ONE BY ONE
Titre: The Majorettes
Réalisateur: S. William Hinzman
Interprètes: Kevin Kindlin

 

Terrie Godfrey
Mark V. Jevicky
Sueanne Seamens
Denise Huot
Carl Hetrick
 
Année: 1987
Genre: Slasher
Pays: USA
Editeur  
Critique:

William « Bil » Hinzmann (1936 – 2012) doit sa notoriété à son apparition dans le classique LA NUIT DES MORTS VIVANTS de George A. Romero dans lequel il incarnait le premier zombie, celui qui attaquait les héros dans le cimetière. Par la suite, il se retrouve au générique de trois autres Romero : THERE’s ALWAYS VANILLA, HUNGRY WIVES et LA NUIT DES FOUS VIVANTS. De simples cameos, tout comme ses apparitions « clin d’œil » dans divers productions horrifiques référentielles (SHADOW : DEAD RIOT, MIMESIS : NIGHT OF THE LIVING DEAD, etc.).

A la fin des années ’80, Hinzmann s’essaie à la mise en scène avec ONE BY ONE et, surtout, FLESHEATERS, son film le plus « connu » qui se veut une suite officieuse (et très moyennement convaincante) à LA NUIT DES MORTS VIVANTS.

John Russo, pour sa part, naquit en 1939 et reste célèbre pour être un des créateurs et scénaristes de LA NUIT DES MORTS VIVANTS. Il exploite sa participation à cette pierre angulaire du fantastique en publiant, quelques années plus tard, une novelisation de son scénario et deux suites littéraires (publiées en français dans la collection Gore du Fleuve Noire) dont l’une deviendra l’excellent LE RETOUR DES MORTS VIVANTS de Dan ‘O Bannon.

Russo écrira bien d’autres romans d’intérêt divers dont, en 1979, « Crève Majorette Crève », édité par Patrick Siry à la fin des années ’80. Ce bouquin deviendra plus tard ONE BY ONE (ou « The Majorette ») qui tente de mêler slasher, thriller, « vigilante » et action. Autant le dire immédiatement : la sauce ne prend jamais et la recette apparait rapidement indigeste.

L’intrigue se situe dans une petite ville américaine typique dans laquelle chaque femelle rêve de parader en maillot ou en mini-jupe jaune pour encourager l’équipe de football locale. Malheureusement, un tueur sadique, affublé d’une tenue militaire style camouflage, commence à s’en prendre à nos jolies majorettes. Les suspects, évidemment, ne manquent pas : le pauvre type contraint au voyeurisme qui ne quitte pas ses jumelles, la bande de loubards raffinés (« toutes ces chiennes sur le terrain ça m’excite » déclare le chef), le capitaine de l’équipe fils à papa, le dealer de drogues, le pasteur fanatique (« je suis le berge vous êtes le troupeau »…à non ça c’est dans PORKY’s 2), etc. Bref, rien de nouveau sous le soleil sauf que pour un film de majorettes, les demoiselles rechignent beaucoup à dévoiler leur anatomie. Dommage.

Diverses lignes narratives annexes tentent de donner une consistance supplémentaire au long-métrage mais ne parviennent qu’à lui conférer un coté soap-opera désastreux : une infirmière veut s’emparer de la fortune de sa patiente en précipitant son trépas, une demoiselle enceinte tente de coucher avec le timide de l’école pour lui coller ensuite la paternité de son enfant à naitre,…Tout cela témoigne, certes, d’une tentative salutaire d’épaissir les personnages mais n’a, en réalité, pas réellement d’intérêt, sinon de permettre à Bill Hinzmann d’atteindre la durée réglementaire.

Les assassinats, peu graphiques mais relativement bien exécutés, s’inspirent pour leur part du nettement plus réussi ROSEMARY’s KILLER, sorti quelques années auparavant. Malgré les meurtres successifs, chacun poursuit de toutes façons son existence coutumière dans l’indifférence générale (« nous ne pouvons pas laisser ces crimes nous empêcher de vivre, il faut continuer ») jusqu’à la révélation de l’identité du tueur (prévisible) après une heure de métrage.

Le dernier tiers de ONE BY ONE change, dès lors, totalement de registre puisque le copain d’une des victimes, investi d’une mission vengeresse et armé d’une mitrailleuse, entame un carnage digne d’un actionner bis des années ’80. Le simili VENDREDI 13 se transforme étrangement en une resucée à petit budget de COMMANDO à la consternation générale.

Desservi par des apprenties comédiennes peu crédibles qui tombent timidement le soutien-gorge (mais se couvrent d’une serviette pour retirer leur petite culotte !) avant d’être égorgées par l’assassin, ONE BY ONE souffre, également, d’une mise en scène plate incapable de générer le moindre suspense.

Toutes les tentatives d’instaurer une ambiance angoissante sont immédiatement annihilées par des longueurs exaspérantes (la scène de la piscine décrochant le pompon à ce niveau) et une envahissante musique synthétique parfois plaisante mais souvent horriblement datée.

Dans la masse des innombrables slashers sortis durant les glorieuses eighties, ONE BY ONE marque quelques points pour sa relative originalité mais, hélas, échoue complètement à passionner le spectateur, lequel assiste, plus consterné qu’amusé, à un climax revanchard incongrus terminant l’entreprise sur une note largement négative. Dommage.

 

Fred Pizzoferrato - Février 2014