NUE POUR SATAN
Titre: Nuda per Satana / Nude For Satan
Réalisateur: Luigi Batzella
Interprètes: Rita Caldana

 

Stelio Candelli
James Harris
Renato Lupi
Luigi Antonio Guerra
Iolanda Mascitti
 
Année: 1974
Genre: Fantastique / Erotique / Horreur
Pays: Italie
Editeur Redemption


Critique:

Production assez incompréhensible et incohérente, NUE POUR SATAN mélange de manière assez maladroite différents ingrédients comme l'érotisme, l'horreur gothique, le fantastique et même le cinéma "arty". Luigi Batzella semble prendre son temps, bâtir une atmosphère et ménager ses révélations mais, au final, son intrigue pseudo philosophique s'écroule comme un château de cartes et le métrage n'aboutit en définitive à rien.

Heureusement la photographie est soignée et l'aspect visuel est efficace: les décors sont jolis, l'esthétique appréciable et les demoiselles dévêtues ont un physique avantageux que le cinéaste sait mettre en valeur à merveille. Rita Calderoni (vue dans AU DELA DU DESIR) nous dévoile donc ses charmes tandis que son partenaire, Stelio Candelli (qui fréquenta aussi bien LA PLANETE DES VAMPIRES que LES PRISONNIERES DU CAMP D'AMOUR) joue au héros de manière assez peu concernée.

Lors d'une nuit d'orage, le docteur Benson s'égare dans la campagne et, perdant le contrôle de sa voiture, est victime d'un accident qui le laisse heureusement indemne. Une jeune fille, Susan, est alors victime d'un accident similaire et le "couple" nouvellement formé arrive dans une demeure mystérieuse habitée par un étrange personnage que l'on appellera Satan pour faire court. Inutile d'essayer de résumer davantage ce métrage tant NUE POUR SATAN se libère ensuite des règles les plus élémentaires de scénario au profit d'un incompréhensible enchaînement de scènes bizarres, parfois efficaces et le plus souvent totalement ratées.

Mais tout n'est pas complètement mauvais pour autant et les quarante premières minutes, quoique bordéliques et rigoureusement absconses, sont plutôt envoûtantes, dommage que la suite ne suive pas. Le métrage souffre alors d'une longue traversée du désert qui aboutit à la révélation finale, pas si mauvaise que ça intrinsèquement mais malheureusement mal amenée et inexploitée.

De trop nombreuses séquences n'ont manifestement d'autres but que de permettre à Batzella d'atteindre les 80 minutes réglementaires, tandis que d'autres scènes sombrent dans le grotesque involontaire, en particulier celle où la belle Rita Calderoni, ficelée dans une toile d'araignée géante, est menacée par un des plus hallucinants spécimens de "craignos monster" arachnéen que le cinéma nous ait donné l'occasion de contempler.

Le final, un grand sabbat plein de jeunettes nues et de beaux garçons portant des pagnes dorés, verse dans le déjanté et rachète un tant soit peu ce qui précède mais NUE POUR SATAN ne parvient toutefois pas à décrocher la moyenne. Echec complet à sa sortie (selon certaines sources moins de 500 personnes s'étaient déplacées pour le voir en salles en 1974), le métrage gagna pourtant une certaine réputation de film culte.

On peut même y trouver quelques similitudes avec le ROCKY HORROR PICTURE SHOW mais le tout peine quand même à maintenir l'intérêt au-delà de sa première moitié, plutôt intrigante. Grand portnawak psychédélique horrifico-sexy, NUE POUR SATAN s'apprécie sans doute davantage dans un état altéré de conscience mais, dégusté "à jeun", le métrage se révèle surtout indigeste et un peu ennuyeux.

Fred Pizzoferrato - Décembre 2007