NOT OF THIS EARTH
Titre: Not of this earth
Réalisateur: Roger Corman
Interprètes: Paul Birch

 

Beverly Garland
Morgan Jones
William Roerick
Jonathan Haze
Dick Miller
 
Année: 1957
Genre: Science-fiction / Horreur
Pays: USA
Editeur Artus Films
Critique:

Suite à une guerre nucléaire généralisée, la planète Davanna est à l’agonie. Pour éviter la complète extinction, les habitants de ce monde dévasté projettent de se régénérer à l’aide de sang humain. Un émissaire de Davanna atterrit donc en Californie et assume l’identité d’un homme, Paul Johnson. Usant de ses pouvoirs hypnotiques il soumet divers personnes à sa volonté et utilise un médecin afin de découvrir un remède au mal dont souffre sa race. Mais une infirmière, Nadine, soupçonne la nature extraterrestre de Johnson…

Tourné sur une dizaine de jours et pour un budget inférieur à 100 000 dollars (ce qui, même en 1957, ne représentait pas grand-chose), NOT OF THIS EARTH s’est, au fil du temps, imposé comme un petit classique de la science-fiction horrifique. Roger Corman lui-même en fut suffisamment fier pour en proposer pas moins de deux remakes. Le premier (LE VAMPIRE DE L’ESPACE) donnait, en 1988, la vedette à une Tracy Lord tout juste sortie de sa carrière X et le second, en 1995, offrait le premier rôle à Michael York.

L’intrigue, traditionnelle, envoie sur Terre le représentant d’une planète mourante dans l’espoir de découvrir un remède à cette extinction programmée. Ayant besoin de sang, l’alien, qui apparaît aussi pitoyable qu’effrayant, est identifié, plus ou moins ouvertement, à un vampire. En rusé producteur, Corman souhaitait manifestement synthétiser le « film de vampire » et le « film d’invasion extraterrestre ». Malgré un budget minimal et un scénario conventionnel, le brave Roger tire son épingle du jeu grâce à des personnages (y compris le visiteur d’un autre monde) plus développés que de coutume et interprétés de manière crédible. La mise en scène s’avère, elle, relativement efficace et comporte même l’une ou l’autre scène mémorable, en particulier un crane broyé par une créature monstrueuse.

Ramassé sur 67 minutes, NOT OF THIS EARTH adopte en outre un rythme soutenu et ne laisse guère le temps au spectateur de s’ennuyer. Classiquement, le dernier plan laisse la porte ouverte à une éventuelle suite et conclut cette histoire de manière menaçante, laissant entendre que la menace est loin d’être écartée.

Ayant plutôt bien supporté les outrages du temps (du moins en comparaison de la majorité de micro budgets science-fictionnels de la même époque), NOT OF THIS EARTH constitue, en résumé, une péloche plaisante, à savourer avec une évidente nostalgie sans en attendre autre chose qu’une bonne heure de divertissement.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2012