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Un professeur, Sir James Forbes, s'installe avec sa fille dans
un petit village des Cornouailles, à la demande de son ancien élève,
Peter Thompson. Très vite, l'érudit se rend compte que quelque chose
ne tourne pas rond en ce lieu: douze personnes sont décédées d'un
mal étrange au cours des douze derniers mois. Voulant pratiquer
une autopsie sur une des victimes, le médecin découvre que les cadavres
ont disparus. Il soupçonne rapidement Hamilton, le châtelain, de
pratiquer des rites vaudous appris lors de ses voyages dans les
Antilles.
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John Gilling, artisan efficace de la Hammer moins réputé que ses
confrères Terence Fisher, Freddie Francis ou Roy War Baker signa
pourtant une série de métrages intéressants, dont cette INVASION
DES MORTS VIVANTS. Souvent considéré comme son chef d'œuvre, il
fut tourné en même temps que LA FEMME REPTILE et se permet quelques
commentaires sociaux au sein d'un spectacle bien mené. Dès le départ,
les aristocrates du village sont présentés comme de jeunes voyous
arrogants responsables du Mal infectant les lieux. Ils chassent
le cerf et galopent à travers une procession funèbre, renversant
le cercueil d'un homme du peuple, sans s'en soucier le moins du
monde. Un peu plus tard, vexés d'avoir été mené en bateau par une
jeune demoiselle (qui les a égarés du renards qu'ils chassaient),
les voyous l'enlèvent et tirent au sort pour déterminer qui pourra
en user à sa guise. Seule l'intervention du chatelain permet à la
jeune fille d'échapper à un probable viol collectif. Une bonne séquence
qui démontre que la Hammer s'ouvre timidement à des excès davantage
orientés vers le cinéma d'exploitation. En effet, au milieu des
sixties, la firme a quelque peu perdu de sa superbe. Après avoir
brillamment remis au goût du jour les grands monstres de la Universal
à travers LE CAUCHEMAR DE DRACULA, FRANKENSTEIN S'EST ECHAPPE, LA
MALEDICTION DES PHARAONS et LA NUIT DU LOUP GAROU, les producteurs
et scénaristes cherchent de nouvelles sources d'inspiration. Les
nombreuses séquelles aux films précités (seul le loup garou ne connut
pas de descendance, hélàs!) ont fini par lasser le public qui réclame
à présent des sensations plus violentes. La Hammer ne parvint pas
à combler ces attentes, s'égarant dans les mélanges contre-nature
d'horreur et d'érotisme (LUST FOR A VAMPIRE et compagnie) ou d'horreur
et de kung-fu (LES 7 VAMPIRES D'OR). Mais, en 1966, la firme est
encore une valeur sûre de l'épouvante. |
L'INVASION DES MORTS VIVANTS s'inspire, pour sa part, des films
d'épouvante utilisant le vaudou à des fins effrayantes, en particulier
les classiques WHITE ZOMBIES et I WALKED WITH A ZOMBIE. Cette option
folklorique ne fut guère utilisée par la suite, exceptée dans l'excellent
L'EMPRISE DES TENEBRES, la plupart des métrages tournés après le
succès de LA NUIT DES MORTS VIVANTS délaissant complètement l'argument
du vaudou et des rituels magiques pour transformer les zombies en
morts-vivants affamés. John Gilling a donc construit une œuvre très
intéressante, débutant de manière lente et adoptant les codes du
récit policier, ce qui n'est guère étonnant puisque le scénariste
Peter Bryan écrivit quelques années auparavant une brillante adaptation
du CHIEN DES BASKERVILLE. Il est certain que Sherlock Holmes aurait
pu résoudre le mystère proposé ici, tant le cinéaste s'applique
à semer les indices: aristocrates décadents considérant les travailleurs
comme du bétail, cadavre à l'expression horrifiée, racontars d'un
homme affirmant avoir vu son frère décédée marcher dans la lande,
sang utilisé pour des rites innommables, tombes vides, mine de cuivre
abandonnée et supposée hantée, soudaine richesse de l'aristocrate
ruiné revenu d'Haiti,…
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Une fois le mystère résolu, le cinéaste adopte un rythme plus soutenu
et se permet deux passages souvent copiés depuis. Dans le premier,
le jeune héros voit sa femme, devenue zombie, décapitée par son
ami. Ensuite, il sombre dans un cauchemar et voit les morts creuser
leur chemin pour sortir de leur tombe. Une scène reprise ensuite,
quasiment à l'identique, dans de nombreuses productions italiennes
des seventies. La seconde séquence marquante nous montre les morts
vivants se révolter et prendre feu alors que les statuettes vaudou
ayant servi à leur exhumation sont la proie des flammes. Une scène
similaire se trouve à la fin d'EVIL DEAD, lorsque Bruce Campbell
jette le Necronomicon dans l'âtre de la cabane.
L'INVASION DES MORTS VIVANTS fut l'unique long-métrage de la Hammer
a traiter du thème pourtant fort riche des zombies. On peut le regretter
vu sa qualité mais John Gilling a réussi un classique ne nécessitant
sans doute pas de séquelles. D'autres s'en chargèrent de toutes
façons, de LA NUIT DES MORTS VIVANTS à L'ENFER DES ZOMBIES, en passant
par plusieurs épisodes de CHAPEAU MELON ET BOTTE DE CUIR (en particulier
"Le Mort Vivant" et "Interférences"). |
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Bref, un métrage devenu référence, bien mené et prenant, dont la
durée réduite (1h25) est appréciable car elle oblige le cinéaste
à se concentrer sur l'essentiel: un scénario rigoureux et bien charpenté,
sans négliger une pointe de critique sociale et un soupçon d'humour.
Une incontestable réussite de la Hammer. Une de plus!
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Les suppléments ne sont malheureusement
pas à la hauteur du film. Si ce dernier est présenté dans une copie
de bonne facture, en mono d'origine (version originale ou doublée),
seuls une bande annonce et le documentaire "World of Hammer" tiennent
lieu de supplément. Autant l'avouer, ce documentaire, découpé en
une série de segments de 25 minutes sur les divers DVD de la collection
Hammer, n'est absolument pas passionnant. Les extraits sont beaucoup
trop long, les thèmes pas toujours cohérents (que vient faire le
Loup-garou dans le chapitre consacré aux morts vivants?) et ils
sont narrés de manière didactique et surtout trop promotionnelle
par Oliver Reed. Un commentaire plus motivé, revenant sur la firme
ou les métrages clés, aurait sans doute été plus indiqué que les
quelques lignes récitées par Reed, souvent sans le moindre intérêt
voir purement illustratives. Mais les films se suffisent à eux-mêmes
et le prix est attractif. C'est déjà ça! |
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