POLTERGEIST [2015]
Titre: Poltergeist
Réalisateur: Gil Kenan
Interprètes: Sam Rockwell

 

Rosemarie DeWitt
Saxon Sharbino
Kyle Catlett
Kennedi Clements
Jared Harris
Jane Adams
Année: 2015
Genre: Fantastique / Epouvante
Pays: USA
Editeur
Critique:

La vague du remake à tout crin des classiques du fantastique / épouvante (plus de quarante titres subirent ce traitement durant la dernière décennie !) se poursuit et, après avoir épuisé les années ’70, déferle à présent sur le début des eighties. Une trentaine d’années après un premier volet mémorable (suivi par deux séquelles plutôt correctes mais sans grand intérêt), cette nouvelle mouture ne change guère une intrigue balisée.

Une famille unie mais touchée par la crise, les Bowen, emménage dans une maison de banlieue d’apparence paisible. Cependant, ils sont rapidement confrontés à divers phénomènes inquiétants. Des esprits frappeurs agressifs hantent les lieux et capturent leur plus jeune fille, Madison. Les Bowen font alors appel à des experts en paranormal pour tenter de la sauver.

Désireux de condenser l’intrigue pour ne pas perdre de temps (ou risquer d’ennuyer un spectateur cible sans doute très jeune et doté d’une capacité d’attention restreinte), le cinéaste ramasse les deux heures de l’original en à peine 90 minutes bien tassées. D’où cette impression de « train fantôme » permanent qui empêche de s’attacher aux personnages, réduits à l’état de silhouettes et élude toute véritable angoisse. Les séquences d’attentes, la découverte des phénomènes étranges (d’abord merveilleux puis effrayants), l’ambiance,…bref tout ce qui constituait les bases de l’original sont ici évacués pour une surenchère rapidement ridicules d’effets faciles.

Cette nouvelle version joue donc la carte de la démonstration épuisante (après dix minutes nous avons subi un festival de manifestations supposées effrayantes tellement rabâchées qu’elles en deviennent risibles) tout en effectuant de fréquents appels du pied envers les spectateurs plus âgés et nostalgiques. La scène de l’arbre kidnappeur, la présence du clown menaçant, les hallucinations d’un spécialiste autoproclamé des hantises et l’émergence final des cadavres courroucés se voient par conséquent rejoués de façon similaire mais au superlatif, comprenez avec force effets numériques parfois réussis et parfois simplement hideux emballés dans une inévitable 3D.

Concession à l’heure du temps, POLTERGEIST (2015) s’offre quelques plans façon found-footage (en réalité filmé par un drone carrément envoyé filmé l’au-delà), insiste sur l’omniprésence des écrans (tablettes, portables, etc.), fait du parapsychologue une « chasseur de fantômes » ayant son propre reality-show et transforme la famille joyeuse des eighties adepte du petit joint après le boulot en un couple brisé par la crise financière tenté par la bouteille. Quelques idées intéressantes mais insuffisamment exploitées pour donner une réelle personnalité à ce remake bien moins convaincant que, par exemple, INSIDIOUS (dont la structure était calquée sur le classique de Tobe Hooper). R

este une interprétation potable et un savoir-faire très générique qui aurait pu faire vaguement illusion si le long-métrage n’avait pas à ce point tenté de reproduire tous les moments clés de l’original sans jamais parvenir à en retrouver le charme.

Seuls les spectateurs n’ayant jamais visionné le POLTERGEIST de 1982 pourront donc y trouver un semblant de frisson…

Fred Pizzoferrato - Juillet 2015