PHANTASM II
Titre: Phantasm 2
Réalisateur: Don Coscarelli
Interprètes: Reggie Bannister

 

James LeGros
Angus Scrimm
Paula irvine
Samantha Phillips
 
 
Année: 1988
Genre: Fantastique / Horreur / S-F
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Réalisé en 1979 par un tout jeune Don Coscarelli, le premier PHANTASM n'a connu à sa sortie qu'un succès d'estime avant d'être reconnu à sa juste valeur et de devenir un véritable classique « culte » du cinéma d'épouvante. L'originalité de ce métrage onirique et morbide annonçait les exactions de Freddy tout en développant une mythologie riche puisant autant dans l’épouvante que dans la science-fiction.

Coscarelli s'essaya ensuite à l'Heroic Fantasy humoristique via le sympathique DAR L'INVINCIBLE mais fut rapidement contraint de revenir à sa série fétiche. Après PHANTASM 2 il tenta à nouveau de changer de registre via le survival bien nommé SURVIVAL QUEST puis enchaîna PHANTASM 3 et PHANTASM IV avant, enfin, de connaître un nouveau succès grâce au très bizarre BUBBA HO TEP. Depuis, le bonhomme a annoncé un ultime PHANTASM V mais rien ne semble se concrétiser.

Mais revenons à PHANTASM 2, sorti dans la seconde moitié des années 80 après le triomphe de RE ANIMATOR ou EVIL DEAD 2. Mike, interné dans un hôpital psychiatrique suite à sa confrontation avec le maléfique croque-mort surnommé le Tall Man, vient d'être libéré. Il part retrouver son ami Reggie et tente de convaincre ce dernier de partir à la recherche d'une jeune femme nommée Liz. Cette dernière est également menacée par le Tall Man, toujours en quête de cadavres supplémentaires qu'il pourra transformer en esclave. Reggie, d'abord sceptique, accepte finalement d'aller combattre le croque-mort sur son propre terrain : un immense mausolée.

Neuf années ayant passé depuis PHANTASM, Don Coscarelli commence cette séquelle en livrant une nouvelle version de l'affrontement final du premier épisode, un peu à la manière de Sam Raimi sir EVIL DEAD 2, une référence d’ailleurs omniprésente. Le cinéaste modifie l’optique de ces séquences afin de mettre davantage en vedette le marchand de glaces Reggie, toujours incarné par un Reggie Bannister lui aussi de plus en plus proche du Bruce Campbell / Ash de la saga EVIL DEAD. Faire-valoir du héros dans PHANTASM, Reggie Bannister devient ainsi le personnage principal de cette suite qui change radicalement de l'ambiance macabre et cauchemardesque du premier film pour verser allègrement dans l'horreur et l'action.

Toutes proportions gardées PHANTASM 2 se montre nettement plus rythmé et mouvementé que le premier PHANTASM. En fait il est à ce dernier ce que ALIENS est à ALIEN ou EVIL DEAD 2 à EVIL DEAD…La même chose avec plus de monstre, d'action, de sang et d'explosion! Si Reggie Bannister est toujours fidèle au poste, Michael Baldwin cède la place pour cet épisode (il reviendra dans les suivants!) à James LeGros, un acteur quelconque mais au physique plaisant, afin sans doute, d’élargir le cercle des fans de PHANTASM. Ce changement d'acteur malheureux, imposé par les producteurs, reste un des principaux problèmes de cette suite tant James LeGros se montre assez peu concerné par son personnage. Néanmoins on se consolera en se disant que ça aurait pu être pire puisque Brad Pitt avait auditionné pour ce rôle. Heureusement, Angus Scrimm, pour sa part, reste présent pour incarner le terrible Tall Man et se montre toujours aussi menaçant lorsqu'il prononce son fameux "Boy".

Au niveau du scénario, PHANTASM 2 demeure nébuleux mais se montre cependant plus aisé à suivre que le premier volet. A la place de l'univers de cauchemars ou de rêve éveillé, Coscarelli développe une intrigue plus carrée. Certes un peu languissant, voire ennuyeux, durant les trois premiers quart d'heures, PHANTASM 2 trouve finalement son rythme dans sa seconde moitié, alors que nos héros partent combattre les forces du mal, l'un équipé d'une lance-flamme et l'autre d'un fusil à quatre coups, sans oublier une tronçonneuse utilisée à bon escient lors d'un duel mémorable.

La majeure partie du film se déroule dans un funérarium gothique, à l'architecture impressionnante, hanté par les inévitables nains encapuchonnés (tout droit sortis de STAR WARS) mais aussi par d'autres séides du Tall Man comme ces croque-morts obstinés et ces tueurs équipés de masque à gaz. Quelques clins d'œil parsèment également le métrage, comme ce sac dans le crématorium appartenant à un certain "Sam Raimi". Sans sombrer dans la parodie pure et simple, PHANTASM 2 apparaît donc comme plus léger que l'original et ne prend pas vraiment au sérieux cette histoire assez abracadabrante. Les apparitions des sphères meurtrières sont néanmoins très réussies et génèrent un petit frisson lorsqu'elles volent vers leurs victimes avant de se ficher dans leur crâne pour les perforer à grand renfort de jets de sang. Les gadgets mortels des sphères comportent même, cette fois, un balayage infrarouges et un rayon laser destructeur qui grille en une fraction de secondes un pauvre rat.

Les scènes sanglantes, même si elles ne donnent pas dans le gore outrancier, se montrent pourtant nettement plus démonstratives et variées en alignant mutilations, corps carbonisé dans un crématorium, pendaison, bras tranché, etc. Décidé à en donner pour son argent au spectateur, Don Coscarelli accélère la mesure et se révèle donc plutôt inspiré. Quitte à perdre certains fans, il évite intelligemment la simple redite du premier épisode au profit d'une variation sur un thème connu.

Plus rythmée, gore et distrayante, cette production s’avère donc assez sympathique et agréable. Sans parvenir à égaler la magie de PHANTASM, le cinéaste tire adroitement son épingle du jeu via une séquelle originale et très distrayante même si, de part son ancrage dans les années 80 (aucun clichés de l'époque ne nous est épargné), elle a aujourd'hui un peu vieilli.

A voir malgré tout!

Fred Pizzoferrato - décembre 2010