SADIQUE A LA TRONCONNEUSE
Titre: Pieces / Mil Gritos Tiene la Notte / Le Cri du Cobra / Le Maniac / Meurtre au Campus / Un Tueur au Campus / Mutilator Man
Réalisateur: Juan Piquer Simon
Interprètes: Paul Smith

 

Christopher George
Linda Day George
Edmund Purdom
Franco Brana
 
 
Année: 1982
Genre: Horreur / Slasher / Gore / Giallo
Pays: Esoagne
Editeur  
Critique:

Nous sommes à Boston, en 1942. Un jeune garçon, Timmy, confectionne un puzzle cochon mais sa maman n'est pas d'accord. Contrarié, le gamin la tue à coups de hache, ce qui prouve une fois de plus que la hache ça fait perdre la tête et qu'il ne faut pas en abuser! Le film effectue alors un bond de quarante ans (en quelques secondes de métrage, c'est ça la magie du cinéma) et nous assistons ensuite aux massacres perpétrés par un sadique portant des gants de cuir noir aimant découper les jeunes filles à la tronçonneuse dans le but de se fabriquer un beau puzzle. Comme quoi, c'est facile, la psychologie de base, merci tonton Sigmund, vous pouvez retourner vous coucher!

LE SADIQUE A LA TRONCONNEUSE est un bon (façon de parler, bien sûr) slasher idiot comme on les aime: efficace, gore et sexy. Juan Piquer Simon, auteur du célèbre SUPERSONIC MAN (et oui!) propose donc une série de meurtres atroces entrecoupés de séquences cochonnes. A moins que ce ne soit l'inverse. Le tout a été filmé à Boston par un réalisateur espagnol oeuvrant pour un producteur américain basé en Italie utilisant des fonds d'Amérique Latine. Qui dit mieux en matière de mondialisation?

Décapitations et démembrements s'enchaînent dans cette production fauchée qui s'inspire évidemment du classique MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE de Tobe Hooper (avec son imparable slogan "pas besoin d'aller au Texas pour un massacre à la tronçonneuse!") mais aussi des giallos italiens, des VENDREDI 13 et du MANIAC de William Lustig. Entre autres. Dès le départ, SADIQUE A LA TRONCONNEUSE paraît complètement improbable: un puzzle (celui du jeune garçon) représentant une photo couleur grand format d'une fille nue en posture aguichante ne pouvait décemment exister en 1942. Lorsque le film se poursuit, en 1982, le jeune Timmy est devenu un sadique aux gants noirs ayant trop regardés les giallos de la décennie précédente. Il s'amuse donc toujours autant à confectionner des puzzles, sauf qu'il les réalise à présent avec des corps de jeunes filles généralement décapitées à la tronçonneuse. Le lieutenant Bracken, joué par Christopher George (dont un des rares titres de gloire réside dans sa participation à l'excellent FRAYEURS de Lucio Fulci), mène mollement l'enquête en compagnie de son collègue Holden. Parmi les suspects, citons l'un ou l'autre professeurs, sans oublier le jardinier Willard (Paul Smith, que l'on verra plus tard dans DUNE).

Après plusieurs victimes, la police ne peut toujours appréhender personne mais porte ses soupçons sur un certain Kendall, amant de la plupart des jeunes filles assassinées. Evidemment, le spectateur sait bien que Kendall ne peut être le coupable (qui, pour respecter la logique de l'intrigue - défense de rire! - doit avoir une bonne cinquantaine d'années) mais l'arrivée de la séduisante policière Mary (Linday Day George) va permettre le coup classique de l'infiltration du milieu étudiant.

Aussi mauvais qu'il soit, SADIQUE A LA TRONCONNEUSE n'est pas vraiment ennuyeux, ce qui constitue presque un exploit dans la masse des slashers interchangeables sortis à la même époque. On dénote aussi des séquences aujourd'hui impensables. Dans l'une d'elle une jeune fille dénudée court comme une folle en faisant tressauter ses jolis lolos tandis que le tueur la poursuit. Elle se réfugie dans les toilettes mais le méchant découpe alors la porte et la victime se pisse copieusement dessus avant de finir en charpie. Ce n'est pas dans SCREAM qu'on verrait ça, pas vrai!

Malheureusement, si le métrage est techniquement acceptable, le scénario est d'une rare stupidité et les dialogues sont, pour leur part, hallucinant. Les jolies demoiselles semblent toutes avoir le mot victime inscrit sur leur front (ou leur poitrine) et lorsque l'une d'elle lâche très sérieusement "j'adore fumer des joints et me faire sauter" tout le monde a compris que la punition va bientôt s'abattre sur son mignon minois.

Rarement un slasher a-t'il été aussi loin dans la bêtise, cultivant les scènes les plus idiotes sans sourciller, additionnant les invraisemblances et se permettant les audaces les plus délirantes. Tout cela aboutit à une parodie, certes totalement involontaire mais immensément drôle. De plus, LE SADIQUE A LA TRONCONNEUSE s'avère extrêmement gore, justifiant le semblant de culte psychotronique que lui voue une partie du public amateur d'horreur, à l'instar d'autres productions de Juan Piquer Simon comme l'incroyablement Z MUTATIONS (aka Slugs).

Grand champion du retitrage en vidéo, SADIQUE A LA TRONCONNEUSE connut moult sorties sous des appellations et des jaquettes fantaisistes. Bref, un grand moment de nostalgie bis et sanglante assurée mais sympathiquement nul quand même!

Fred Pizzoferrato - Mars 2007