PLAGUA ZOMBIE: ZONA MUTANTE
Titre: Plagua Zombie 2: Zona Mutante
Réalisateur: Pablo Parez & Hernan Saez
Interprètes: Pablo Parez

 

Hernan Saez
Paulo Soriaz
Berta Muniz
 
 
 
Année: 2001
Genre: Gore / Horreur / Comédie
Pays: Argentine
Editeur Uncut Movies
4/6
Critique:

Une expérience effectuée dans une petite ville d'Amérique du Sud tourne mal. Un virus d'origine extra-terrestre échappe aux contrôles des autorités et transforment la population en zombies enragés. Seuls trois survivants vont tenter de sauver le monde.

PLAGUA ZOMBIE: ZONA MUTANTE provient d'Argentine et fait suite à une production amateur de 1997 initulée PLAGUA ZOMBIE. Cette séquelle reprend un principe similaire et verse un maximum de sang en une heure et demie de projection. Tourné pour un budget minuscule (moins de 5000 dollars), ce long métrage tient bien la distante et s'inscrit dans la tradition des films fauchés et inventifs comme BAD TASTE, EVIL DEAD et VERSUS. Le scénario, évidemment, en constitue le point faible puisqu'il s'avère répétitif et parfois laborieux. Il s'inspire manifestement des jeux vidéos type Resident Evil et se contente d'envoyer une meute de zombies à la poursuite de trois personnages particulièrement idiots.

Un type décidé à jouer au héros, un informaticien psychopathe et débile (mais non, il ne s'agit pas d'un pléonasme!) et un catcheur, ancien champion du monde déchu vivant toujours sur sa gloire passée. Bref, un trio de loosers qui saura pourtant juguler la menace morte vivante avec une belle énergie. Les deux réalisateurs, malgré les contraintes budgétaires, alignent d'entrée une impressionnante série de mutilations extrêmement gore sur un rythme soutenu.

Les maquillages impressionnent, même si le look des revenants est assez folklorique. Les effets visuels, eux, laissent à désirer mais il serait malvenu de chipoter pour si peu. Parmi les idées drôles, citons encore la chanson déconnante du lutteur illustrée d'articles et de dessins.

Car ce PLAGUA ZOMBIE 2 ne se prend jamais au sérieux et s'avère fortement divertissant. Notons néanmoins quelques longueurs et un "ventre mou" qui dénote une baisse d'inspiration au milieu du métrage. Mais ce n'est pas si grave, tant les gags succèdent aux séquences sanglantes. La scène finale, elle, se vautre dans le gore le plus outrancier: intestins arrachés, corps pulvérisés, décapitations, etc. Rien d'effrayant ni de malsain, juste un spectacle de grand guignol enlevé et réjouissant qui renvoie aux grandes heures du gore des eighties.

Carnage, massacre et humour se partagent donc la vedette d'un bon délire souvent maladroit et parfois mal équilibré mais qui démontre les capacités des cinéastes. La mise en scène est en effet particulièrement maîtrisée et s'éloigne de la simple illustration télévisuelle pour privilégier le plan efficace et l'image marquante. Elle renvoie directement aux premières bafouilles dégoulinantes de Sam Raimi, Stuart Gordon et, bien sûr, Peter Jackson, dont le BRAIN DEAD est sans doute l'inspiration majeure de nos apprentis cinéastes argentins. Bien plus professionnel, rythmé et convaincant que les réalisations allemandes types DEMON TERROR.

Un bon moment assuré pour les fans nostalgiques et frustrés qui doivent se rabattre sur les productions amateurs, les grands studios ayant délaissés la gaudriole saignante depuis une douzaine d'année. Recommandé.

Au niveau des bonus, le travail est remarquable. Les français de Uncut Movies livrent ici un bel exemple d'édition confectionnée par des passionnés. Au programme un making-of de 40 minutes expliquant la genèse et le développement de ce projet frappadingue, des bandes annonces et autres trailers, une galerie de photos, des scènes coupées, etc. Le tout est présenté en version originale avec sous-titres optionnels et l'image et le son sont tout à fait corrects compte tenu du budget minimaliste.

Bref, rien à redire, l'ensemble est complet à souhait et certaines soi-disant "édition collector" de blockbusters ne bénéficient pas d'une interactivité aussi soignée et passionnante. Applaudissements, svp!!!

 

octobre 2006