PARTIES DE CHASSE EN SOLOGNE
Titre: Parties de chasse en Sologne / La grande mouille
Réalisateur: Burd Tranbaree
Interprètes: Catherine Leno

 

Brigitte Lahaie
Karine Gambier
Dominique Aveline
Marilyn Jess
Jacques Marbeuf
 
Année: 1979
Genre: Porno
Pays: France
Editeur Alpha France
Critique:

D’abord exploité sous le titre plus frontal de « la grande mouille » et présenté comme une parodie de LA GRANDE BOUFFE, ce modeste porno français gagna, par la suite, sa notoriété sous le titre plus consensuel de PARTIES DE CHASSES EN SOLOGNE. Au fil du temps, il devint un « classique » autoproclamé du genre et un de ses représentants les plus connus. Pourtant, à sa vision, l’amateur ne peut que déchanter tant le produit fini se révèle médiocre et insipide.

Le scénario, ou plutôt l’argument, convie une bande de joyeux bourgeois dans une maison de campagne pour, surprise, une partie de chasse en Sologne. Cette partie de chasse devient rapidement prétexte à partouze, les chiens étant moins nombreuses que les chiennes. La suite du long-métrage consiste dès lors en une morne succession de galipettes sexuels peu variées et peu excitantes, entrecoupées de pénibles scènes de chasse à la volaille dont l’unique intérêt est de permettre au cinéaste (le mot est ici bien galvaudé) d’atteindre la (courte) durée réglementaire. Plutôt que de flinguer le canard, les participants préfèrent tirer les dindes et les soixante minutes suivantes vont permettre à chacun de fourrer sa chacune dans une certaine bonne humeur typiquement post-soixante-huitarde libérée, quasiment l’unique qualité d’un métrage paresseux.

Sans doute en grande partie improvisées, ces PARTIES DE CHASSE EN SOLOGNE fatiguent les plus indulgents par leur routinière banalité. Années ’70 oblige, les hommes sont, forcément, moustachus et les chattes poilues, les interprètes n’étant pas toujours très agréables à regarder dénudés. Brigitte Lahaie, mise en vedette par l’affiche, doit, pour sa part, se contenter d’un rôle secondaire et démontre surtout ses capacités buccales, à l’image de l’autre grande star féminine du porno français, Marylin Jess, qui apparait brièvement, elle aussi, en soubrette.

Claude-Bernad Aubert (caché sous son pseudonyme coutumier de Burd Tranbaree) dirige le tout sans la moindre conviction et les faux raccords sont innombrables, tout comme les plans mal choisis à l’érotisme proche du zéro absolu. Les quelques tentatives d’humour tombent à plat et le tout donne furieusement envie d’user de la touche « accéléré » de sa télécommande pour atteindre un passage un minimum sexy. Peine perdue, le film se termine après une bonne heure d’ennui persistant.

Inexplicablement auréolé d’une réputation flatteuse, PARTIES DE CHASSE EN SOLOGNE constitue quasiment le degré minimum du porno français de consommation courante : mal filmé, mal joué, sans scénario, sans humour, sans enjeux et, pire que tout, absolument pas excitant. Excepté pour les courtes apparitions de Lahaie et Jess, bien mieux mises en valeurs dans d’autres productions, ce piteux long-métrage peut donc s’éviter sans le moindre regret.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2013