MASSACRE DANS LA VALLEE DES DINOSAURES
Titre: Nudo e Selvagio / Nude and Salvage / Massacre in Dinosaurs Valley / Stranded In Dinosaur Valley / Prisonnières de la Vallée des Dinosaures / Cannibal Ferox 2
Réalisateur: Michele Massimo Tarantini
Interprètes: Michael Sopkiw

 

Suzane Carvalho
Milton Morris
Martha Anderson
Gloria Cristal
 
 
Année: 1985
Genre: Aventures / Horreur / Cannibales / Gore
Pays: Italie
Editeur Neo Publishing
4 /6
Critique:

MASSACRE DANS LA VALLEE DES DINOSAURES est un des derniers représentants du "film d'aventures chez les cannibales" à l'italienne. Il s'éloigne donc des "classiques" du genre (comme CANNIBAL FEROX et CANNIBAL HOLOCAUST) pour se rapprocher d'un film de jungle à l'ancienne, avec davantage de sexe et de sang, à l'image de AMAZONIA L'ESCLAVE BLONDE, de AMAZONIA - CUT AND RUN ou encore de TREASURE OF THE AMAZON. Sans parvenir à la réussite du sous-estimé MONTAGNE DU DIEU CANNIBALE de Sergio Martino, véritable initiateur de cette fusion aventures / érotisme / gore, l'œuvre de Tarentini mérite pourtant le détour.

Lors de sa première exploitation, en salle, le film portait le titre de PRISONNIERES DE LA VALLEE DES DINOSAURES et bénéficiait d'une belle affiche mettant en avant l'aspect érotique du métrage avec son héroïne seins nus en minishort attachée à un poteau de tortures. Aujourd'hui le côté gore semble davantage motiver Neo Publishing, d'où un retitrage un peu opportuniste (mais traduit littéralement de l'anglais) et une jaquette jouant la carte de l'excès. Quoique l'on puisse penser de ce petit tour de passe-passe, le film de Tarantini méritait bien de rejoindre la prestigieuse (!) anthologie cannibale des passionnés de Neo Publishing.

L'intrigue est particulièrement conventionnelle mais elle a au moins le mérite de ne pas laisser souffler le spectateur, le plongeant d'emblée dans un récit d'aventures qui rappelle les romans pour adolescents style Bob Morane ou Allan Quatermain. Nous y trouvons un baroudeur de la jungle, beau gosse mal rasé plutôt macho mais au grand cœur nommé Kevin, un professeur de paléontologie - Ibanez - à la recherche de la mythique vallée des dinosaures et sa jolie fille appelée Eva. Tout ce petit monde se retrouve dans un hôtel et Kevin surgit dans la chambre du professeur, surprenant au passage Eva prenant sa douche. Notre héros demande alors au Professeur Ibanez de l'accompagner dans sa recherche de la vallée des dinosaures et, après quelques tergiversations, celui-ci accepte. Ils sont accompagnés par deux top modèles délurées (dont une qui s'offre immédiatement à Kevin!) et leur photographe, un ancien du Viêt-Nam parano et dérangé (pléonasme!), sa femme sexuellement frustrée, et un pilote d'avion, français et alcoolique (si c'est pas malheureux!).

Malheureusement, l'avion s'écrase lors d'une séquence très amusante et absolument pas crédible qui donne l'impression que le maquettiste a simplement coupé le fil de son joujou. Le professeur et une des bimbos meurent dans l'accident et les survivants s'organisent sous la conduite de l'ex-marine. Ils vont tenter de rejoindre la civilisation en échappant aux piranhas, sangsues, cannibales et trafiquants d'émeraudes locaux. Comme le dit la jaquette "tous n'y survivront pas". Le film se divise grosso modo en deux parties distinctes et les cannibales promis n'interviennent que dans la première; dans la seconde moitié du film les méchants trafiquants de pierres précieuses s'octroient la vedette. De manière prévisible seul notre héros, Eva et une des top-modèles survivent jusqu'à cette seconde partie. Les demoiselles sont évidemment soumises à rudes épreuves: d'abord dénudées par les cannibales pour l'inévitable sacrifice, elles tombent ensuite dans les griffes du chef des bandits, permettant ainsi deux viols (l'un hétérosexuel et l'autre homosexuel) successifs.

Si on reconnaît un bon film d'exploitation à sa générosité, alors celui-ci en est certainement un: le cinéaste s'autorise toute les facilités pour plaire au public. Et il y parvient haut la main. Tarentini ayant beaucoup œuvré dans le soft-porn, son MASSACRE DANS LA VALLEE DES DINOSAURES se permet un érotisme gratuit et joyeux, jamais malsain. Il ne perd par exemple aucune occasion de placer sa caméra de façon à filmer les petites culottes de ses actrices, lesquelles tombent régulièrement le haut. Faut les comprendre, dans la jungle, il fait chaud! D'où une profusion de "plan nichons", ceux ayant justement assuré la réputation des réalisateurs bis italiens.

Outre l'érotisme, l'action est bien présente et souvent trépidante malgré un budget restreint. Les effets gore, eux, sont relativement nombreux et réussis même si ils ne versent pas dans les excès vomitifs prisés par Deodato et Lenzi. On ne note, par exemple, aucune tuerie d'animaux non simulées, ce qui, dans le genre, relève de l'exploit! Dommage que les acteurs soient plutôt mauvais, à l'exception de Michael Sopkiw qui effectue un boulot honorable dans son rôle d'Indiana Jones à la petite semaine. Familier du bis, Sopkiw a été vu précédemment en clone de Rambo dans BLASTFIGHTER et en simili-Mad Max dans 2019 APRES LA CHUTE DE NEW YORK et il assure ici le travail avec une conviction souriante. Certes il ne joue pas très bien mais, au moins, il paraît s'amuser et se trouver là pour autre chose que le cachet. Pour coucher avec des jolies filles dans un cadre paradisiaque, alors? Peut-être…

Le reste de la distribution n'est pas à ce niveau mais les filles sont indubitablement jolies et ne se privent pas de le montrer. Ce sont toutes des familières du cinéma Z: Uschi Glass a joué dans LE TUEUR A L'ORCHIDEE et Olivia Hussey était une des TRAQUEES DE L'AN 2000. Leur talent d'actrice étant inversement proportionnelle à leur beauté, c'est peu dire qu'elles jouent mal…mais ce n'est pas le plus important!

En dépit d'un scénario classique, bourré d'invraisemblances et fort prévisible, MASSACRE DANS LA VALLEE DES DINOSAURES maintient l'intérêt du spectateur. Le décor des jungles brésiliennes s'avère bien utilisé et la photographie soignée donne à l'ensemble un certain cachet. L'une ou l'autre touche d'humour (volontaire ou non) confèrent en outre un petit côté décalé, à la limite de la parodie parfois, à cette production enthousiaste. E

n résumé, MASSACRE DANS LA VALLEE DES DINOSAURES constitue le parfait exemple de divertissement bis jamais ennuyeux et en définitive bien sympathique, l'assurance d'une bonne soirée pour les amateurs de petits films amoureusement mitonnés!

Fred Pizzoferrato - Juin 2007