PREMUTOS
Titre: Premutos - Der gefallene Engel / Lord of the Dead
Réalisateur: Olaf Ittenbach
Interprètes: Fidelis Atuma

 

Anke Fabre
Ingid Fischer
Olaf Ittenbach
Ronald Fuhrmann
Susanne Grüter
 
Année: 1997
Genre: Horreur / Gore
Pays: Allemagne
Editeur Uncut Movies
Critique:

Petite production gore allemande amateur, PREMUTOS est un métrage qui cherche à en donner au spectateur pour son argent et n'hésite jamais à proposer une scène spectaculaire même si le cinéaste ne possède pas le centième du budget nécessaire à sa réalisation effective. Car PREMUTOS, en dépit d'une intrigue simpliste pour ne pas dire prétexte, prend le risque de flash-back ambitieux en des périodes reculées et nous invite même à assister à la Crucifixion.

L'intrigue tourne autour d'un jeune homme, Mathias, qui se trouve assailli par les visions d'un ange déchu, le démon Premutos, s'apprêtant à revenir sur terre. En définitive, les forces du mal se déchaînent et une armée de zombies se lance à l'assaut d'une petite bande de personnages. Bref, Olaf Ittenbach voit grand et nous sommes loin des films gore amateurs habituels hâtivement expédiés dans les caves d'une maison en ruine. Mais, évidemment, les reconstitutions relèvent davantage de la représentation de patronage que d'un blockbuster hollywoodien. Acteurs médiocres, voire catastrophiques, costumes plus qu'approximatifs, décors minimalistes,…il faudra beaucoup d'indulgence pour se laisser convaincre par des moyens aussi réduits. Qu'importe, Olaf Ittenbach met le paquet au niveau du gore et tente de battre de nouveaux records en la matière.

Le métrage avance donc à un rythme assez lent, peu aidé par de trop nombreuses scènes n'ayant aucun intérêt, si ce n'est permettre au cinéaste d'atteindre la durée réglementaire d'un long-métrage. Les protagonistes de PREMUTOS passent donc beaucoup de temps autour d'une table à discuter de tout et de rien, mais surtout de rien, alors que des scènes d'horreur, en flash-back, laissent couler le sang à gros bouillons. Au niveau du carnage, Ittenbach accomplit des miracles avec les bonnes vieilles techniques du latex et du sirop de grenadine, nous replongeant dans une époque hélas révolue. Gorges tranchées, décapitations, corps éventrés à la tronçonneuses, fusils, hache, couteau,…à peu près tous les instruments possibles sont utilisés et à peu près toutes les parties d'un corps humains sont hachées menues.

Le métrage affichant fièrement un score total de 130 meurtres graphiques exposés à l'écran il est évident qu'Ittenbach se lâche complètement et tue ses personnages de toutes les façons imaginables. Mais, contrairement à la vague allemande récente qui consiste à utiliser le gore de manière écoeurante ou carrément malsaine, en le mêlant à l'ultra-violence et ou à la pornographie (voir EXITUS INTERRUPTUS, THE MAN-NIAC et autres ANTHROPOPHAGEOUS 2000), le film d'Ittenbach ressemble finalement davantage à un dessin animé pour adultes décomplexé, ultra saignant mais jamais révoltant ou choquant. Beaucoup l'on d'ailleurs comparé aux classiques de la comédie splatter comme BRAIN DEAD, RE-ANIMATOR ou EVIL DEAD 2 et il est certain que le tout ne cherche pas à écoeurer mais bien à amuser le spectateur...à condition bien sûr que ce dernier sache à quoi s'attendre. L'humour ne fonctionne pas toujours mais confère à PREMUTOS son ton décalé, permettant de supporter le catalogue d'atrocités ininterrompues qui déferlent sur l'écran.

Durant la dernière demi-heure, le métrage atteint finalement sa vitesse de croisière et les spectateurs naïfs qui trouvaient déjà l'ensemble terriblement sanglant vont devoir revenir sur leur position fissa. En effet, la longue séquence finale de plus de 20 minutes constitue une véritable hécatombe soutenue par un rythme alerte et une énergie rarement démentie. En bref, ça gicle dans tous les sens et le seul souci d'Ittenbach semble à ce moment de repeindre son studio en rouge du sol au plafond. Même un char d'assaut vient se mêler à la fête pour cette orgie de gore au-delà des plus folles espérances des amateurs.

Malheureusement, le scénario assez mal écrit (difficile de résumer ce métrage qui, honnêtement, n'a pas beaucoup de sens et semble souvent avancer en dépit du bon sens), la médiocrité des acteurs et le côté appliqué mais sans génie de la mise en scène empêche PREMUTOS de concurrencer les classiques précités, réalisés avec beaucoup plus de talent et de soin.

PREMUTOS reste cependant un film à voir pour les fanatiques de gore puisqu'il a sans la moindre hésitation possible sa place dans le top 5 des titres les plus excessifs et sanglants de l'histoire du cinéma.

Fred Pizzoferrato - Février 2008