LES NOVICES LIBERTINES
Titre: La vera storia della monaca di Monza
Réalisateur: Bruno Mattei & Claudio Fragasso
Interprètes: Zora Kerova
Mario Cutini
Paola Corazzi
Tom Felleghy
Franco Garofalo
Annie Carol Edel
Paola Montenero
Année: 1980
Genre: Nunsploitation
Pays: Italie / France
Editeur
Critique:

Tourné au tout début des années 80 par les duettistes Mattei et Fragasso à la même époque que le similaire (et réussi) L’AUTRE ENFER, cette petite nunsploitation se révèle une des meilleures œuvres d’un Mattei inspiré….et pour une fois pas seulement par ses confrères !

L’intrigue reprend des éléments d’un fait divers authentique survenu à Monza (en Italie) au début du XVIIème siècle. Raconté une première fois par le romancier Alessandro Manzoni en 1821 dans son roman « Les fiancés », l’affaire servit de base à une demi-douzaine de nunsploitations italiennes. Mattei et son comparse en propose ici leur propre version et suivent la destinée de Sœur Virginie de Leyva, vendue par son père à un couvent, situé à Monza, dont elle devient rapidement la dirigeante. Evidemment, dans ce cloître règne la débauche, surtout grâce au prêtre corrompu Don Arrigone et à son ami Osio qui organise des orgies en compagnies de nos bonnes sœurs. Mais Virginie tombe enceinte des œuvres d’Osio et l’inquisition menace…

Notre religieuse est campée avec beaucoup de conviction par Zora Kerova (CANNIBAL FEROX) et la mise en scène de Mattei est ici sans reproche, aidé par une photographie bleutée très italienne mais tout à fait réussie. L’équilibre entre le côté sérieux de l’entreprise et ses aspects érotiques, assortis d’un climat quelque peu gothique et fantastique (la scène du cauchemar un peu hors sujet mais néanmoins efficace) s’avère adroitement négocié et la musique fonctionne de belle manière.

Les quelques emprunts effectués (provenant de LA BETE) ne gênent guère un métrage maitrisé qui se termine par une conclusion mélancolique du plus bel effet. Moins outrancier que la plupart des films de Mattei, moins putassiers que les productions similaires signées Joe d’Amato, LES NOVICES LIBERTINES constituent donc une bonne surprise tant pour les amateurs que pour les détracteurs du cinéaste. Un bon film, tout simplement.

Fred Pizzoferrato - Août 2016