PANIC BEATS
Titre: Latidos de pánico
Réalisateur: Paul Naschy
Interprètes: Paul Naschy

 

Julia Saly
Lola Gaos
Silvia Miró
Frances Ondiviela
Manuel Zarzo
José Vivó
Année: 1983
Genre: Fantastique / Horreur / Thriller / Giallo
Pays: Espagne
Editeur  
Critique:

Sorti en 1983, PANIC BEATS constitue un agréable mélange de thriller horrifique et de fantastique gothique. Proche du giallo de machination, la recette élaborée par Paul Naschy se voit, également, rehaussée par une malédiction ancestrale, une copieuse nudité et quelques scènes gore brutales.

Le long-métrage débute à l’époque médiévale et présente un cruel chevalier en armure (joué, bien sûr, par Naschy lui-même) poursuivant une demoiselle dénudée. Le vil personnage finit par rattraper la jeune femme et la tue à coup de masse d’arme. La suite, après le générique, se déroule à notre époque et à Paris. Le riche architecte Paul de Marnac (toujours Naschy) décide de se retirer à la campagne pour prendre soin de son épouse, Geneviève, qui souffre d’une santé déficiente et d’un cœur fragile.

Paul et sa femme s’installent donc dans la demeure ancestrale des de Marnac, où ils seront assisté par la vieille servante, Manille, et sa gironde nièce, Julie. Malheureusement, Geneviève commence à se sentir menacée par une horrible légende, celle d’Alaric de Marnac, l’ancêtre de son mari, réputé sortir de sa tombe tous les cent ans pour se venger brutalement sur les femmes vivant dans sa demeure... Un soir, alors que Paul se trouve à Paris pour affaires, Geneviève voit surgir le spectre d’Alaric et cette apparition macabre entraîne une crise cardiaque presque fatale. L’entourage de Geneviève, de son côté, refuse de la croire et penche pour une hallucination…

Ecrit et réalisé par Paul Nachy (sous son véritable nom de Jacinto Molina), PANIC BEATS rappelle les drames gothiques à suspense, comme REBECCA, et les giallo de machination dans le style de L’APPEL DE LA CHAIR. Le scénario n’est donc pas vraiment original et le spectateur en devine rapidement le déroulement, du moins durant sa première partie, plaisante mais prévisible et linéaire. La seconde moitié du long-métrage s’avère, par contre, plus intéressante et convaincante tant Naschy parvient à ménager l’une ou l’autre surprise pour relancer efficacement la machine.

L’intrigue développe donc son lot de twists plus ou moins plausibles et multiplie les révélations fracassantes avec une bonne santé réjouissante même si la surenchère des ultimes minutes, quoique distrayante, parait en roue libre et peu crédible.

Si PANIC BEATS accuse un « ventre mou » préjudiciable, le cinéaste, en bon artisan de l’exploitation, intègre quelques passages érotiques au fil du récit et dénude généreusement ses interprètes féminines. Autre mamelle du bis, le gore est, lui-aussi, bien présent, en particuliers lors d’un climax sympathique et sanglant à souhait. La séquence d’introduction et le final sont, en tout cas, excellents et devraient ravir les fans d’horreur européenne outrancière par leur audacieux mélange de gore et de sensualité.

Quoique la partie machination (« giallesque » peut on dire) traine en longueur et frise même le ridicule en reculant (trop) longuement le décès attendu de l’épouse cardiaque, Naschy maintient cependant l’attention du spectateur en éveil par son usage appliqué de l’horreur et de l’érotisme. Malgré un manque de moyens évident et parfois préjudiciable, PANIC BEATS fonctionne agréablement et s’avère visuellement réussi.

Au rayon du casting, Paul Naschy livre une interprétation pas toujours concernée, voire un peu pépère, mais sa présence reste, comme toujours, une plus-value évidente pour les amateurs de cinéma bis. Fidèle à ses habitudes, l’acteur se fait plaisir et s’octroie, en dépit de son physique quelconque, un rôle de lover irrésistible qui attire dans son lit de nombreuses demoiselles, à commencer par Frances "Pat" Ondiviela, sexy à souhait et carrément machiavélique. Excepté la vieille gouvernante qui trouvera un sort funeste, aucun personnage ne parait, d’ailleurs, fréquentable, chacun rivalisant d’arrivisme, d’avidité et, pour tout dire, de monstruosité.

Limité par un budget restreint, Naschy parvient toutefois à en tirer le meilleur parti et accouche d’un honnête suspense, situé entre le giallo, le thriller gothique et le fantastique. Ponctué de quelques scènes gore généreuses et d’un érotisme typiquement latin, PANIC BEATS constitue, en résumé, un honnête divertissement pour les nostalgiques de l’horreur européenne.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2012