LA PLANETE DES TEMPÊES
Titre: Planeta Bur
Réalisateur: Pavel Klushantsev
Interprètes: Vladimir Yemelyanov

 

Georgi Zhzhyonov
Gennadi Vernov
Yuriy Sarantsev
Georgiy Teykh
Kyunna Ignatova
 
Année: 1962
Genre: science-fiction
Pays: Russie
Editeur Artus Films
Critique:

Réalisé en 1962, LA PLANETE DES TEMPETES constitue une plaisante quoique très désuète tentative russe d’adapter les normes et codes du space-opéra ou, plus exactement, du planet-opéra puisque l’essentiel du métrage se consacre à l’exploration de Vénus.

Dès le carton pré-générique, les auteurs nous affirment cependant que, faute de données suffisantes, leur vision de Vénus est purement imaginaire… avant d’ajouter que, d’ici peu, les braves cosmonautes soviétiques ne manqueront pas de l’explorer ! Cependant, l’exaltation de la mère patrie reste ici discrète et le cinéaste se soucie surtout de développer un message volontiers humaniste (« l’important dans le cœur des hommes c’est l’amitié » déclare doctement un des protagonistes à un de ses compagnons).

L’argument, typique de la littérature pulp, renvoie pour sa part aux grandes heures de Flash Gordon ou des aventures martiennes de John Carter nées de la plume d’Edgar Rice Burroughs, le tout mâtiné d’un « merveilleux scientifique » qui évoque volontiers Jule Vernes, voire Tintin. Les aventures d’une poignée d’explorateurs de l’espace, escorté d’un robot rigolo surnommé John, occupent dont la quasi-totalité du temps de projection : nos héros découvrent la nature sauvage de Vénus, ses paysages désolés, ses volcans crachant une lave mortelle, ses plantes carnivores géantes, ses êtres primitifs et ses dinosaures placides.

Les péripéties se succèdent ainsi sur un rythme relativement alerte (après un premier tiers, confiné dans les vaisseaux spatiaux, bien trop bavard) et, sans être d’une originalité débordante, apportent leur lot de dépaysement et de divertissement. Tout cela s’avère d’ailleurs empreint d’un charme mal défini que l’on jugera, au choix, nostalgique ou poétique.

Pour une production soviétique datant de plus d’un demi-siècle, LA PLANETE DES TEMPETES se révèle donc correctement emballée avec des effets spéciaux plutôt réussis (malgré l’une ou l’autre animation sommaire) et une mise en scène très honnête.

Confiant dans le potentiel du métrage mais pas fou pour autant, le vieux grippe-sou de Roger Corman en acquis rapidement les droits mais choisit d’en tirer deux films remontés plutôt que d’exploiter la version originale. Dans le premier, VOYAGE VERS LA PLANETE PREHISTORIQUE, confié à Curtis Harrington, le rusé producteur intègre des nouveaux plans de Faith Domergue et Basil Rathbone pour « américaniser » le résultat tout en gardant l’essentiel des scènes spectaculaires.

Trois ans plus tard, un nouveau montage, qui inclut cette fois la présence de la poumonée Mamie Van Doren, est proposé par Peter Bogdanovich sous le titre VOYAGE TO THE PLANET OF PREHISTORIC WOMEN.

Ces deux versions, assez boiteuses, altèrent grandement la fragile réussite de leur homologue russe qui mérite d’être redécouvert aujourd’hui dans sa version originale, aussi naïve qu’elle puisse paraitre.

 

Fred Pizzoferrato - Avril 2014