OVERTIME (L'Etrusque tue encore)
Titre: L’Etrusco uccide ancora
Réalisateur: Armando Crispino
Interprètes: Alex Cord

 

Samantha Eggar
John Marley
Nadja Tiller
Horst Frank
Enzo Tarascio
Christiane Von Blank
Année: 1972
Genre: Giallo
Pays: Italie
Editeur  
Critique:

Réalisateur italien né en 1924 et décédé en 2003, Armando Crispino demeure essentiellement connu des cinéphiles bis pour un étrange giallo fantastique, FRISSONS D’HORREUR, sorti en 1975. Cependant, deux ans auparavant, le cinéaste avait déjà tâté au thriller fantastico-horrifique via OVERTIME, une production aux prémices intéressantes mais, hélas, fort médiocrement confectionnée.

Un archéologue nommé Jason Porter part en Italie explorer un site antique et, avec ses assistants, découvre une tombe dédiée à Tuchulcha, le dieu étrusque de la mort. Sur les lieux, le professeur met également à jour une série de fresques sinistres décrivant des crimes et autres sacrifices rituels perpétrés en l’honneur de Tuchulcha. Peu après, deux jeunes gens en quête de frissons pénètrent sur le site étrusque pour faire l’amour dans l’antique chambre funéraire. Malheureusement, un inconnu les massacre à coups de barres de fer avant de disposer leurs cadavres à la manière des cérémonies étrusques ancestrales.

L’enquête est confiée à l’inspecteur Guirianna, lequel fouille le passé des membres de l’expédition archéologique et de leurs amis, révélant les secrets de chacun. De Porter, ancien alcoolique ayant jadis failli tuer sa fiancée, à Stephen, un homosexuel insupportable, en passant par Nikos, un riche chef d’orchestre vieillissant et Myra, compagne du précité et ancienne petite amie de Porter, tous sont suspects aux yeux de Guirianna. L’ex-femme de Nikos, défigurée par son mari, s’ajoute bientôt à la liste des coupables potentiels et la situation se complique davantage après un nouveau meurtre.

Si l’intrigue, inspirée par une nouvelle de Bryan Edgar Wallace, se révèle, au départ, originale (Sergio Martino s’en inspira d’ailleurs de manière lointaine pour son désastreux CRIMES AU CIMETIERE ETRUSQUE, sorti en 1982), le long-métrage manque, hélas, totalement d’intérêt et se montre particulièrement confus et ennuyeux.

Crispino souhaitait, apparemment, développer davantage les aspects fantastiques de l’intrigue mais ceux-ci seront, au final, quasiment ignorés, une volonté des producteurs désireux, eux, de se rapprocher des giallos à la Argento, alors en vogue. Malheureusement, si le premier quart d’heure s’avère intriguant et plein de promesses, offrant, par exemple, un double meurtre brutal et efficace, le long-métrage s’embourbe ensuite dans des considérations vaseuses et multiplie les fausses pistes et les rebondissements au risque de perdre le spectateur, échaudé par l’inutile complexité d’une intrigue sinon peu passionnante.

Le rythme, assez lent, constitue, en outre, un obstacle supplémentaire et OVERTIME s’enfonce rapidement dans l’ennui, une impression durable à peine atténuée par un climax plus réussi et palpitant même si ce-dernier ne s’éloigne jamais des conventions routinières du giallo. Le gore, de son côté, reste minimal, tout comme le nombre de meurtres, et l’érotisme demeure carrément aux abonnés absents. Surprenant et frustrant.

Cependant, tout n’est pas (totalement) noir. Au rayon des interprètes, OVERTIME donne ainsi la vedette à quelques familiers du cinéma fantastique, ce qui permit d’ailleurs à Mad Movies de titrer, en son temps, « Casting d’enfer pour nanar de première ». Un jugement lapidaire mais globalement exact puisque seule la présence de personnalités comme Samantha Eggar (SHERLOCK HOLMES ATTAQUE L’ORIENT EXPRESS, CHROMOSOME 3), Horst Frank (LE CHAT A NEUF QUEUES, SI DOUCES SI PERVERSES), John Marley (LOVE STORY, LE PARRAIN) ou Christina Von Blanc (LA CLOCHE DE L’ENFER, UNE VIERGE CHEZ LES MORTS VIVANTS) confère une relative valeur à un film terriblement décevant en dépit de sa réputation plutôt flatteuse.

La seule vraie réussite à l’actif du long-métrage réside, finalement, dans les personnages, tous très clichés et stéréotypés. Du chef d’orchestre colérique vivant avec une demoiselle nettement plus jeune à l’homosexuel insupportablement maniéré en passant par un archéologue violent et alcoolique, OVERTIME offre une galerie de portraits gratinés relativement réjouissante. C’est bien peu mais il faudra s’en contenter, d’autant que les acteurs ne sont pas toujours pleinement convaincants, certains semblant se ficher de leur performance tandis que d’autres surjouent et cabotinent effrontément.

Coproduction internationale typique de la grande époque du cinéma bis (les fonds viennent d’Italie, d’Allemagne et de Yougoslavie ; les acteurs principaux sont anglais et américains), OVERTIME est, en résumé, un giallo raté et ennuyeux, complètement noyé dans la masse des titres similaires sortis au début des années ’70. Excepté son casting intéressant, rien, au final, ne sauve ce long-métrage de la médiocrité et sa vision doit, par conséquent, être réservée aux inconditionnels du giallo.

 

Fred Pizzoferrato - Octobre 2011