CEREMONIE MORTELLE
Titre: Mortuary
Réalisateur: Howard Avedis
Interprètes: Mary Beth McDonough

 

Lynda Day George
David Wallace
Christopher George
Bill Paxton
Curt Ayers
Bill Conklin
Année: 1983
Genre: Slasher
Pays: USA
Editeur
Critique:

Emballé sous une jaquette trompeuse qui laisse croire à un film de morts vivants (un visuel à côté de la plaque avec une main sortant d’une tombe !), MORTUARY constitue, en réalité, un slasher routinier, nouvel exemple de psychokiller peu inspiré tourné à une époque où ce genre de production sortait à tour de bras et échouait généralement sur les étagères des vidéoclubs.

L’intrigue est typique de son temps et franchement simple, voire carrément simpliste : depuis l’assassinat de son paternel par un inconnu, Christie (Mary Beth McDonough à l’époque très connue aux Etats-Unis pour son rôle récurent dans la série télé « Les Walton ») souffre de cauchemars et de somnambulisme aggravé par la présence, dans son entourage, d’un homme masqué qui l’assaille à plusieurs reprises. Evidemment personne, pas même maman (Lynda Day George), ne la croit au point que Christie la soupçonne de vouloir la conduire à la folie. La seule personne qui s’intéresse à elle (en plus de son fade petit ami) est un geek amateur de musique classique, Paul (le débutant Bill Paxton), accessoirement apprenti croque-mort au funérarium local.

Malgré quelques idées intéressantes, MORTUARY se révèle peu passionnant. Le principal problème du film réside dans son intrigue qui progresse de façon erratique : les événements surviennent non pas de manière logique mais uniquement afin de relancer l’intérêt défaillant du spectateur. Ainsi l’électricité de la maison fluctue à plusieurs reprises, ce qui génère un certain malaise et un sentiment d’angoisse, un des personnages suggérant d’ailleurs une hantise. En réalité cette piste ne mène nulle part: pas de spectre mais un simple dysfonctionnement fort à propos.

Une autre sous-intrigue traite de satanisme et de messes noires, un thème classique déjà bien illustré par le cinéma d’épouvante des années ’70. Pourtant, à mi-parcours, cette partie du récit perd tout intérêt aux yeux du scénariste…il s’agissait, apparemment, d’innocentes tentatives pour contacter l’esprit du père décédé. Selon certaines sources, le budget ayant été largement revu à la baisse, l’équipe a sabré dans le matériel et des scènes voulues plus spectaculaires et plus orientées vers le fantastique ne furent jamais tournées. D’où une certaine impression de confusion et de brouillon qui confère cependant à MORTUARY un semblant de personnalité et le distingue un tant soit peu de la masse des imitateurs de Jason.

De la même manière, certains protagonistes cachent des informations essentielles jusque dans le dernier acte alors qu’ils n’ont strictement aucune raison de procéder ainsi. Un procédé qui permet simplement quelques twists mal amenés. En dépit d’une originalité relative, les scènes attendues sont bien présentes, notamment l’inévitable passage disco dans une salle de patinage où tout le monde a ses rollers aux pieds. Par contre le body count est incroyablement faible (5 morts c’est très peu dans un slasher des 80’s), le sang peu présent et la nudité rare. Décevant !

MORTUARY est également notable pour avoir été le dernier film de Christopher George, vétéran du bis vu, entre autre, dans FRAYEURS, THE EXTERMINATOR, GRADUATION DAY et SADIQUE A LA TRONCONNEUSE. Comme souvent, il joue aux côtés de son épouse, Lynda Day George, actrice de télévision ayant également commis quelques incursions dans l’horreur à petit budget (DAY OF THE ANIMALS, LES FORCES DE L’AU-DELA). Linéaire et prévisible (l’identité et les motivations de l’assassin sont transparentes), le film tente dans son dernier acte une approche plus « psychologique » et quelques touches malsaines (dans l’esprit de MANIAC ou PYROMANIAC) avant un final grand-guignolesque acceptable mais décalqué du nettement plus efficace HAPPY BIRTHDAY TO ME.

En résumé, une oeuvrette pas spécialement désagréable mais quelconque à réserver aux seuls inconditionnels mais un poil au-dessus de titres similaires comme GRADUATION DAY ou FINAL EXAM.

Fred Pizzoferrato - Janvier 2016