PATHOLOGY
Titre: Pathology
Réalisateur: Marc Schölermann
Interprètes: Milo Ventimiglia

 

Michael Weston
Lauren Lee Smith
Alyssa Milano
Johnny Whitworth
John de Lancie
Larry Drake
Année: 2008
Genre: Thriller / Horreur
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Thriller médical horrifique dans la veine (hum !) du nettement plus sympathique ANATOMIE, ce métrage débute par un argument relativement intéressant. En effet, en apparence et en toute logique, les médecins spécialisés dans la résolution des crimes ne sont ils pas les plus à même de commettre un meurtre parfait ? Notons déjà une certaine similitude avec la série télévisée « Dexter », elle-même inspirée de romans à succès. Mais PATHOLOGY ne fera qu’effleurer cette intéressante thématique, préférant privilégier une intrigue banale mixant essentiellement sur des séquences voulues choquantes.

Le jeune Ted Grey, un pathologiste arrogant et ambitieux, va être confronté à cette question (« comment commettre un crime parfait ? ») lorsqu’il débarque dans une clinique où ses collègues jouent à un jeu assez particulier. A tour de rôle, les médecins assassinent un inconnu en brouillant suffisamment les pistes pour que le meurtre soit indétectable par la police. Les copains du meurtrier, pour leur part, tentent de deviner comment le crime a été commis. Loin de sa fiancée, Gwen, notre jeune pathologiste tombe dans les filets de Juliette, une beauté rousse bisexuelle, nymphomane et manifestement cinglée, flirtant avec à peu près tout le petit groupe. Juliette se dit traumatisée par les abus subit dans son enfance entre les mains d’un père pédophile et elle emmène Ted chez son papa. Le couple tue le paternel, ce qui les excite tellement qu’ils finissent rapidement tout nu sur le sol et se lancent dans une scène d’un érotisme voulue torride. Peu après, Jake, le rival de Ted, lui apprend que Juliette l’a manipulé : le soi-disant papa pédophile était simplement un type choisi au hasard. Ted comprend rapidement que la situation échappe à présent à tout contrôle…mais pourra t’il s’en dépêtrer ?

PATHOLOGY part de prémices intéressantes et auraient pu donner lieu à un métrage intéressant et bien ficelé entre les mains d’un cinéaste un tant soit peu motivé. Malheureusement, la voie choisie semble être celle de la facilité et, au bout de dix minutes, le spectateur a déjà compris le but premier du réalisateur : le racolage pur et simple censé flatter les bas instincts d’un public adolescent! Dès la première séquence, où l’on voit les internes mimer une copulation avec l’aide de deux cadavres, on devine le souhait du cinéaste de choquer le bourgeois et d’amuser le teenager bouffeur de pop-corn. La suite ne nous détrompera pas et se vautrera toujours davantage dans la « beauffitude » la plus assumée, quelque part entre la comédie de lycée à l’humour bien gras, le thriller médical modelé sur les séries télévisées à la mode et l’horreur sanglante. Les dialogues seront évidemment riches en obscénités et l’intrigue aligne les clichés, servis sur une musique orientée punk rock.

La mise en scène, pour sa part, sera « clippée » et tape à l’œil, le réalisateur n’évitant aucun effets visuels nauséeux (la scène de beuverie atteint les sommets) pour se donner un certain genre qui évite surtout le moindre développement au profit d’un montage rapide et épuisant. PATHOLOGY se doit également de célébrer la sexualité débridée de ses protagonistes avec une gratuité complaisante comme en témoigne la bisexualité de l’héroïne, laquelle ne sert strictement à rien dans le récit si mais permet quelques bisous entre filles plutôt timides. D’ailleurs l’ensemble des passages hot subit un traitement insupportable, témoignant d’une conception à la fois prude et vulgaire digne d’un clip de MTV.

Les passages gore crasseux se situent, eux, dans une tradition lancée par le torture porn et se veulent répugnant et cliniques. Les nombreuses séquences d’autopsie entretiennent, elles, le climat d’horreur gore en jouant sur les détails les plus répugnants – et réalistes – possibles dans un total manque d’égard envers les personnages (en particuliers les victimes des meurtres !) et un complet mépris de l’humanité. A ce tableau déjà peu ragoutant, le cinéaste ajoute d’autres détails choquants à peu de frais (la grand-mère prostituée, le pédophile,…) et assaisonne le tout d’un humour bas de plafond particulièrement inadapté à un sujet aussi grâve.

Bref, PATHOLOGY devient rapidement antipathique, d’autant que le scénario perd vite tout intérêt pour verser dans une suite de séquences débiles semblant vouloir marcher sur les platebandes de «Urgences », de SAW et d’AMERICAN PIE. Malheureusement, le résultat ressemble davantage à une sorte de production Trauma ratée qui se prendrait trop au sérieux. Au fur et à mesure que PATHOLOGY avance, le scénario se dilue dans un fatras de conventions et d’absurdités mal ficelées, le tout culminant dans les trente dernières minutes par une suite de rebondissements débiles. Une tentative probable de ne pas perdre l’attention du spectateur ou de l’empêcher de réfléchir à la bêtise crasse de l’intrigue. Mais rien ne fonctionne !

Le climax final, pour sa part, aurait pu sauver un tant soit peu les meubles mais, au contraire, le metteur en scène aggrave son cas en nous offrant un deux ex machina totalement « autre », un des twists les plus stupides vu sur un écran depuis longtemps. Un personnage secondaire (et encore, il n’a eu jusque là que trente secondes de présence à tout casser !) s’en vient en effet sauver le héros (pourquoi ?) avant une ultime scène d’horreur bien sanglante d’une gratuité complète, achevant le métrage d’une manière consternante.

Difficile de trouver le moindre intérêt à ce PATHOLOGY qui souffre en outre d’une interprétation désastreuse d’un casting plus habitué aux séries télé qu’aux long-métrages horrifiques. Milo Ventimiglia (vu dans la série « Heroes » et surtout dans ROCKY BALBOA dans lequel il jouait le fils de Sly) traverse le métrage avec son air hagard et peu concerné. Rien ne semble pouvoir lui conférer la moindre expression, à croire que Ventimiglia était aussi défoncé que son personnage. A ses côtés Michael Weston (le taré psychopathe Jake dans la série « Six Feet Under ») a au moins le mérite de cabotiner outrageusement. Lauren Lee Smith (vue dans « Les Experts » et « Mutant X ») se la joue « salope nympho bisexuelle manipulatrice irrésistible » avec toute la subtilité qu’on imagine, à savoir aucune ! Enfin, la chouchou de l’Amérique des années 80, miss Alyssa Milano en personne, incarne la petite amie officielle du jeune docteur. Un rôle purement anecdotique aussi mal écrit que le reste du métrage!

Bref, ce mélange de thriller, d’horreur, d’érotisme Tahiti douche, de gore vomitif et de comédie adolescente se révèle au final un ratage total et, surtout, un métrage profondément antipathique qui semble se moquer ouvertement de ses pauvres spectateurs. A fuir !

 

Fred Pizzoferrato - Octobre 2009