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Réalisé au milieu des années ’30 et parfois classifié comme un « film d’épouvante », LE MYSTERIEUX Mr WONG appartient surtout à cette vague, fructueuse durant l’entre deux Guerres, de métrage destinés à alerter les Américains contre le Péril Jaune naissant. Un diabolique chef de la pègre chinoise, Mr Wong, tente de réunir les légendaires douze pièces d’or ayant jadis appartenus à Confucius et qui apportent, parait-il, la richesse et la puissance à leur possesseur. Le journaliste Jason Barton croise le chemin du Chinois et aura fort à faire pour rester en vie…
Devenu star suite au triomphe de DRACULA, Bela Lugosi se trouve, déjà en 1934, sur une pente descendante qui explique sa participation, probablement purement mercantile, à cette pathétique série B. Dans le rôle d’un Chinois avide de pouvoir, l’acteur, grimé piteusement, ne se départit même pas de son accent hongrois incongru mais garde par contre les yeux plissés pour tenter de donner le change. Peine perdue, Lugosi ne parvient jamais à rendre crédible cet ersatz de Fu Manchu réduit à élaborer de bien minables plans de conquêtes dans des décors minimalistes. Peu réputée pour les moyens investis dans ses productions, la Monogram se montre, en effet, plus pingre que jamais et limite au maximum la dépense, donnant au métrage un côté fauché exaspérant. Une consigne d’économie sans doute également suivie par le réalisateur William Nigh, lequel explose les limites de la paresse en se contentant de poser sa caméra et d’enregistrer mollement « l’action ». Aucune tentative de mise en scène, aucune innovation, aucun élément visant à donner ne serait ce qu’un semblant de rythme à ce MYSTERIEUX Mr WONG ne seront tenté par Nigh, lequel dirigea pourtant plus de 120 films en trente-cinq ans de carrière, dont plusieurs épisodes d’une saga (sans lien avec le titre qui nous occupe) dans lequel Boris Karloff incarne un autre Mr Wong.
Suggérée par une nouvelle de Harry Stephen Keeler, l’intrigue, pour sa part, se limite à une succession de rebondissements sans imagination qui essayent, dans leurs meilleurs moments, de singer le serial alors en vogue. Confiné sur une petite heure (ce qui est bien suffisant !), le scénario ne se développe jamais et s’attarde longuement sur des séquences insignifiantes en éludant, par contre, d’autres aspects plus intéressants. Ponctué de passages humoristiques (le plus souvent involontairement) et d’une attitude méprisante envers les Orientaux (comme en témoigne la pénible scène située dans un restaurant de Chinatown), LE MYSTERIEUX Mr WONG file droit vers un final bâclé rendu possible par l’irruption inopinée des « gentils », lesquels débusquent l’infâme Wong suite à un concours de circonstances aberrant et, on l’espère, volontairement stupide. Très plat, LE MYSTERIEUX Mr WONG s’adresse essentiellement aux inconditionnels de Bela Lugosi, lesquels seront ravis de le retrouver dans une interprétation très cabotine et ridicule mais, parfois, amusante. Il s’agit probablement là du seul intérêt de ce métrage de série…
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Fred Pizzoferrato - Juin 2011 |
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