS, FROM BEYOND) assurèrent en effet une renommée internationale à la petite compagnie, laquelle finit pourtant par s’écrouler à la fin des années 80. Mais Charles Band remonta rapidement une nouvelle compagnie, Full Moon, qui reprenait des recettes identiques à celles popularisées par Empire. Fort d’une équipe solide déjà rodée aux aléas de la série B et du petit budget, Full Moon lança des franchises rentables (SUBSPECIES, PUPPET MASTER, TRANCERS, PREHYSTERIA, DEMONIC TOYS…) et creusa sa modeste niche dans un marché saturé. Réalisé alors que Full Moon venait de naître, MERIDIAN constitue un des projets les plus personnels de Charles Band, lequel souhaitait depuis une dizaine d’années utiliser comme décors les jardins italiens de Bomarzo et leurs impressionnantes statues de pierre. Tourné dans un magnifique château et dans des extérieurs splendides, MERIDIAN appartient donc à une époque révolue : celle où Charles Band pouvait se permettre de dépenser un budget certes modeste mais au moins suffisant à matérialiser une intrigue relativement originale. Au scénario de MERIDIAN nous retrouvons en effet Denis Paoli, un vieux complice de Stuart Gordon pour qui il écrivit les scripts de RE-ANIMATOR, FROM BEYOND, LE PUIT ET LE PENDULE, CASTLE FREAK et DAGON. On lui doit aussi des titres plus mineurs mais sympathiques comme GHOULIES 2 et LE DENTISTE. La photographie, comme pour de nombreuses productions signées Charles Band, est pour sa part assurée par le talentueux vétéran Mac Ahlberg, réalisateur de films érotiques humoristiques durant les années 60 et 70 (dont une version de FANNY HILL et une adaptation du « Justine » du Marquis de Sade) ensuite devenu un directeur photo réputé. Au cours de sa longue carrière, Mac Alhberg passa d’ailleurs sans sourciller du HELL NIGHT de Tom DeSimone avec Linda Blair à des productions bien plus nanties comme LE FLIC DE BEVERLY HILL 3 ou le remake de OSCAR avec Stallone. On le retrouve également derrière la photographie de la plupart des productions de Charles Band et ce MERIDIAN ne fait pas exception : les images sont belles, lumineuses et travaillées, lui donnant un cachet certain et tout à fait charmant. Ted Nicolaou est, lui, un véritable homme à tout faire du cinéma de genre. On le retrouve sur MASSACRE A LA TRONCONNEUSE où il s’occupe d’enregistre le son mais aussi au scénario d’une quinzaine de perles Z comme ASSAULT OF THE KILLER BIMBOS, à la réalisation d’une vingtaine de titres dont TERROR VISION et BAD CHANNEL et au montage de nombreuses productions de Charles Band comme GHOULIES et ce MERIDIAN. L’amateur note encore la présence du décorateur Maurizio Garrone, lequel a beaucoup travaillé avec Dario Argento (INFERNO, TENEBRES, PHANTOM OF THE OPERA, SUSPIRIA, OPERA) et celle du musicien réputé Pino Donaggio.
Enfin, les maquillages sont signés Greg Cannom, un des meilleurs artistes en effets spéciaux du cinéma qui recréent ici une scène de transformation assez réussie calquée sur celle qu’il avait mise au point pour HURLEMENTS ou « La Malédiction du loup-garou ». Enfin, l’attraction principale de MERIDIAN, sur laquelle le métrage base une grande partie de sa publicité, n’est autre que la jeune et jolie Sherilyn Fenn, alors âgée de 25 ans et n’ayant pas encore atteint la notoriété via son rôle récurrent dans la série de David Lynch « Twin Peaks ». Fenn se donne complètement à son personnage et n’hésite pas à se montrer dévêtue à plusieurs reprises. Bref, MERIDIAN possède quelques arguments solides mais quel en est son intrigue, que l’on résume souvent, à tort, à un décalque érotico-horrifique du conte « La Belle et la Bête » ? La jolie Catherine revient en Italie après des études aux Etats-Unis. Elle a en effet hérité du luxueux château familial sur lequel veille Martha, sa sympathique nounou. Invitée à passer le week-end au château, l’artiste Gina arrive également sur les lieux en dépit d’un travail urgent : la restauration d’un tableau du XVème siècle à terminer pour le lundi. Catherine et Gina décident cependant de s’octroyer un petit moment de détente en assistant à une représentation donnée par des saltimbanques. Séduit par Lawrence, le meneur de la troupe, Catherine invite les forains mais ceux-ci droguent les deux jeunes femmes pour en abuser. Une mystérieuse bête, le fantôme d’une femme assassinée et la peinture sur laquelle travaille Gina livreront finalement leurs secrets… En dépit d’un point de départ assez croquignolet, MERIDIAN ne se montre pas particulièrement sexy et Charles Band évite le caractère scandaleux des accouplements entre la bête poilue et la belle demoiselle. Assez prévisible, l’intrigue semble également éprouver quelques difficultés à tenir la distance, pourtant réduite à 80 minutes. Charles Band tente en effet d’installer une atmosphère en usant de ralentis et en suivant les déambulations de Sherylin Fenn dans le décor du château. Malheureusement cette volonté d’élever le film au-dessus du tout-venant ne fonctionne que par intermittence. Si la séquence de la fête foraine s’avère efficace et celle de la soirée assez étrange, le reste de MERIDIAN peine à maintenir l’intérêt en dépit d’un scénario relativement inventif qui ménage l’une ou l’autre surprise sympathique. Le twist final se révèle, lui, assez attendu mais cette révélation n’en reste pas moins assez bien amenée. Dommage que le tout manque de souffle fantaisiste, de poésie romantique et, au choix, d’un vrai coté bestial ou d’un érotisme plus prononcé. Pauvre en passages sexy (les scènes voulues chaudes ne le sont guère) et quasiment dénué de violences et de frissons, MERIDIAN ressemble en définitive à un conte de fées destiné aux adolescents. Sans être désagréable, sa vision ne provoque guère qu’un intérêt poli et doit donc être réservée au « completistes » du fantastique de série B mais la présence dénudées des actrices, les décors gothique, la partition soignée et la fin toute mignonne sauvent les meubles et rendent l’ensemble assez divertissant. Saluons donc l’initiative d’Artus Film qui nous propose ce titre dans une édition très correcte accompagné de quelques photos et d’un petit making of d’époque. |
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Fred Pizzoferrato - Novembre 2008 |
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