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Après un FURIA resté confidentiel tourné alors qu’il n’a que 20 ans, Alexandre Aja s’est imposé comme un espoir du cinéma de genre en réalisant le très efficace et sanglant HAUTE TENSION en 2003. Parti tenté sa chance aux Etats-Unis, Aja s’impose ensuite de manière internationale en mettant en scène le remake survolté du classique LA COLLINE A DES YEUX de Wes Craven. Logique commerciale oblige, Aja se voit confier un deuxième remake, MIRRORS, adapté d’un succès en provenance de Corée du Sud. Et lorsque la firme Dimension lance le projet d’une nouvelle version de PIRANHA (réalisé par Joe Dante en 1978 et déjà réadapté pour la télévision en 1995), Alexandre Aja est une nouvelle fois réquisitionné. Bien sûr, comme la majorité des « blockbusters » sorti en 2010, PIRANHA va s’appuyer sur le gimmick de la 3D pour attirer le spectateur. Avec un certain bonheur car, quoique tourné en plat et ensuite converti en trois dimensions pour des raisons budgétaire, Aja imagine dès le départ son métrage comme une sorte de train fantôme sur pellicule n’ayant d’autres ambitions que de proposer un maximum de demoiselles peu (ou pas) vêtues et une série de séquences gore plutôt radicales. Pari tenu, du moins en partie, car en dépit de ses nombreuses faiblesses (essentiellement de rythme et de construction, la plupart des séquences intéressantes se voyant reléguées à la dernière demi-heure), PIRANHA 3D constitue en définitive un bon petit divertissement estival sans prétention. L’intrigue se situe au Lac Victoria, dans l’Arizona, petite ville tranquille s’apprêtant à célébrer les vacances de printemps, le fameux Springbreak prétexte, pour les étudiants américains, à d’innombrables beuveries et autre coucheries. A son grand désespoir, Jake Forester, le fils de Julie, la Shérif de la ville, doit, pour sa part, assurer une fois de plus le babysitting de son frère et de sa sœur, ratant le grand événement de l’année à Lac Victoria. Pour lui, pas de bimbos dansant sur de la techno, pas de concours de T-Shirt mouillés et pas de litres de bières avalés. Autrement dit, c’est la cata ! Heureusement, un certain Derrick Jones engage Jake comme assistant pour tourner quelques clips pornos en compagnie de deux mannequins et le jeune homme ne laisse pas passer pareille occasion de se rincer l’œil. Il donne 60 dollars à son frère et sa sœur pour que ceux-ci restent tranquillement à la maison et embarque en compagnie de Derrick, de deux top-modèles peu farouches et de Kelly, l’objet de tous ses désirs. Julie Forester, de son côté, accompagne une petite équipe de scientifiques venant de découvrir un lac souterrain, mis à jour par un récent tremblement de terre, situé sous le Lac Victoria. Les savants, en plongée, sont attaqués par de redoutables poissons carnivores et deux d’entre eux périssent, dévorés vivants. Julie demande conseil à un spécialiste qui lui révèle que les prédateurs hantant le Lac Victoria sont de redoutables piranhas préhistoriques supposés éteints depuis plusieurs millions d’années. Les monstres sont en route pour le Springbreak tandis que Jake tente de secourir son frère et sa sœur, partis en ballade et coincés sur une petite île…
PIRANHA 3D se veut distrayant et parvient à l’être en dépit d’arguments rudimentaires (du gore et des filles en bikini !) et d’un problème de rythme manifeste. Disons simplement que les deux premiers tiers du métrage consistent essentiellement en de longues séquences alternant dialogues vulgaires, références sexuelles et jeunes figurantes dévoilant leurs seins (et parfois un peu plus) pour les motifs les plus futiles. Tout se déroule au son d’une musique techno abrutissante et ressemble à une version légèrement plus osée de ces émissions de MTV où nous pouvons voir de belles bimbos danser sur la plage en tortillant du cul. Pour conférer à PIRANHA 3D un semblant d’intérêt durant cette première heure, Alexandre Aja se repose sur quelques apparitions amusantes (Richard Dreyfuss reprend son rôle des DENTS DE LA MER et interprète la même chanson que dans le Spielberg, Christopher Lloyd nous la joue savant un peu foldingue et Eli Roth anime un concours de T Shirt mouillés) et propose de brèves séquences gore en attendant le grand moment spectaculaire, à savoir l’attaque de Springbreak par les hordes de piranhas.
En dépit de quelques séquences assez peu lisibles et plutôt brouillonnes dans leur utilisation de la 3D, PIRANHA 3D tient néanmoins toutes ses promesses lors de sa dernière bobine, barbare et décomplexée à souhait. Ce passage, à savoir l’attaque de Springbreak, s’avère réellement dantesque et jubilatoire et, durant une dizaine de minutes, le cinéaste va multiplier les carnages gore inventifs et originaux. Des centaines de cadavres bouffés par les poissons, des têtes pulvérisées par des moteurs hors bord, des corps déchiquetés de toutes parts, des figurantes coupées en deux par des câbles, des kilos de tripailles répandues par des victimes rongées jusque l’os,…Alexandre Aja se fait plaisir et donne au spectateur une séquence d’anthologie faisant, hélas, ressortir le coté peu palpitant de ce qui précède. On aurait aimé avoir droit à davantage d’attaques de ce genre, alors que les hordes de poissons préhistoriques se ruent sur les baigneuses terrifiées.
Ravi de son nouveau jouet (la 3D !) Aja se permet également un ballet aquatique de trois minutes détaillant sous toutes les coutures deux demoiselles en train de se câliner sous l’eau en nu intégral accompagnées par une musique classique aussi prétentieuse que déplacée. Bref, le cinéaste se montre généreux et PIRANHA 3D atteint son objectif, celui d’offrir un divertissement sexy et gore sans la moindre prétention, idéal pour une sortie estivale relaxante. Tablant sur une durée adéquate (88 minutes, ce qui est bien suffisant vu la minceur du script), Aja va droit à l’essentiel et emporte finalement l’adhésion, en dépit des nombreux défauts du métrage, par sa bonne humeur et sa générosité dans les domaines du gore et des figurantes en petites tenues. Bref, une pure série B à savourer sur grand écran et en trois dimensions pour réellement en apprécier le côté attraction de fête foraine pleinement assumé et revendiqué!
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Fred Pizzoferrato - Septembre 2010 |
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