OZONE
Titre: Ozone: Attack of the Redneck Mutants
Réalisateur: Matt Devlen
Interprètes: Scott Davis

 

Blue Thompson
Brad McCormick
Janice Williams
Luther Webb
Lorraine Dowdy
Rhonda Rooney
Année: 1986
Genre: Gore
Pays: USA
Editeur Crocofilms
Critique:

Unique long-métrage du producteur Matt Devlen (qui avait cependant signé l’année précédente un des trois sketches de l’humoristique Tabloid au côté de Bret McCormick, réalisateur du similaire The Abomination), cette production minimaliste se veut une copie au budget rachitique de La nuit des morts vivants saupoudré d’une pincée de considérations écologiques rapidement expédiées.

L’intrigue n’ira donc guère plus loin que ses prémices : un trou dans la couche d’ozone transforme une poignée de bouseux en zombies enragés qui s’empressent de dévorer quelques infortunés. C’est tout ? Oui, c’est tout. Hélas, tout Ozone transpire l’amateurisme le plus embarrassant, du scénario inepte aux acteurs atroces en passant par la mise en scène léthargique et les dialogues ridicules.

Si certains petits budgets tournés entre copains parviennent à sauver un tant soit peu la mise par l’une ou l’autre idée ou, simplement, une énergie anarchique bienvenue, Ozone échoue complètement à intéresser le spectateur. L’essentiel des 100 minutes de projection se limite à suivre les pérégrinations de personnages inintéressants au possible. Décidé à tenir à tout prix la durée réglementaire, Devlen détaille par exemple tous les actes d’une grand-mère occupée à préparer un repas ou s’appesantit durant d’interminables minutes sur un numéro de karaoké consternant. Un montage plus serré et une vingtaine de minutes en moins n’aurait peut-être pas rendus l’ensemble franchement meilleur mais, en tout cas, cela aurait permis à cet Ozone d’être un peu plus digeste. A croire que le film a été sponsorisé par les inventeurs de la télécommande à avance rapide.

Ne reste donc que le gore, lequel se montre bien présent mais souffre d’effets spéciaux qui rappellent une visite dans un abattoir. Autrement dit des morts vivants maquillés de manière rudimentaire (des figurants tartinés de matières gluantes non identifiées) extirpent les tripes de leurs victimes durant des plans interminables tandis que la caméra s’attarde complaisamment (comprendre pendant des dizaines de secondes !) sur les décors couverts d’éclaboussures écarlates.

Le cinéaste avoue aussi une certaine complaisance pour le vomi puisqu’il filme à de nombreuses reprises ces zombies éructant d’infâmes bouillies colorées. Le tout ressemble, au final, au pire des productions Troma de la même époque (style REDNECK ZOMBIES) ou à un montage à la truelle des scènes ratées d’une production Hershell Gordon Lewis. En moins rythmé, moins drôle et moins outrancier. Bref il faut être dans de sacrés bonnes dispositions (ou complètement défoncé) pour apprécier cette série Z bas de gamme qui intéressera peut-être les nostalgiques des vidéoclubs l’ayant jadis loué pour son extravagante et prometteuse jaquette.

Fred Pizzoferrato - Mai 2016