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Dès le générique, PLAY MOTEL annonce la couleur, à savoir celle d’un film érotique (pour ne pas dire pornographique) camouflé en giallo. La chanson choisie pour illustrer les premiers ébats, une infâme soupe pop à la ringardise additive (« play motel ») berce une courte séquence « chaude » fort mal filmée et reviendra à intervalles réguliers afin de s’incruster dans le cerveau du spectateur. Donc, lors de cette scène de sexe située dans une maison de passe nommée le Play Motel, un homme déguisé en Diable d’opérette se paie du bon temps en compagnie d’une prostituée habillée en nonette. Notre libertin satanique, riche homme d’affaires nommé Cortesi dans la vie civile, rentre ensuite au bureau détendu et productif. Hélas, il reçoit peu après un paquet de photographies le détaillant en plein remake du « Kamasutra pour les nuls ». La maison de passe qu’il fréquente sert, en effet, de terrain de chasse à un maître chanteur ravi de vendre ses clichés contre une forte somme.
Mario Gariasso, scénariste et réalisateur italien, né en 1930 et décédé en 2002, livra, au cours de sa carrière longue de trente ans, pas moins de dix neuf longs métrages, souvent signés du pseudonyme de Roy Garret. On lui doit, entre autre, un western honorable (LE JOUR DU JUGEMENT), un décalque sexy de L’EXORCISTE intitulé LA POSSEDEE et une addition tardive au sous-genre « cannibale » avec le sympathiquement ringard AMAZONIA L’ESCLAVE BLONDE. En 1979, il livra ce PLAY MOTEL des plus médiocres qui, à l’instar d’autre gialli tardifs comme l’intéressant THE SISTER OF URSULA et le mauvais GIALLO A VENEZIA, sortis à la même époque, joue davantage la carte de l’érotisme que du mystère. Pratiquement dénué d’intérêt, PLAY MOTEL aligne les scènes de nudité intégrale avec une belle complaisance, multipliant les déshabillages d’apprenties mannequins, orchestré par un photographe libidineux. Une manière commode de rogner sur le temps de projection et d’économiser sur le budget, probablement extrêmement faible, en donnant l’occasion au spectateur de se rincer l’oeil. L’intrigue policière, elle, se déroule de manière flegmatique et Mario Gariasso s’y intéresse fort peu, se contentant de l’illustrer de manière routinière en proposant un maximum de séquences osées. Malheureusement, ces dernières s’avèrent d’une rare platitude et complètement réfrigérantes. Les tentatives du cinéaste de verser dans la perversion (un peu d’urologie truquée, du sado masochisme timide,…) se révèlent, pour leur part, plus risibles qu’excitantes et les rares, brefs et complètement inutiles plans « hardcore » n’arrangent pas les choses, loin de là, tant les acteurs paraissent peu motivés.
Même si Mario Gariasso reprend tous les clichés du giallo, il le vide tellement de sa substance que le résultat se révèle simplement navrant. Les quelques crimes, d’une timidité préjudiciable, ne peuvent relever le niveau et sont dénués du moindre suspense. L’identité du coupable, elle, semble à ce point évidente dès les premières minutes que chacun soupçonne le cinéaste de garder un atout dans la manche pour asséner une ultime et fracassante révélation finale. En définitive, ce n’est pas le cas et PLAY MOTEL se termine de manière très prévisible et sans le moindre éclat, le côté giallo étant définitivement accessoire par rapport aux passages sexy. Giallo de dernière zone à l’érotisme accentué mais dénué de la moindre efficacité, PLAY MOTEL sombre dans les abymes de l’exploitation la plus crasse et aboutit, au final, à une oeuvrette minable ne parvenant même pas à se montrer divertissante. Un ratage total qui ne plaira ni aux amateurs de giallo, ni aux accros de l'érotisme ou du X.
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Fred Pizzoferrato - Février 2011 |
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