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Présenté comme un combat sans merci entre des Vikings et un extra-terrestre sanguinaire, le long-métrage de Howard McCain suscita dès le lancement du projet un certain émoi au sein des geeks de tous poils. Un pitch pareil, ma bonne dame, ne pouvait forcément qu’aboutir à une série B nerveuse, sauvage et sanglante à même de satisfaire les amateurs de bastons homériques. Depuis, malheureusement, les nouvelles alarmantes se succédèrent et le projet commença à sentir le sapin. Le réalisateur n’hésita plus, ensuite, à déverser sa frustration à l’encontre de producteurs, les redoutables Weinstein, manifestement peu concernés par OUTLANDER et surtout soucieux d’engranger un peu d’argent facile. Les producteurs décidèrent ainsi de couper méchamment dans le budget, privant le métrage des grandes séquences spectaculaires imaginées par le scénariste et, par conséquent, de le ramener à une durée restreinte (à peine 1h50) complètement inadéquate. Du grand spectacle épique et barbare attendu ne subsiste qu’un métrage abâtardi par les décisions absurdes des Weinstein mais, même en l’état, OUTLANDER reste sympathique. En l’an 709, un vaisseau spatial s’écrase en Norvège, près d’un royaume Viking. Le seul survivant d’apparence humaine est le pilote, Kainan, lequel découvre que l’extra-terrestre transporté par son vaisseau, un redoutable Moorwen, a également survécu. Kainan part en chasse mais tombe entre les mains d’un guerrier, Wulfric, qui le capture et l’amène devant le Roi Rothgar, lequel refuse de croire à son histoire. Bientôt le Moorwen attaque les villageois et seul Kainan semble en mesure de le combattre. Au départ conçu comme une illustration de la légende de Beowulf, le scénario changea suite au lancement du BEOWULF concurrent de Robert Zemeckis. Manifestement sous l’influence de John Mc Tiernam, OUTLANDER s’apparente donc à une relecture de PREDATOR et du TREIZIEME GUERRIER dans le monde des VIKINGS, mais, malheureusement, le résultat ne s’avère pas pleinement à la hauteur des ambitions. Après un début purement orienté vers la science-fiction, le film joue la carte de l’aventure historique au temps des Vikings, une époque rarement exploitée à bon escient au cinéma mais qui donna cependant quelques belles réussites (THE VIKINGS de Richard Fleisher reste indétrônable mais LES DRAKKARS de Jack Cardiff ou même le récent PATHFINDER se défendent agréablement). On note ainsi une séquence bondissante au cours de laquelle Kainan et son rival bondissent joyeusement de boucliers en boucliers rendant directement hommage au chef d’œuvre de Richard Fleisher. La seconde partie d’OUTLANDER, par contre, retrouve la science-fiction teintée d’éléments horrifiques en détaillant les exactions du monstre extra-terrestre. Des séquences efficaces qui permettent une transposition dans un contexte sci-fi de la légende de Beowulf. Afin d’élever un peu le propos Howard McCain se permet cependant de briser le rythme de son actionner en incluant des séquences romantiques (prévisibles) mais aussi un intéressant flash-back qui donne une certaine épaisseur à son héros et réduit considérablement le manichéisme inhérent à l’intrigue.
Le cinéaste ose ainsi suggérer que les extra-terrestres n’ont fait que se défendre face à l’invasion de leur monde par des humains destructeurs, largement responsables de la sanglante riposte ultérieure. Une position rappelant les westerns dit « progressistes » dans lesquels les Indiens étaient présentés avec davantage de nuances. Certes ces séquences ralentissent quelques peu la progression dramatiques mais donnent une idée (probable) de la direction qu’aurait prise un Howard McCain tenté par une grande aventure épique si les producteurs ne l’avaient pas museler. Au niveau des interprètes, Jim Caviezel (vu dans le trop méconnu FREQUENCE INTERDITE avant d’incarner Jésus dans LA PASSION de Mel Gibson), se la joue héroïque et même messianique tandis que Jack Huston offre un beau contrepoint dans son rôle de guerrier fier et redoutable. On retrouve également avec plaisir John Hurt, impérial dans le rôle d’un roi magnanime et intelligent et Sophia Myles dans celui de sa fille (probablement bien trop féminine et séduisante pour convaincre mais après tout nul ne cherche ici la moindre vraisemblance) adoptant une attitude un peu hautaine et courageuse. Enfin, Ron Perlman en monarque ennemi, donne une composition fort appréciable, venant complété un casting de haute volée. La créature, pour sa part, a été crée par Patrick Tatopoulous et il s’agit d’un splendide monstre, à la fois élégant, mystérieux, original et menaçant. Une véritable réussite d’autant qu’il semblait difficile de s’élever au niveau de ALIEN ou PREDATOR, voire de PLANETE INTERDITE pour les plus âgés. Si le monstre d’OUTLANDER ne parvient pas tout à fait à égaler ces glorieux modèles il n’en reste pas moins une des plus belles créatures vue sur un écran au cours des dernières années. Laminé par la production et par des impératifs budgétaires, OUTLANDER se révèle néanmoins agréable à suivre, entre le film d’aventures épique, la science-fiction saignante et la romance mélodramatique. On devine le gros potentiel gâché d’un métrage qui aurait pu devenir une vraie réussite mais cette production boiteuse et imparfaite possède suffisamment de beaux restes pour justifier une vision par les plus curieux. Présenté au BIFFF - Festival International du Film Fantastique de Bruxelles - en avril 2009
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Fred Pizzoferrato - Mai 2009 |
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