PRIMEVAL
Titre: Primeval
Réalisateur: Michael Katleman
Interprètes: Dominic Purcell

 

Brooke Langton
Orlando Jones
Jürgen Prochnow
Gideon Emery
Gabriel Malema
 
Année: 2007
Genre: Epouvante / Aventures
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Réalisé en 2007, PRIMEVAL ne s’est guère distingué au sein d’une foultitude de projets similaires consacrés à des crocodiles mangeurs d’hommes, notamment les excellent SOLITAIRE et BLACK WATER, sans oublier les plus modestes déclinaisons comme CROC, SUPERCROC et LAKE PLACID 2.

Doté d’un budget élevé, d’un casting confirmé (avec notamment Dominic Purcell rendu célèbre par « Prison Break » et le vétéran Jürgen Prochnow) et bénéficiant d’un tournage sur les lieux mêmes de l’action, PRIMEVAL peine à convaincre et fut d’ailleurs un échec commercial cuisant avec seulement quinze millions de recettes mondiales.

Pourtant, l’histoire véridique ayant servi de base au métrage est intéressante : crocodile du Nil de six ou sept mètres de long, le monstre, surnommé Gustave, vit au Burundi et fait de nombreuses victimes sur les rives du lac Tanganyika et le long de la rivière Ruzizi. Ayant pris goût à la chair humaine en dévorant les cadavres abandonnés durant les guerres ethniques ayant ensanglanté la région, le monstre aurait fait, selon la légende, plus de 300 victimes. Un chiffre cependant probablement exagéré malgré la férocité de la bête. Devenu pratiquement mythique, le saurien, porteur de nombreuses cicatrices laissées par des impacts de balles, a même dévoré un hippopotame adulte. Poursuivi par le Français Patrice Faye depuis 1998 (qui lui donnera son surnom), Gustave sera encore traqué quelques années plus tard lors d’une expédition qui donna lieu à un documentaire, « Capturing the Killer Croc », diffusé sur la chaîne PBS en mai 2004.

Dans cette version remaniée pour Hollywood, Tim Manfrey, un reporter en disgrâce suite à un reportage bidouillé est envoyé au Burundi pour couvrir la capture d’un crocodile géant responsable de dizaines d’attaques. Accompagné d’Aviva Masters, la séduisante présentatrice d’une émission animalière, d’un caméraman, Steven, d’un guide et d’un chasseur de crocodile, Manfrey découvre que le cesser le feu espéré a laissé place à une dangereuse guérilla entre factions rivales. Lorsque Steven enregistre les preuves des exactions d’un seigneur de guerre local à l’encontre des villageois, la petite équipe se voit contrainte de fuir non seulement les hommes de mains de ce chef redouté mais, également, le monstrueux saurien mangeur d’hommes.

En dépit de l’une ou l’autre qualité, en particulier une belle photographie et des décors naturels grandioses, PRIMEVAL n’est guère une réussite. Le mélange entre le pur « film d’attaques animales » et le côté politique et dénonciateur à l’encontre des guerres ethniques, saupoudré d’un parfum « aventure » rétro fonctionne rarement et les différents éléments ne s’emboitent jamais harmonieusement. Au niveau du saurien lui-même, la bête (en cgi) est potable comparé à ses collègues fréquentant les productions télévisées bas de gamme d’Asylum et consorts mais son incrustation dans l’image reste souvent déficiente. Heureusement ses attaques s’avèrent relativement efficaces et raisonnablement sanglantes. Insuffisant toutefois pour faire de ce PRIMEVAL une réussite, même mineur.

Atout prendre on peut même préférer à cette production décevante un modeste dtv comme LAKE PLACID 3. C’est dire le niveau de ce PRIMEVAL vaguement distrayant pour les plus indulgents mais qui peine cependant à atteindre la plus basse moyenne.

Dommage, les prémices laissaient espérer bien davantage.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2015