PHANTASM: RAVAGER
Titre: Phantasm V: Ravager
Réalisateur: David Hartman
Interprètes: Reggie Bannister

 

A. Michael Baldwin
Angus Scrimm
Dawn Cody
Gloria Lynne Henry
Bill Thornbury
 
Année: 2016
Genre: Fantastique
Pays: USA
Editeur
Critique:

Initiée par Don Coscarelli, la saga PHANTASM s’imposa rapidement auprès des amateurs par son mélange inédit de fantastique onirique, d’épouvante morbide, de science-fiction, d’humour noir et de drame. Le premier film devint rapidement culte et Coscarelli, après l’échec du pourtant plaisant DAR L’INVINCIBLE, lui donna une suite en 1987. Tournée avec un budget plus conséquent, cette séquelle, à l’instar d’EVIL DEAD 2, se situait entre la suite et le remake en jouant la carte de la surenchère spectaculaire, des effets spéciaux et d’une horreur à la fois sanglante et humoristique. Après deux épisodes moins réussis, bricolés avec les (faibles) moyens du bord, on pensait la franchise terminée en dépit de divers rumeurs lancées dès le début des années 2000 : un ultime volet réalisé par Roger Avary, un reboot ou une nouvelle trilogie. Finalement, le long-métrage devient réalité sous la direction de l’inconnu David Hartman qui le tourne quasi secrètement en 2012. 

Baptisé PHANTASM RAVAGER, le long-métrage est complété deux ans plus tard et, après divers délais (entrainés notamment par la restauration en 4K de l’original), est finalement disponible aux Etats-Unis en vidéo à la demande depuis octobre 2016. Si l’intrigue reste dans la lignée des précédents volets et semble faire du surplace dans sa première partie (Mike demande d’ailleurs à Reggie de lui « raconter l’histoire encore une fois »), la seconde moitié se révèle plus enlevée et originale. Cette fois, comme annoncé depuis le troisième opus, le Tall Man est parvenu à ses fins et règne sur une Terre transformée en véritable « monde des morts ». Reggie, pour sa part, continue d’affronter le croque-mitaine. Après avoir effectué un bout de chemin avec une jeune automobiliste, il se retrouve dans un hospice où Mike lui apprend qu’il souffre de démence. Aurait-il tout imaginé ? Pendant ce temps, dans une autre réalité, Mike et Reggie combattent l’Homme en Noir qui impose sa loi à la planète entière. 

Ressemblant souvent à un fan-film, cet ultime (?) volet s’apparente à un patchwork de scènes éparses assemblées à la manière d’un film à sketches volontairement confus. Il ne faudra par conséquent guère espéré une narration limpide mais plutôt se plonger dans le dédale fantasmatique proposé, traversé de fulgurance (les destructions massives orchestrées par des sphères géantes, la multiplication du Tall Man), de moment d’émotion (le final retrouve, en partie, la délicatesse de BUBBA HO TEP) et, malheureusement, de passages redondants voire embarrassants, notamment à cause d’effets visuels datés et souvent ratés. L’alchimie entre les différents protagonistes qui reprennent leurs rôles pour un dernier tour de piste (notamment Angus Scrimm, décédé peu après le tournage, mais aussi les inévitables Reggie Bannister, A. Michael Baldwin et Bill Thornbury) fonctionne toutefois merveilleusement et aident à digérer les nombreux défauts. De même, quelques touches d’humour et la générosité du spectacle (le long-métrage n’est guère avare en scène d’action et en jaillissement gore) rendent l’entreprise des plus sympathiques, bien aidée par une durée restreinte à 80 minutes et un thème musical emblématique produisant toujours son petit effet. Comme toujours, Coscarelli (ici scénariste) se refuse aux explications, chaque réponse apportant de nouvelles questions, et conclut une fois de plus cet épisode par une fin ouverte que l’on jugera intéressante ou facile. 

Essentiellement destiné aux fans (qui se sentiront en terrain connu par de nombreux appels du pied aux précédents volets), très cheap (mais n’est-ce pas une caractéristique de la saga), pas toujours maitrisé (la réalisation manque vraiment d’ampleur) mais indéniablement sympathique et ponctué de passages originaux et créatifs, PHANTASM RAVAGER s’avère une conclusion aussi imparfaite qu’estimable (on est même en droit de le préférer aux deux précédents épisodes) à la franchise.

Fred Pizzoferrato - Décembre 2016