PROFUMO (BIZARRE)
Titre: Profumo / Bizarre
Réalisateur: Giuliana Gamba
Interprètes:

Florence Guérin

 

Luciano Bartoli
Robert Egon
Stefano Sabelli
Giuliano Sestili
Vasco Santoni
Erminia Garofano
Année: 1987
Genre: Erotique / Thriller / "Sexy Giallo"
Pays: Italie
Editeur  
Critique:

Reliée par certains au giallo, cette modeste production de la seconde moitié des années ’80 s’apparente bien davantage, comme la majorité des titres de cette époque, à un drame érotique ponctué d’éléments de thriller. Une vague machination, sous l’influence manifeste de BODY DOUBLE, explique le rattachement de ce PROFUMO au « filone » italien. La principale différence avec le classique précité de Brian DePalma réside cependant dans l’orientation prise par Guiliana Gamba, lequel ne joue aucunement la carte de la surprise et observe, de l’intérieur, les manigances de Florence Guérin pour se venger de son tyrannique mari.

La belle Laurie supporte de plus en plus difficilement les jeux sexuels teintés de sadisme de son époux. Elle finit par fuir jusque sa maison au bord de la mer où elle fait la connaissance d’un jardinier aux longs cheveux blonds. Si leurs premières rencontres se passent mal, l’alchimie finit par fonctionner et Laurie devient sa maitresse. Malheureusement, son mari ne la laisse pas en paix et continue de la tourmenter. Pour lui échapper, Laurie décide de se travestir en homme tandis que son amant très efféminé va, pour sa part, adopter l’identité d’une jeune femme provocante. Laurie imagine alors de jouer sur le voyeurisme pervers de son époux et d’organiser une vengeance habilement machinée.

Né en 1953, Guiliana Gamba fut assistant réalisateur sur le scandaleux BESTIALITA de Peter Skerl et George Eastman (en 1976) avant de se tourner vers la mise en scène. Au début des années ’80, il dirige trois pornos puis livre ce PROFUMO encore fortement chargé en érotisme mais imprégné d’empreints aux sexy thrillers alors en vogue.

Hélas, Gamba semble surtout soucieux de dénuder sa vedette féminine contrainte de participer à plusieurs saynètes vaguement osées et perverses. PROFUMO se traine par conséquent sur un rythme assoupi et se repose entièrement sur une photographie classieuse qui joue adroitement du spectre coloré, certaines compositions rappelant ainsi les grandes heures du bis italien d’antan. Malheureusement, cela ne suffit pas à susciter l’enthousiasme, la narration se montrant bien trop paresseuse pour maintenir l’intérêt.

La mise en scène, elle aussi, propose le minimum syndical et n’évite pas les travers coutumiers du cinéma érotique de cette époque avec ralentis énamourés soutenus par une bande originale jazzy traversée de saxophone langoureux. Les comédiens, de leur côté, manquent de conviction mais la beauté très « papier glacé » de Florence Guérin pourra sans doute suffire aux érotomanes.

Dans l’ensemble, PROFUMO constitue un petit drame érotique parfumé de thriller à l’intérêt limité. Si les amateurs de giallo resteront sur leur faim, les inconditionnels du cinéma « sexy » des années ’80 pourront, à la rigueur, y jeter un œil distrait sans toutefois en attendre autre chose qu’un aimable divertissement atteignant, difficilement, la moyenne.

 

Fred Pizzoferrato - Mai 2014