NANA, POUPEE D'AMOUR
Titre: Nana
Réalisateur: Mac Ahlberg
Interprètes: Anna Gaël

 

Gillian Hills
Lars Lunøe
Keve Hjelm
Gérard Berner
Rikki Septimus
Hans Ernback
Année: 1970
Genre: Drame érotique
Pays: Suède / France
Editeur Bach Films
Critique:

Comme la plupart des produits érotiques signés Mac Ahlberg, NANA POUPEE D’AMOUR trouve son inspiration dans un classique littéraire, ici le roman homonyme de Zola transposé à l’époque (alors) contemporaine.

L’intrigue suit donc les pas de la belle Nana, une chanteuse séduisante décidée à gravir rapidement les marches de la célébrité. Très vite, la jeune femme tombe (de manière consentie) sous la coupe de quelques personnalités importantes du milieu musical. Jouant avec les hommes, Nana devient rapidement une star et, sa carrière lancée, se maintient au sommet en multipliant les aventures amoureuses auprès des nantis susceptibles de favoriser son succès. Elle jette ainsi son dévolu sur un politicien, le comte Haupt, qui tombe amoureux d’elle.

En suivant les pas de cette intrigante arriviste dénuée du moindre scrupule, Mac Ahlberg modernise la vie de la courtisane imaginée par Zola et livre une critique assez virulente d’un impitoyable monde du spectacle gouverné par l’argent, le sexe et les faux-semblants. L’aspect érotique passe donc au second plan même si le cinéaste ne se prive pas de dévoiler, à de nombreuses reprises, les charmes d’Anne Gael (DRACULA PÈRE ET FILS). La Française incarne le rôle-titre aux côtés de Gillian Hills (DEMONS OF THE MIND) avec laquelle notre Nana goûte aux amours féminines.

Comme souvent avec le cinéaste, l’érotisme devient presque accessoire, aussi présent soit-il, et NANA POUPEE D’AMOUR se montre certainement plus proche du drame (quasiment psychologique) que d’un banal « film rose » du samedi soir. Les passages sexy sont toutefois nombreux et Mac Ahlberg propose même un peu de hardcore à mi-parcours (quelques plans très brefs et pudibonds mais surprenants pour un film de 1970).

La bande sonore portée sur le psychédélisme (une caractérise courante des métrages signés Mac Ahlberg) fonctionne de belle manière et confère un côté tribal hypnotique à certains passages même si on peut regretter que certains numéros musicaux ralentissent le rythme général.

Agréable à l’œil et doté d’une mise en scène classieuse ne se privant pas d’user d’effets visuels chatoyant (le lit tournoyant reflété par un miroir) et d’une photographie de qualité, NANA POUPEE D’AMOUR constitue donc une charmante curiosité à redécouvrir pour les amateurs d’érotisme nostalgique.

Fred Pizzoferrato - Avril 2015