LA MALEDICTION DES PHARAONS
Titre: The Mummy
Réalisateur: Terence Fisher
Interprètes: Peter Cushing

 

Christopher Lee
Yvonnes Furneau
Eddie Byrne
Felix Aylmer
 
 
Année: 1959
Genre: Fantastique / Epouvante
Pays: Grande Bretagne
Editeur  
5 /6
Critique:

Après le succès des remakes modernes des DRACULA et FRANKENSTEIN de la Universal, le choix de LA MOMIE comme véhicule horrifique pour l'équipe gagnante Terence Fisher, Peter Cushing, Christopher Lee et Jimmy Sangster (le scénariste prodige) semblait évident. La Hammer s'atèle donc à cette nouvelle actualisation du mythe mais n'hésite pas à piocher dans les cinq métrages de la Universal pour rédiger ce nouveau scénario. Lequel est assez convenu, défaut principaux de la plupart des films de momies, mais néanmoins passionnant.

L'archéologue Stephen Banning, son frère Joseph et son fils John, découvre la tombe d'une princesse égyptienne, Ananka. Malgré l'avertissement lancé par un certain Akhim, Stephen ne prend pas au sérieux la malédiction pesant sur la tombe d'Ananka. Il y entre en compagnie de son frère et tombe sur la momie de la jeune femme, ainsi que sa fortune et un parchemin révélant le secret de la vie ("itself!"). Joseph part avertir John, resté en arrière suite à une jambe cassée, mais il entend aussitôt des cris de terreur. En revenant, Joseph découvre son frère devenu pratiquement fou. Il faudra trois ans à Stephen pour sortir de cet état de choc et révéler à son fils la vérité: après avoir lu le parchemin sacré, il fut attaqué par une momie revenue à la vie! Bien sûr, John ne croit pas au récit de son père. Pendant ce temps, un étranger, Akhim, fait venir d'Egypte des anciennes reliques qui sont, malheureusement, perdues par la maladresse des convoyeurs. Mais Akhim ne s'en formalise pas et reste stoïque devant les questions de la police. Et, à la nuit tombée, il récite les incantations du fameux parchemin, provoquant la résurrection d'une relique perdue dans les marécages: une momie, celle du Grand Prêtre Kharis! Akhim lui ordonne alors de tuer les profanateurs de la sépulture de la princesse Ananka, son ancien amour. Or, Isabelle, la femme de John Banning ressemble étrangement à la défunte égyptienne. Kharis et Banning vont donc devoir s'affronter.

Très classique dans son déroulement, LA MALEDICTION DES PHARAONS reprend les éléments principaux des anciens classique de la Universal (LA MOMIE et ses quatre suites: THE MUMMY's HAND, THE MUMMY's TOMB, THE MUMMY's GHOST et THE MUMMY's CURSE) pour parvenir à une décoction aussi savoureuse que prévisible. Jimmy Sangster propose un scénario fort bien huilé, dans lequel chaque élément semble à sa place, où les scènes s'enchaînent logiquement et sans incohérence flagrante.

La mise en scène de Terence Fisher, aidé par un Technicolor aux couleurs chaudes et aux tons saturés, contribue également à la réussite de cette MALEDICTION DES PHARAONS, au rythme enlevé et sans temps morts. Comme la plupart des classiques de la Hammer, le film s'appuie largement sur le duo des 2 stars, Cushing et Lee. Le premier possède sa classe coutumière, le second s'avère menaçant et parvient à se montrer effrayant par le seul biais de sa gestuelle et d'un regard inquisiteur.

En dépit de son âge avancé, LA MALEDICTION DES PHARAONS demeure probablement le meilleur film de momie jamais tourné. Un vrai classique intemporel et une des plus éclatantes réussites de la Hammer et de Terence Fisher!

Fred Pizzoferrato - Juin 2007