MONDO CANE III
Titre: Mondo Cane Oggi: L'orrore continua
Réalisateur: Max Steel (Stelvio Massi)
Interprètes: involontaires

 

 
 
 
 
 
 
Année: 1986
Genre: Mondo Movie
Pays: Italie
Editeur  
1 /6
Critique:

MONDO CANE fut, en 1963, le premier "shockumentaire" de l'histoire du cinéma, assemblage hétéroclite de séquences authentiques, filmées de part le monde, et présentant les aspects les plus insolites de notre monde moderne. Le succès fut au rendez-vous, la chanson du générique fut même nominée pour les Oscars (!) et une séquelle suivit immédiatement, laquelle brisa le "tabou ultime" en proposant la première mort réelle vue sur un écran de cinéma, l'immolation d'un moine bouddhiste. Même si il est quasi certain aujourd'hui que cette séquence était une reconstitution, elle donna des idées à de nombreux cinéastes et, au cours des années 70, les Italiens lancèrent de nombreux "mondo movies". Si certains avaient une réelle volonté documentaire, voire éducative, la plupart jouaient simplement la carte de l'exploitation à outrance en plaquant un commentaire moralisateur et sentencieux sur des images d'atrocités variées. LES DERNIERS CRIS DE LA SAVANE, AFRICA ADDIO, THIS VIOLENT WORLD, GOODBYE UNCLE TOM, etc. débarquèrent sur les écrans mais la mode retomba rapidement.

Il fallut attendre la démocratisation de la vidéo pour voir apparaître une seconde vague de "mondo movies", beaucoup plus extrêmes et violents. Lancé par FACE A LA MORT, ces "films" consistaient uniquement en des archives de morts réelles, puisées dans le vivier des reportages, entrecoupés de scènes choc reconstituées en studio. Peu à peu, cette seconde tendance s'imposa, délaissant l'exploration du monde et les commentaires pseudo intellectuels au profit de la simple exploitation de nombreuses mises à mort. Seuls une poignée de séries gardèrent l'optique des premiers "mondo", en particulier les six SHOCKING ASIA.

Néanmoins, MONDO CANE refit surface également, au milieu des années 80, d'abord avec ce troisième volet puis avec une autre séquelle réalisée par la même équipe sous le titre de MONDO CANE 2000. Deux autres prétendues "séquelles" façonnées par des producteurs allemands ayant également récupéré les droits de FACE A LA MORT suivirent enfin durant les années 90 sous les titres de MONDO CANE IV et MONDO CANE 5. En tout il y a donc au moins six métrages reliés à cette série, sans compter les autres mondo réalisés par Jacopetti dans les années 60, comme WOMEN OF THE WORLD qui sont plus ou moins inclus dans la série "officielle".

Ce troisième volet possède toujours un commentaire hypocrite, largement orienté et sans la moindre réflexion authentique sur les images proposées. Lesquelles vont de passages sans intérêt, déjà vus et revus bien trop souvent (des colonies de nudistes, c'est encore choquant?) aux habituelles et toujours révoltantes séquences de cruautés envers les animaux.

Accidents et autres violences sont également de la partie, pour le plaisir des spectateurs voyeurs un peu pervers jusqu'à la très classique (et insupportable) scène de changement de sexe. Une idée reprise au pseudo documentaire LET ME DIE A WOMAN et qui devint, dans les années 80, une constante du cinéma mondo.

En résumé, MONDO CANE 3 se différencie totalement des deux premiers épisodes (bien plus respectables, documentés et intéressants) pour proposer un spectacle navrant, semblable à une promenade sur l'autoroute après un énorme crash. Il traduit ainsi l'évolution, en deux décennies, du genre, lequel est passé d'un aspect documentaire certes brutal mais motivé par une certaine légitimité à un simple étalage d'atrocités gratuites, parfois truquées mais souvent - hélas - horriblement réelles.

A éviter!

Fred Pizzoferrato - Juin 2007