PERKINS'14
Titre: Perkins'14
Réalisateur: Craig Singer
Interprètes: Patrick O'Kane

 

Richard Brake
Michale Graves
Mihaela Mihut
Shayla Beesley
Gregory O'Connor
 
Année: 2009
Genre: Thriller / Horreur
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Sous le titre mystérieux de PERKINS 14 se dissimule un étrange petit film d’horreur, pas franchement convaincant ni vraiment réussi mais néanmoins intéressant dans sa volonté d’offrir un scénario souvent surprenant et d’assembler de façon originale des éléments qui, eux, ne le sont pas vraiment.

L’intrigue débute de manière très noire, comme un thriller angoissant dans la lignée, toute proportion gardée, des grands classiques du cinéma consacrés à des tueurs en série. Le principal protagoniste, Dwayne Hopper, est un flic dont le jeune garçon, Kyle, a été enlevé dix ans auparavant avant de disparaître sans laisser de traces. Depuis, son existence semble être partie en sucette, partagée entre son épouse qui le trompe et sa fille en pleine crise d’adolescence fréquentant une bande de punks locaux. Au cours d’une interpellation de routine, un collègue de Hopper arrête un type nommé Ronald Perkins, lequel se retrouve en cellule pour y passer la nuit. Ce Perkins parait connaître bien des détails de la vie de Hopper qui, peu à peu, finit par le soupçonner d’être le tueur en série ayant jadis kidnappé son enfant.

PERKINS 14 adopte durant près de trois quarts d’heure un ton réaliste privilégiant le suspense et les rapports entre les deux principaux protagonistes, le flic obstiné et le serial killer supposé. Un jeu de chat et de souris assez convenu et conventionnel mais bien illustré par une mise en scène efficace privilégiant les zones d’ombres. Des interprètes convaincants et des dialogues qui sonnent justes crédibilisent cette première partie intimiste et oppressante. Mais, ensuite, alors qu’on craint de voir le cinéaste tirer cette intrigue en longueur, le métrage bascule dans une toute autre direction par le biais d’une séquence surprenante à la brutalité inattendue. Car PERKINS 14 change son fusil d’épaule à mi course et révèle la vérité sur les victimes du tueur en série : maintenus vivants en captivité, privés de tout contact humain, brutalisés et drogués, les quatorze enfants sont devenus des maniaques insensibles, d’une force peu commune, quasiment enragés et d’une agressivité monstrueuse. Nos tarés homicides, accidentellement libérés par la police, se lancent alors dans une vague de meurtres particulièrement sanglants et font régner la terreur dans une petite ville.

Réalisé par Craig Singer, précédemment responsable du slasher gore DARK RIDE, PERKINS 14 mélange une série d’éléments disparates pour aboutir à un résultat plutôt original, en dépit de ses influences plus ou moins assumées. Si la première partie du métrage se veut un thriller classique, la seconde doit beaucoup à 28 JOURS PLUS TARD, ne serait ce que dans la manière de présenter les « fous » et par l’usage assez systématique, lors des passages d’action, d’une caméra survoltée, même si la mise en scène reste globalement lisible. Le siège d’un commissariat par des assaillants redoutables et quasiment surnaturels renvoie, pour sa part, directement au classique ASSAUT de John Carpenter.

Avec ses personnages plus développés que de coutume, sa mise en scène nerveuse et son changement de style abrupt à mi-course, PERKINS 14 maintient l’intérêt en dépit d’un certain essoufflement à l’approche du climax et d’un manque de moyens parfois préjudiciables, notamment lors de la description d’une ville en état de siège. Toutefois, le rythme haletant, les scènes d’attaques réussies et brutales à souhait (le cinéaste ne lésine pas sur le gore) confèrent suffisamment d’intérêt au long métrage pour en justifier la vision. Patrick O’Kane, dans le rôle principal de ce père incapable de surmonter la perte de son fils s’avère un comédien très convaincant, bien entouré par des interprètes globalement compétents même si on peut regretter un certain manque de professionnalisme de la part de certains rôles secondaires un peu caricaturaux. Pour ce type de petite production, le niveau général reste toutefois satisfaisant.

Malgré ses défauts criants, PERKINS 14 reste intéressant et relativement original, aboutissant à un petit film agréable et surprenant. Une (relative) bonne surprise dans une production sclérosée par les suites, remakes et autres décalques de classiques déjà cent fois vus et revus.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2010