|
|




Critique: |
Réalisé par la Paramount à une époque que l’on associe trop souvent uniquement aux productions de la Universal (dite de « l’âge d’or), MURDERS IN THE ZOO s’avère un agréable mélange d’enquête policière, d’épouvante et de comédie. Avec une durée réduite à une petite heure, MURDERS IN THE ZOO ne perd guère de temps en inutiles digressions et emmène immédiatement le spectateur dans la jungle indochinoise. Le biologiste Eric Gorman, parti à la chasse aux fauves, se venge de l’amant de sa femme, Katherine, en lui cousant les lèvres avant de l’abandonner à son sort. Sur le chemin du retour, Katherine se console rapidement de la disparition de son soupirant en flirtant ouvertement avec un de ses amis, nommé Roger Hewitt. Pendant ce temps, le directeur d’un zoo, le Professeur Evans, tente de redonner du tonus à son établissement en engageant un ancien journaliste alcoolique, Peter Yates, afin que celui-ci concocte une nouvelle campagne publicitaire. Eric Gorman, fou de jalousie, décide finalement de supprimer ses rivaux et ennemis en utilisant les dangereux animaux vivant dans le zoo, que ce soit des mambas, des lions ou encore des crocodiles. Dominé par l’interprétation réjouissante de Lionel Atwill, MURDERS IN THE ZOO fonctionne sur un scénario bien mené et relativement original, surtout pour l’époque de son tournage. Lionel Atwill, précédemment vu dans quelques petites réussites (THE VAMPIRE BATS, MURDERS IN THE WAX MUSEUM) assure l’essentiel du spectacle et s’octroie de savoureux dialogues (« j’aime les animaux dans leur simplicité. Ils aiment, ils détestent, ils tuent »). Le générique place cependant en tête d’affiche Charles Ruggles, lequel fournit l’argument comique pas vraiment nécessaire mais agréable et, surtout, moins pesant que de coutume. Enfin, l’immense acteur de western Randolph Scott trouve, à trente cinq ans, un rôle important, celui du valeureux héros menacé par les machinations d’Atwill. Le film ayant été tourné avant l’application du fameux Code Hays, il se permet quelques frivolités ensuite bannies des écrans, comme une séduisante et volage demoiselle, ainsi qu’une poignée de meurtres astucieux. Le climax, pour sa part, s’avère réussi même si on peut regretter une certaine précipitation alors que les animaux échappés pouvaient offrir d’intéressantes séquences, anticipant sur des titres largement ultérieurs comme par exemple WILD BEASTS. La fin inévitable de Lionel Atwill parait, elle aussi, peu crédible mais demeure plaisante et permet de voir en action un redoutable boa constricteur.
Petite production oubliée, MURDERS IN THE ZOO (« un film injustement méconnu » selon Phil Hardy – Auruum Encyclopedia : Horror) se révèle fort agréable à suivre et mérite la redécouverte par les amateurs de récits policiers teintés d’épouvante et d’un humour noir bienvenu. Très sympathique.
|
|
Fred Pizzoferrato - Juin 2011 |
|