NIKOS THE IMPALER
Titre: Violent Shit 4 - Nikos
Réalisateur: Andreas Schnaas
Interprètes: Joe Zaso

 

Felissa Rose
Andreas Schnaas
Antonio Tomahawk
Debbie Rochon
Darian Caine
Lloyd Kaufman
 
Année: 2003
Genre: slasher / gore
Pays:  
Editeur  
Critique:

Les Allemands sont décidément les nouveaux rois du splatter et NIKOS vient confirmer leur suprématie sur un genre aujourd'hui délaissé par les Américains et surtout les Italiens, maîtres de la barbaque au début des années 80.

Le maléfique tyran romain Nikos, surnommé L'Empaleur, était un monstre de cruauté n'ayant rien à envier au célèbre Vlad Tepes, dit Dracula. Comme bien d'autre, il finit assassiner par son peuple qui, un jour, s'est révolté. Aujourd'hui, à New York, une exposition se propose de raconter son histoire. Un professeur d'université invite ses élèves à s'y rendre et, le jour de la première, un bandit blessé par inadvertance répand son sang sur le masque de Nikos. Il n'en faut pas plus pour ramener à la vie le maléfique Empaleur.

NIKOS THE IMPALER bénéficie des qualités habituelles de ce type de film (ça gicle quasiment tout le temps) et de ses défauts (dès que ça ne gicle plus ça n'a aucun intérêt). Le métrage s'apparente vraiment à une certaine pornographie de la violence (aucune intention péjorative ici!) à savoir qu'il se contente de relier un maximum de scènes sanglantes sur une intrigue aussi inconsistante que celle d'un porno du samedi soir.

Durant la première heure, Andreas Schnass enferme ses protagonistes dans un lieu clos, à savoir le musée, où Nikos va pouvoir exercer ses talents meurtriers. Nous avons dès lors droit à un slasher sympathique, dans la grande tradition du genre, qui ne recule devant aucun cliché pour amuser la galerie. Les personnages d'adolescents, tous foncièrement inintéressants, se résument aux habituels dragueurs, blagueurs et autres demoiselles au look de première de classe. Mais, contrairement à ses homologues américains volontiers moralisateurs, Nikos ne fait pas le détail et massacre joyeusement tout ce qui lui tombe sous l'épée.

Dans sa seconde partie, Schnass déplace l'intrigue au cœur de New York et multiplie les séquences sanglantes ponctuées d'un humour joyeusement référentiel, d'apparitions de guest-star comme Debbie Rochon ou Lloyd Kaufman (patron de Troma) et d'un intermède sexy aussi chaud qu'inutile où Darian Caine, égérie de Seduction Cinema (LORD OF THE STRING, SEXY SIXTH SENSE, SPIDERBABE, que du chef d'œuvre de cinémathèque!) prend une loooooooongue douche avant de finir écrabouillée par notre tueur masqué.

Les acteurs sont, dans l'ensemble, assez mauvais, même si Felissa Rose, célèbre pour son rôle culte d'Angela dans le slasher MEURTRE AU CAMP D'ETE, s'avère un tant soit peu plus professionnelle que le reste du casting. Certains effets visuels sont, également, d'une pauvreté dignes d'un bis hongkongais des années 80 mais les maquillages gore, pour leur part, se révèlent étonnamment réussis dans un registre à l'ancienne bien gluant et réjouissant.

Dommage que le scénario soit vraiment trop médiocre et que la musique utilisée (un pseudo métal pompant parfois Rammstein ou un score plus techno électronique tout aussi cheap, une fois encore le tout fait très bande son de film de cul) s'avère franchement crispante. Le final, complètement zarbi, voit l'arrivée d'Hitler, d'une fraulein en chaleur, d'une clone sexy d'Elvira et de deux ninjas, venus prêter main forte à Nikos afin de dominer le monde. Pas vraiment convaincant mais tout ça réussit quand même à provoquer l'un ou l'autre sourire.

En définitive, NIKOS s'avère assez inégal et, en dehors des passages gore (nombreux et bien saignants), le métrage ne parvient pas réellement à intéresser le public. Mais avec son générique final utilisant une chanson parodiant Manowar ou Rhapsody ("Nikos…The…Imp…A…ler!") et ses nombreux clins d'œil il est difficile de dire du mal d'un titre tel que NIKOS. Même si il est assez mal fichu et parfois ennuyeux il s'en dégage suffisamment de bonne humeur et d'authentique amour du genre pour que le spectateur soit finalement indulgent et finisse la projection avec un sourire relativement satisfait.

Fred Pizzoferrato - Février 2008